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PRÉCARITÉ | 17/04/2015

« Objectifs anti-pauvreté » : l’UE jugée peu crédible

par Nathalie Vandystadt
pauvrete-precarite-sdf © Chantal Cecchetti-Fotolia

À l'heure des bilans, l'Europe fait face à son échec : alors qu'elle devait réduire de 20 millions le nombre de pauvres avant 2020, ce chiffre ne fait qu'augmenter...

C’est l’heure des bilans. Alors que les objectifs mondiaux de réduction de la pauvreté – les « Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) » – feront l’objet d’une conférence onusienne à Addis-Abeba (Éthiopie) en juillet 2015, les ­Européens doivent, eux, constater leurs propres échecs.

En 2010, l’UE s’était engagée à réduire de 20 millions le nombre de pauvres avant 2020. « Depuis, elle en compte 8 millions de plus et quelque 124 millions de personnes menacées de pauvreté au total », rappelle le réseau européen de lutte anti-pauvreté EAPN, une fédération d’ONG basée à Bruxelles. Dans un prébilan publié le 2 mars 2015, la Commission européenne impute l’essentiel de cet échec à la crise économique, annonçant une révision de sa stratégie pour la croissance et l’emploi d’ici à la fin 2015.

20% du FSE pour l’inclusion sociale

« Son président Jean-Claude Juncker a l’air conscient du problème, mais cela n’empêche pas l’UE de réclamer à la Grèce et à d’autres pays une politique d’austérité qui augmente le nombre de pauvres », déplore Barbara Helfferich, directrice d’EAPN. « On ne sait même pas si l’objectif de 20 millions de pauvres en moins sera conservé », note-t-elle, fustigeant un manque de projets et d’écoute.

La politique anti-pauvreté est d’abord nationale. Mais l’UE dispose de certains outils, le principal étant son fonds social européen (FSE) doté, pour 2014-2020, de 86 milliards d’euros. 20% sont réservés à l’inclusion sociale. « Mais l’on craint que beaucoup d’argent ne soit utilisé à autre chose par certains États membres, comme la construction d’autoroutes, sous prétexte que cela crée des emplois », alerte Barbara Helfferich. EAPN réclame notamment une définition européenne des « revenus minimums d’insertion », aujourd’hui très disparates.


Chiffres Clés

  • 86 milliards d’euros, c’est le montant du FSE pour la période 2014-2020. 
  • 20 % sont réservés à l’inclusion sociale.
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