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Social | 24/09/2014

Crise, réformes, le secteur sanitaire et social fragilisé

par Eric Larpin
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A l’occasion de sa conférence de rentrée, mardi 23 septembre, l’Uniopss a présenté ses réactions au Pacte de responsabilité, en manque de solidarité, selon son président, Dominique Balmary. Il a également déclaré vouloir faire entendre sa voix dans les débats sur les projets de loi Santé et Adaptation de la société au vieillissement, dans un contexte morose pour le secteur privé non lucratif.

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Au carrefour de plusieurs lois votées ou en préparation, les associations restent vigilantes sur les objectifs de cohésion sociale. « Le Pacte de responsabilité du gouvernement ne contient pas assez de solidarité » : c’est le message qu’a voulu faire passer l’Uniopss, lors de sa traditionnelle conférence de rentrée, le 23 septembre.
Dans les mois qui viennent, l’Uniopss sera ainsi particulièrement attentive à sa mise en œuvre, ainsi qu’à l’application des lois Alur, et ESS. Le réseau des organismes du privé non lucratif entend aussi peser sur l’élaboration des futurs projets de loi sur la santé, sur l’adaptation de la société au vieillissement et sur la réforme territoriale.

Effets ciseaux

Si l’Uniopss a manifesté quelque inquiétude, c’est parce que nombre de ses adhérents se trouvent en butte à un effet ciseaux, avec, d’un côté, une demande sociale toujours plus forte, liée à l’accroissement du chômage de longue durée et à l’intensification de la pauvreté, et d’un autre côté, une baisse annoncée des financements publics, venant de l’Etat comme des collectivités territoriales. Dans un contexte, où l’Etat leur demande, malgré tout, d’être les principaux employeurs des contrats aidés…

Pour Dominique Balmary, président de l’Uniopss, « si le Pacte de responsabilité a raison de mettre l’accent sur la croissance économique et la création d’emplois pour lutter contre le chômage de masse, il ne faut pas faire du traitement social le parent pauvre du plan gouvernemental ». Il rappelle également que « le projet stratégique de l’Uniopss, présenté en juin, demande que les politiques publiques à venir soient fondées, en dehors de la croissance économique et du désendettement, sur la cohésion sociale ».

Maltraitance du monde associatif

Et pour le moment, le compte n’y est pas sur ce dernier volet du triptyque. Benoît Ménard, directeur général de l’Uniopss, va jusqu’à parler de « maltraitance du monde associatif », au regard de certains sujets d’actualité. Par exemple, les associations (à moins d’un prochain revirement) ne sont plus exonérées du versement Transports (pour financer les transports publics) ; elles ne sont pas non plus éligibles au crédit d’impôt compétitivité-emploi (avec un léger abattement de taxe sur les salaires pour contrepartie). Si bien que d’ici trois ans, selon le collectif des associations citoyennes, 200 000 emplois associatifs, pourtant non délocalisables, seraient menacés.

Si elle est aussi assez critique sur le projet de loi Adaptation de la santé au vieillissement, malgré la simplification de l’APA, l’Uniopss reconnaît des avancées plus intéressantes pour le secteur sanitaire et social dans les discussions à venir : la loi ESS sécurise ainsi la pratique de la subvention vis-à-vis des collectivités territoriales ; la conférence sociale de juillet a promis que l’insertion des personnes les plus éloignées de l’entreprise serait améliorée ; la réforme territoriale doit maintenir le département comme chef de file de l’action sociale ; etc.

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