La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Petite enfance | 06/08/2015
L’accueil des tout-petits à l’épreuve des inégalités sociales
par Michèle Foin
enfant-garderie-crèche © Flickr-Michael-Ignatieff
Email Email

Cet article fait partie du dossier:

Accueil des tout-petits et inégalités sociales

voir le sommaire

Des voix s’élèvent, de plus en plus nombreuses, pour faire de l’accueil de la petite enfance un véritable facteur de réduction des inégalités sociales. Tout d’abord en termes d’équité d’accès. Contrairement à d’autres pays comme la Suède, qui possède un système d’accueil universel, la France offre trop peu de places en accueil collectif pour qu’une sélection ne soit pas opérée. Or, en France, les familles les plus démunies sont celles qui parviennent le moins à accéder à un mode d’accueil collectif alors que notre pays fait partie des pays de l’OCDE qui investissent le plus dans l’accueil de la petite enfance. Il convient donc de lever les freins à l’accès de ces familles aux équipements d’accueil du jeune enfant, comme a tenté de le faire le conseil départemental d’Ille-et-Vilaine.

Il s’agit ensuite de construire avec les professionnels de la petite enfance un quotidien non discriminatoire : dans la conception des activités avec les enfants mais aussi dans la place accordée aux parents dans une logique de co-éducation. Enfin, l’accueil collectif et le projet pédagogique qui l’accompagne, s’ils sont de qualité, peuvent être des vecteurs de réduction des inégalités pour les enfants qui cumulent les difficultés d’ordre social ou familial.

Mais l’intervention ciblée sur les publics fragiles fait débat. Faut-il créer des établissements qui leur soient dédiés, comme le propose la Scop E2S Développement en Ile-de-France avec sa crèche itinérante ? Leur faire bénéficier d’activités spécifiques comme Grenoble l’a fait avec « Parler bambin » ? Certains professionnels craignent la stigmatisation, quand les autres défendent le principe de donner plus à ceux qui reçoivent moins. Dans tous les cas, des précautions sont à prendre comme en Ille-et-Vilaine, où un comité d’éthique a été constitué pour veiller à ce que le programme « Parler bambin » soit appliqué dans une logique de bienveillance pour l’enfant comme pour sa famille.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>