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Santé | 19/04/2016
À Paris, le centre du Chemin Vert réorganise son offre de soins
par Laure Martin
soins santé médecin consultation tension © Razyph-Fotolia

Le centre de santé du Chemin Vert, devenu associatif, cherche à développer des activités médicales variées en réponse aux besoins du quartier et à l’exigence d’équilibrer ses comptes.

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Centres de santé : une dynamique à conforter

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Jusqu’alors gestionnaire du centre de santé le Chemin Vert dans le 11e arrondissement, la mairie de Paris a souhaité en confier la gestion à l’Institut Alfred-Fournier (1). La municipalité a accompagné l’association en lui trouvant de nouveaux locaux, via le bailleur Paris Habitat – car les lieux initiaux n’étaient plus aux normes et trop petits – et en finançant les travaux. « La mairie a également eu un rôle de facilitateur pour l’élaboration du projet de santé et les relations avec l’agence régionale de santé », rapporte Danièle Pozza, secrétaire générale de l’Institut Alfred-Fournier.

Le centre de santé face à des refus de paiement

Ce centre de santé associatif indépendant, inauguré en 2013, « ne peut être financé que par les prestations payées par les patients, ce qui rend la situation difficile pour être impérativement à l’équilibre », ajoute-t-elle. La plus importante problématique est celle du tiers payant en raison du système administratif très lourd. « Nous avons des relations avec de nombreuses caisses du régime général et des régimes spéciaux de différents départements, donc une multiplicité de payeurs, auxquels s’ajoutent les complémentaires. Les refus de paiement sont compliqués à gérer », explique Danièle Pozza. Le centre a certes un pointage informatique, mais tous les ans, il doit faire face à environ 5 % d’impayés. Le Chemin Vert est également confronté à l’augmentation des charges, notamment salariales alors que la cotation des actes médicaux, imposée par l’assurance maladie, n’évolue pas depuis des années.

Le centre de santé s’est donc doté d’une matrice économique lui permettant d’être à l’équilibre. La plage horaire de consultations a été étendue permettant d’avoir plus de 100 000 passages par an. D’ailleurs, la structure est accompagnée par la mairie du 11e pour sa communication. « C’est indispensable car l’offre de soins en ambulatoire en secteur 1 n’est pas connue, ce qui conduit les habitants à se rendre à l’hôpital au lieu d’aller dans les centres. Or, nous avons besoin d’un minimum de patientèle pour amortir les coûts », souligne Danièle Pozza.

Centre de santé de proximité

Le Chemin Vert a également développé des activités médicales plus variées qui dégagent un peu plus de marge et permettent de faire davantage de bénéfices avec un centre de vaccination international agréé, un centre de soins infirmiers et un plateau technique de biologie et d’imagerie. « Nous avons travaillé la matrice avec la mairie pour installer des spécialités médicales qui manquaient dans l’arrondissement », précise-t-elle. Pédiatrie, gynécologie, dermatologie, psychiatrie, rhumatologie, pédicurie-podologie, chirurgie dentaire sont désormais accessibles et le centre pratique également les IVG. « 80 % des patients sont du 11e, nous sommes un centre de proximité qui a une vraie utilité. Nous rendons un vrai service à la population », conclut Danièle Pozza.

© Mairie du 11e/Anaid de Dieuleveult

« Le centre vise à promouvoir une médecine respective des patients » - François Vauglin, maire du 11e arrondissement de Paris

« Le centre de santé battait de l’aile mais répondait à un besoin social. Face à la crainte d’une fermeture, il y a eu une mobilisation locale que la mairie a soutenue et encouragée afin de rendre ce centre fonctionnel et viable pour accueillir les patients. Même si ce type de structure demeure financièrement fragile, le Chemin Vert a trouvé un rythme de croisière car il répond à un besoin de médecine de proximité, qualitative et en secteur 1. Dans le 11e arrondissement de Paris, il y a un important problème de démographie médicale. L’implantation de centres de santé ou de maisons de santé fait partie d’une politique d’ensemble qui vise à promouvoir une médecine respective des patients avec des professionnels qui acceptent de prendre le temps d’écouter des personnes qui sont aux minima sociaux. Ils prennent en compte les patients à la fois dans leur dimension médicale et d’écoute, et parviennent ainsi à répondre aux attentes d’un public cible. »

Note (01)

Institut Alfred-Fournier, 01 40 78 26 00. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 149 166 habitants dans le 11e arrondissement de Paris.
  • 600 000 euros de subventions d’investissement de la municipalité et 100 000 euros du conseil régional.
  • 80 000 euros de subventions de fonctionnement de la municipalité pour la première année et 118 000 euros du conseil régional notamment pour les fauteuils dentaires.
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