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16/03/2012
Angoulême soutient une prise en charge alternative de l’autisme
par Sophie Le Gall

Une école prêtée par la ville abrite un IME expérimental. L'attribution du label Grande Cause nationale 2012 à l'autisme va dans le sens de cette initiative.

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Autisme : au-delà de la polémique

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Après seulement une année de fonctionnement, les acteurs qui se sont investis dans l’ouverture de l’institut médico-éducatif expérimental (IME) «ABA» – du nom de la méthode anglo-saxonne Applied Behavior Analysis (Analyse Appliquée du comportement) – se félicitent des progrès obtenus. «Cinq des dix enfants que nous accueillons ont pu entamer une scolarité à temps partiel en milieu ordinaire. Chose qui était inenvisageable avant leur entrée dans notre établissement. La méthode ABA, fondée sur des séances éducatives intensives, permet la diminution des troubles du comportement, et, par conséquent, l’intégration», explique Véronique Hubert, directrice de l’établissement.

Appel à projet national

La création de cet IME rentre dans le cadre de l’appel à projets du plan autisme 2008-2010 ayant pour objectif de financer la création de structures innovantes. «Quand l’antenne locale de l’association de parents d’enfants autistes Agir et Vivre l’autisme nous a contactés afin d’obtenir notre appui, nous avons tout mis en œuvre pour être réactifs. Sortis de la couronne parisienne et du secteur psychiatrique, il existe très peu d’établissements répondant aux attentes des familles», explique Joël Lachaud, élu chargé de la démocratie locale et de l’accessibilité à la ville d’Angoulême.

La mairie, qui dispose alors d’une école désaffectée de 1.000 m2, s’engage à la prêter à l’association, gratuitement pendant deux ans, puis contre une participation aux frais d’entretien. Elle fait par ailleurs les démarches pour obtenir du ministère de l’Education nationale l’agrément nécessaire à cette expérience. «L’association a ainsi pu faire valoir que le futur IME était prêt à fonctionner et son dossier a été sélectionné», ajoute l’élu. L’établissement a ouvert ses portes à la rentrée 2010.

Aujourd’hui, la collectivité continue de soutenir l’IME dans son fonctionnement. Nous essayons de jouer un rôle de relais «En plus de lui apporter de la visibilité à travers nos actions en faveur du handicap, nous essayons de jouer un rôle de relais, explique Carine de la Fuente, chargée de mission handicap. Par exemple, en mettant en relation l’établissement avec des entreprises susceptibles d’apporter un soutien financier. Ainsi, Électricité Réseau Distribution France (ERDF) va participer à une dotation en outils pédagogiques.»

La ville pense aussi à l’avenir des enfants accueillis. «Nous réfléchissons à leur intégration dans des structures périscolaires, à leurs loisirs, en envisageant d’équiper une aire de jeux de modules adaptés. Nous espérons qu’ils seront amenés à faire de plus en plus de sorties et nous travaillons à la logistique de leurs déplacements en partenariat avec le conseil général», ajoute Carine de la Fuente.

Autisme : une expérimentation sur fond de polémique

Selon le rapport d’évaluation du dernier plan autisme (2008-2010), remis le 12 janvier dernier par la sénatrice Valérie Létard, «4 100 places d’accueil supplémentaires» destinées aux personnes atteintes de troubles autistiques auraient été financées en cinq ans et 1 672 ont d’ores et déjà été réalisées. Un chiffre à mettre en perspective avec les quelque 400.000 Français touchés par ce handicap et avec l’augmentation inquiétante du nombre d’enfants diagnostiqués.

Ce bilan souligne également que la prise en charge de l’autisme pâtit de la querelle persistante entre les tenants d’une approche psychanalytique et les défenseurs d’une approche comportementale. Il prône ainsi le développement de pôles de recherches pluridisciplinaires qui examineraient l’efficacité des programmes de soins et d’éducation. L’attribution du label Grande Cause nationale 2012 à l’autisme, qui s‘accompagne d’une campagne de sensibilisation et d’un appel aux dons, pourrait permettre aux associations d’ouvrir de nouveaux lieux dédiés aux méthodes comportementales, type ABA. Le bilan préconise également de systématiser la formation au dépistage de l’autisme chez les médecins généralistes, les pédiatres, les médecins de PMI et les personnels de santé scolaire.

Fiche technique
Coût : 15.000 € de travaux et environ 30.000 € de frais de fonctionnement chaque année. À partir de 2012, l’association participe au coût des fluides.

Contact : Carine de la Fuente, chargée de mission handicap, ville d’Angoulême, tél. : 05 45 38 70 91

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