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PRÉCARITÉ ÉNERGÉTIQUE | 22/02/2016
Plan énergie : le CCAS de Besançon joue la convergence
par Nathalie Levray
Audit énergétique-économies-dépenses-énergie © HandmadePictures-Fotolia.com

La lutte contre la précarité énergétique ne peut pas être traitée par les seuls services sociaux. Cinq années d’expérience irriguent le territoire alentour.

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Précarité énergétique et action sociale

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« Le CCAS s’est saisi de la précarité énergétique en 2011, quand les travailleurs sociaux ont constaté la multiplication des sollicitations sur le règlement des charges d’énergie », raconte Nans Mollaret, directeur général des services du CCAS de Besançon (1). La volonté politique était « d’agir localement » pour « contribuer à augmenter le reste à vivre et améliorer le confort de vie des personnes en difficulté ». Le CCAS a essayé de mieux caractériser la précarité énergétique et de « repérer les actions possibles pour débloquer des aides spécifiques. En réponse au morcellement des compétences, le CCAS s’est engagé pour apporter de la cohésion. »

Selon une étude de l’Observatoire départemental de l’habitat du Doubs (2011), la vulnérabilité énergétique tient plus à la faiblesse des revenus des ménages en ville et aux caractéristiques des logements (qualité thermique et taille) pour le secteur rural.

Prévention énergétique

Selon Nans Mollaret, « le travail en transversalité est indispensable à l’efficience de la lutte contre la précarité énergétique ». Avec les services de la ville (logement, maîtrise de l’énergie, mission développement durable, etc.), le CCAS a construit des projets ou adapté des outils existants. Le Logis 13éco, créé pour sensibiliser au traitement des déchets, est réinvesti pour aborder de façon pédagogique la prévention énergétique. Les informations des fournisseurs d’énergie relatives aux impayés sont traitées par un jeune en service civique. Pour détecter les publics, la mobilisation est élargie aux centres médicosociaux départementaux, à la CAF et aux associations locales.

Faciliter l’accès aux tarifs sociaux

Des entreprises (AG2R-La Mondiale, EDF, GDF) confortent financièrement les programmes. Les actions sensibilisent les publics, diagnostiquent les logements, facilitent l’accès aux tarifs sociaux et à l’aide financière, au financement d’appareils ménagers peu énergivores et aux petits travaux d’efficacité énergétique. « Travailler en transversalité n’est pas évident », constate cependant Nans Mollaret. En cause, la disparition d’un financement, le désengagement d’un partenaire, le départ d’un responsable ou d’un élu. L’élargissement des actions se heurte aux réalités budgétaires. Il faut tenir dans le temps. « Un certain acharnement est nécessaire pour continuer à donner de la visibilité », poursuit-il.

Plans stratégiques patrimoniaux des bailleurs sociaux

Depuis peu, une réflexion est engagée avec la communauté d’agglomération du Grand Besançon (CAGB), compétente en matière de logement. Comment inclure les publics du CCAS à sa politique ? Dans une logique d’efficience, l’idée serait de faire converger les plans stratégiques patrimoniaux des bailleurs sociaux et la planification en matière d’insalubrité et de réhabilitation thermique. Un volet du contrat de ville de la CAGB sensibilise les locataires à l’utilisation conforme des logements neufs ou réhabilités BBC, gage de la réduction des charges locatives. Le Plan climat énergie territorial est également un vecteur utile. Les ambassadeurs de tri pourraient par exemple parler déchets et consommation énergétique, voire réhabilitation de logements. « Le facteur humain est primordial dans ce combat », souligne Nans Mollaret qui craint que l’ubérisation des services énergétiques rajoute au phénomène.

 

Nous allons capitaliser l’expertise bisontine via la « caravane de l’énergie » – Danielle Dard, présidente de l’UDCCAS du Doubs(2)

« La précarité énergétique touche aussi les personnes vivant à la périphérie de Besançon. L’équation de la prévention et du curatif est délicate à résoudre dans les petites communes rurales, notamment celles qui n’ont de personnels dédiés ni en matière de performance énergétique, ni en matière de travail social. Nous allons capitaliser l’expertise bisontine via la  »caravane de l’énergie » auprès des adhérents de l’UDCCAS. 55 % des habitants du département pourraient ainsi être concernés. À partir de mai 2016 et pour deux ans, les partenaires partiront en campagne pour des rencontres aux sorties d’école, au marché ou sur la place du village. Une semaine de fête communale avec des infos, des démonstrations, des jeux, du théâtre forum, une visite au Logis 13Eco de Besançon. L’idée est d’associer experts du travail social et experts énergétiques, et de croiser développement social et lutte contre la précarité énergétique. Nous voulons changer la forme des messages. Le plaisir sera le seul moteur de la mobilisation ».

Note (01)

CCAS de Besançon, 03 81 41 21 21, ccas@besancon.fr - Retourner au texte

Note (02)

UDCCAS du Doubs, 03 81 41 22 97, udccas.doubs@besancon.fr - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • Aire urbaine bisontine : 246 500 hab., 180 000 logements environ (Grand Besançon : 182 978 hab. dont Besançon : 120 271 hab. et 66 212 logements).

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