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Politique | 09/04/2014

Le gouvernement Valls n’oublie pas la santé

par Olivier Bonnin
VallsAN

Avec les secrétaires d’Etat Laurence Rossignol et Ségolène Neuville, le ministère des Affaires sociales « et de la santé » est désormais au complet. Au programme, un plan d’économies drastiques…

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La santé vient de retrouver, officiellement, une place au gouvernement. Lors de la désignation des ministres de Manuel Valls, le 2 avril 2014, le champ d’action de Marisol Touraine avait été réduit – du moins formellement – aux Affaires sociales. Une semaine plus tard, au détour des nominations des secrétaires d’Etat, voilà qu’elle retrouve le titre complet de ministre des « Affaires sociales et de la santé », qu’elle portait depuis 2012 dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Faut-il y voir un lien de cause à effet ? On apprend du même coup qu’il n’y aura pas de secrétaire d’Etat chargé de la Santé à ses côtés. En lieu et place de ses trois précédentes ministres déléguées, Michèle Delaunay (Personnes âgées et autonomie), Marie-Arlette Carlotti (Personnes handicapées et lutte contre l’exclusion) et Dominique Bertinotti (Famille), Marisol Touraine aura désormais auprès d’elle seulement deux secrétaires d’Etat : Laurence Rossignol, chargée de la Famille, des personnes âgées et de l’autonomie ; et Ségolène Neuville, chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. Il est à noter que l’économie sociale et solidaire (ESS) conserve également une place au gouvernement : elle est désormais à la charge de Valérie Fourneyron, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie.

Accessibilité

La journée est doublement décevante pour Michèle Delaunay puisqu’elle devait présenter ce 9 avril en conseil des ministres, après six mois de préparation officielle, son projet de loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement. « C’est avec regret que je n’aurais ainsi pas mené devant le parlement la loi », a-t-elle réagi aussitôt par communiqué. « C’est sur ce plan un travail non achevé. Mais mon engagement pour porter devant le pays l’importance de la transition démographique, ainsi qu’un nouveau regard sur l’avancée en âge et sur le rôle et la place des retraités dans la société reste intact. »

Faute de loi « autonomie », ce second conseil des ministres de l’équipe Valls se sera vu présenter un autre texte de portée sanitaire et sociale : un projet de loi « habilitant le gouvernement à adopter par ordonnance des mesures pour la mise en accessibilité des établissements recevant du public ». Le texte devrait notamment permettre d’introduire d’ici l’été le dispositif des « agendas d’accessibilité programmée », à l’attention des acteurs ne respectant pas l’échéance de mise en accessibilité initialement prévue pour 2015.

Départements

La veille, dans sa déclaration de politique générale, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Manuel Valls avait annoncé deux chamboulements majeurs pour ces secteurs. D’une part, la suppression, « à l’horizon 2021 », des départements, aujourd’hui à la pointe de l’action sociale et médicosociale. Claudy Lebreton, président socialiste de l’Assemblée des départements de France, s’est aussitôt dit « abasourdi ». Quant à Patrick Kanner, président du conseil général du Nord et de l’Unccas, il a souligné son « incompréhension » : « Proposer la suppression autoritaire des départements revient à nier le travail de milliers d’élus et d’agents » qui assurent « des missions de solidarité en faveur des enfants, des adultes en difficulté, des seniors et des personnes en situation de handicap ».

D’autre part, Manuel Valls a précisé son plan pour parvenir à 50 milliards d’euros d’économies d’ici à 2017 : l’effort devra être partagé entre l’Etat et ses agences (pour 19 milliards), les collectivités territoriales (10 milliards), mais aussi l’assurance maladie (10 milliards). Les 11 milliards restant seront pris « sur les autres dépenses de Sécurité sociale », a-t-il ajouté le 9 avril sur BFM TV et RMC, citant en exemple « la question de la chirurgie ambulatoire » ou encore « l’offre de soins hospitaliers ». Qui a dit que la santé était oubliée ?

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