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[INTERVIEW] ASSOCIATIONS | 25/03/2016
« Ma mission : accompagner l’ESS dans un changement d’échelle » – Odile Kirchner
par Fatou Seye
Odile Kirchner, déléguée interministérielle à l'économie sociale et solidaire DR

Odile Kirchner est déléguée interministérielle à l’économie sociale et solidaire auprès du directeur général du Trésor. Quel est son rôle ? Quelles sont ses missions ?

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Vous venez d’être nommée déléguée à l’ESS. Quel sera votre rôle ?

La ministre chargée de l’économie sociale et solidaire, Martine Pinville, l’a défini : « accompagner les acteurs de l’ESS dans un changement d’échelle ». Pour mettre en œuvre la feuille de route de la ministre, mon rôle sera de promouvoir l’ESS afin qu’elle soit davantage reconnue ; d’accompagner les entreprises de l’ESS pour accélérer le développement de leur activité, et faciliter l’accès aux financements. Il y a aussi des enjeux en termes d’accompagnement à la montée en compétences des salariés et dirigeants de l’ESS, d’accès aux marchés publics, de soutien à l’innovation sociale. Le Conseil supérieur de l’ESS, présidé par la ministre, est un lieu privilégié de fédération des acteurs et de dialogue avec les pouvoirs publics ; il y a de fortes attentes des différentes commissions qu’elles construisent des propositions et débouchent sur des résultats tangibles. Enfin, mon rôle sera de porter les orientations déterminées par la ministre en vue de l’élaboration de politiques européennes en faveur de l’ESS.

Comment se traduira la dimension interministérielle de votre mission ?

La transversalité avec les différents ministères est essentielle. Beaucoup sont concernés. À titre d’exemple, la direction de la jeunesse et de la vie associative (DJEPVA) définit une politique favorable au développement des associations, la direction de l’emploi et de la formation professionnelle porte une série d’actions d’accompagnement et de soutien aux actions d’insertion par le travail, la direction de la cohésion sociale agit dans la lutte contre l’exclusion, le commissariat à l’égalité des territoires est également un acteur majeur. Nous avons à travailler ensemble à une bonne coordination des politiques publiques, à agir en synergie. Je rencontre actuellement les directeurs généraux des administrations centrales pour définir ensemble comment nous allons conforter un écosystème administratif favorable au développement de l’ESS et donner une bonne cohérence à l’ensemble des dispositifs, au niveau national et territorial.

Avez-vous une action spécifique en direction des associations ?

J’ai récemment rencontré la présidente du Mouvement associatif, Nadia Bellaoui, pour échanger sur les enjeux de ce secteur qui s’appuie sur une co-élaboration des projets entre bénévoles et salariés et permet de créer un tissu favorable pour fédérer l’engagement citoyen. Je relève d’ailleurs la forte mobilisation des jeunes autour des associations, mobilisation accentuée par l’essor du service civique. Les associations sont confrontées à des enjeux différents. Celles du secteur du tourisme social par exemple ont à faire évoluer leurs offres par rapport aux nouvelles attentes. Monter en compétences, définir des stratégies de développement, faciliter des regroupements pour la mobilisation des fonctions supports sont de véritables challenges pour beaucoup d’entre elles qui interviennent dans des secteurs en fort développement comme l’économie circulaire, la rénovation thermique des bâtiments, les circuits courts producteurs-consommateurs. Nous travaillerons sur ces différents sujets avec la DJEPVA.

Quel sera le rôle du réseau des correspondants régionaux à l’ESS ?

Il existe dans chaque préfecture de région un correspondant ESS affilié au SGAR, à la Direccte, ou parfois dans d’autres services ; ils travaillent avec les CRESS qui ont un rôle d’interface avec tous les acteurs de l’ESS et visent à favoriser les synergies entre eux, y compris avec les associations. L’économie sociale et solidaire agit dans la proximité, la politique territoriale de l’ESS est un levier majeur de développement. Elle est à construire en associant les conseils régionaux ; chaque région est invitée à élaborer un volet ESS dans sa stratégie de développement et la loi relative à l’ESS prévoit des conférences régionales État/région de l’ESS tous les deux ans. Nous devons rassembler tous les acteurs pour mettre en place un réseau de travail le plus efficace possible. Je vais prochainement dans quelques régions pour voir comment les acteurs interagissent sur le terrain.

Vous connaissez bien le monde associatif ?

Même si je n’avais pas encore eu d’activité professionnelle en corrélation directe avec l’ESS, il est vrai qu’elle a toujours été au cœur de mes engagements. J’ai entre autres aidé au montage de projets humanitaires en Afrique pour accompagner les enfants des rues dans le retour en famille, lutter contre le travail précoce, notamment des petites filles, et leur permettre de vivre leur enfance et d’aller à l’école. Ces activités associatives, en tant que bénévole, m’ont permis d’appréhender les enjeux en termes de professionnalisation, de recherche de financements, de relation salariés/bénévoles.

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  1. On ne parle que d’associations dans cette interview. Attention, c’est très réducteur : l’ESS c’est aussi les coopératives, les mutuelles, les fondations… va-t-on les oublier?

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