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Aidants familiaux | 02/04/2015

Vieillissement : le pays de Redon crée une unité mobile de soutien aux aidants

par Catherine Piraud-Rouet

L’Assad (association de soins et services à domicile) du Pays de Redon (Ille-et-Vilaine) a créé une équipe mobile de soutien aux aidants (EMSA) pour répondre à un besoin croissant d’accompagnement et de répit de la part des aidants.

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Loi vieillissement : une tentative d’adapter la société au grand âge

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Le dispositif compte dix places et fonctionne sur six communes (Redon, Renac, Sainte-Marie, La Chapelle-de-Brain, Langon, Bains-sur-Oust). Il s’adresse aux aidants des personnes de plus de 60 ans en état de dépendance physique ou psychique – malades d’Alzheimer notamment –, des familles souvent en état d’épuisement avancé, dans un contexte de fort isolement géographique et social, surtout en milieu rural, dépourvu d’infrastructures de transport. Il s’appuie sur une aide-soignante (AS) formée à l’animation et sur une animatrice diplômée.

Projet individuel d’accompagnement

La première prise de contact, au domicile, pour évaluation des besoins et recherche du consentement de la personne âgée, est suivie de la signature d’un projet individuel d’accompagnement recouvrant les attentes de celle-ci (stimulation, maintien cognitif…), en accord avec l’aidant. Le dispositif EMSA propose aux usagers des actions personnalisées en individuel au domicile ou en collectif, en intérieur comme en extérieur : lecture, chant, gymnastique douce, marche, ramassage de fruits, ateliers cuisine ou création, animations ludiques mémoire, visites culturelles, échanges de savoir intergénérationnels en lien avec le service famille de l’association…

« À domicile, l’activité dure d’une à deux heures et dépend de l’état de santé de la personne le jour de l’intervention. Quant aux activités collectives, choisies librement sur catalogue chaque mois, elles ont lieu deux après-midi ou journées par semaine », précise Annie Chauvel (AS-animatrice). Le choix des animations se fait avec les participants. Les tarifs sont très abordables (de 5,10 euros l’heure à une vingtaine d’euros la journée) et le transport assuré par deux véhicules, dont un adapté aux fauteuils.

Les exercices thérapeutiques visent à préserver la capacité à effectuer les gestes de la vie quotidienne des plus valides, à stimuler les autres et à maintenir le lien social. Mais ils soulagent aussi grandement les aidants, autorisés à souffler, l’espace de quelques heures, et à prendre enfin du temps pour eux. Même si l’échappée ne va pas forcément de soi. « Conjoints ou enfants, les aidants ont souvent du mal à confier leurs proches. Et ce, au détriment de leur propre bien-être, voire de leur santé. Ce dispositif, très souple et sans engagement, constitue un apprentissage en douceur d’une séparation temporaire (accueil de jour, hospitalisation) ou de plus long cours (entrée en Ehpad) », commente C.J, psychologue clinicienne, disponible pour les aidants en cas de besoin. « Contrairement à une idée préconçue, il n’est pas « naturel » d’être aidant : c’est un rôle volontaire, contraignant et absolument indispensable, mais qui nécessite d’être soutenu. Si les choses avancent, il reste toutefois du chemin à parcourir pour une réelle construction du statut de ces personnes », estime Christine Josso, chef de pôle Services à la personne à l’Assad.

 

« Ce service nécessite de trouver, au cas par cas, des assouplissements avec le droit du travail »

Christine Josso, chef de pôle Services à la personne à l’Assad

L’Assad développe, depuis 2012, une plateforme de répit à destination des aidants des malades d’Alzheimer. Un dispositif financé par l’agence régionale de santé, et composé d’un groupe de parole, de formations, d’un café mémoire et d’un atelier collectif. Il s’appuie sur un partenariat avec d’autres acteurs : services de soins infirmiers à domicile, Ehpad, centres communaux d’action sociale, hôpitaux, centres locaux d’information et de coordination gérontologique… L’un des dispositifs, la « Pause escapade » inspiré du « baluchon » québécois, permet aux aidants de souffler de quelques heures à trois jours. Une assistante de soins en gérontologie et deux assistantes de vie sociale formées en gérontologie interviennent au domicile des personnes, ce qui offre à l’aidant une vraie coupure pour se ressourcer et disposer de temps pour lui-même. Ce service, qui correspond à un réel besoin, nécessite, pour se développer, de trouver, au cas par cas, des assouplissements avec le droit du travail, qui interdit de faire travailler un salarié plus de sept heures d’affilée. Mais aussi d’imaginer des solutions financières afin d’alléger la participation des bénéficiaires.

Références

Créée en juillet 1983, l’Assad Pays de Redon est structurée en trois axes :

  • un Pôle santé avec un centre de soins (CSI) et un service d’aides-soignantes à domicile (SSIAD) ;
  • un Pôle établissement avec un Ehpad et un accueil de jour « Les Coquelicots » ;
  • un Pôle services avec un service à la personne, un service de portage, un service famille, l’EMSA et la plateforme de répit.

Effectif total : 115 salariés.

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