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[Vu d’ailleurs] Santé | 22/04/2016
Des fonctionnaires pour les soins primaires en Catalogne
par Laure Martin
soins catalans Catalogne-UNE © Niyazz-Fotolia

En Catalogne, les centres de soins primaires, structures de proximité, sont les points d’entrée dans le système de soins catalan. Lors de la loi générale de santé de 1986, de nombreux centres de santé ont été construits, pris en charge par l’assurance de santé publique.

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Centres de santé : une dynamique à conforter

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Lorsqu’ils ont besoin de soins, outre le service des urgences d’un hôpital ou un numéro d’urgence, les Catalans peuvent s’adresser à un centre de soins primaires, qui s’apparente aux centres de santé français (1).

Les centres de soins primaires (CSP), structures de proximité, sont les points d’entrée dans le système de soins catalan. Lors de la loi générale de santé de 1986, de nombreux centres de santé ont été construits, pris en charge par l’assurance de santé publique. Chaque zone de santé primaire, qui comporte de 5 000 à 25 000 habitants, et jusqu’à 40 000 habitants pour les grandes villes, comprend au moins un CSP. La taille des centres dépend de l’importance de la population à prendre en charge. Et le nombre de professionnels exerçant dans les centres de soins primaires est lui aussi variable selon la taille de la zone desservie. L’équipe est, en revanche, toujours pluridisciplinaire : médecin généraliste, infirmier, pédiatre, dentiste, assistante sociale. Et les responsables de cette équipe sont toujours un médecin généraliste et une infirmière, qui forment « l’unité de base ».

Système de santé

L’assurance santé est obligatoire, financée par les contribuables, et couvre 100 % de la population. 25 % bénéficient d’une assurance complémentaire, qui permet notamment d’avoir recours à des centres de soins privés appartenant parfois à des compagnies d’assurances privées.

Soins primaires : centre d’appel et système d’astreintes

Deux équipes travaillent en alternance, le matin et l’après-midi, et les centres ouvrent le samedi jusqu’à 20 heures. En dehors de ces horaires, un centre d’appel est disponible et un système d’astreintes permet de gérer l’ensemble des territoires, y compris les zones rurales. Les membres des équipes de soins des centres sont tous fonctionnaires et salariés. « Ces personnels sont parfois peu motivés, ce qui peut se traduire par des taux d’absentéisme au travail importants », souligne le Dr Toni Dedeu, médecin généraliste, urologue et ancien directeur des affaires internationales du ministère de la Santé catalan. Des incitations ont d’ailleurs été introduites pour leur rémunération, telles que des dispositifs de rémunération indexés sur la performance ou des programmes de développement professionnel. Ces mécanismes ont vocation à dynamiser et à responsabiliser les équipes.

Centre de soins : les salariés objectivés

En pratique, l’ensemble des membres du centre (médecins, mais aussi secrétaires ou réceptionnistes) peut bénéficier d’une augmentation de salaire si tous les objectifs sont atteints. Ils concernent la gestion du budget du centre (optimisation de l’usage des examens complémentaires, respect des objectifs de dépenses) ou l’optimisation des prescriptions en termes de coûts, la maîtrise de la multiprescription et des objectifs cliniques. Ainsi, pour chaque indicateur, des objectifs sont à atteindre, et chaque indicateur reçoit une pondération qui permet ensuite de calculer les bonus attribués aux centres, qui vont alors être redistribués entre les salariés. Mais pour le Dr Dedeu, le système de bonus lié à la performance doit être renforcé, notamment pour motiver les jeunes professionnels à entrer dans le secteur.

 

©Philippe_Chagnon/Essop« Il y a un problème de motivation au travail » – Yann Bourgueil, directeur de l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes)

« Les centres de soins primaires sont gérés par le gouvernement catalan, dans le cadre d’un système décentralisé. Les financements dépendent directement des pouvoirs publics et non d’un système d’assurance maladie comme en France. Les médecins généralistes de soins primaires n’ont pas la possibilité de poser leur plaque et de s’installer où ils le veulent. Ils sont fonctionnaires et sont beaucoup moins bien payés que les médecins anglais ou même français. Cela entraîne un problème de motivation au travail, d’autant plus qu’ils perçoivent le même salaire, peu importe le nombre d’actes effectués. D’où la mise en place d’un mécanisme d’incitation avec un paiement à la performance. Ce fonctionnement joue sur la relation et le suivi des patients qui sont pourtant caractéristiques de la médecine de premier recours. C’est un problème qui se pose aussi dans les centres de santé français. »

Note (01)

Source : « Organisation des soins primaires en ­Catalogne », Toni Dedeu, « Revue française des affaires sociales » 2010/3 (n° 3), p. 49-59. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 7,519 millions d’habitants en Catalogue.
  • 1 médecin de famille pour 1 750 à 2 500 habitants de plus de 14 ans, et une infirmière par médecin.
Thème abordé

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