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Financements | 10/06/2016
Le crowdfunding cherche porteurs de projets dans le secteur sanitaire et social
par Eric Larpin
Crowdfunding-financement participatif-UNE © Blende11.photo-Fotolia

Dans un contexte de recours massif aux nouvelles technologies et d’une réglementation nouvelle assumée par les pouvoirs publics (ordonnance du 30 mai 2014), le financement participatif poursuit sa croissance, sans doute un peu moins rapide qu’attendue. Lors de la troisième fête du crowdfunding, Financement participatif France, l’association qui rassemble la soixantaine de plateformes du secteur, a présenté des chiffres en hausse : 300 millions de fonds collectés l’an dernier (contre la moitié en 2014) et 18 000 projets financés. Si le secteur sanitaire et social y a peu recours jusqu’à présent, les choses pourraient évoluer rapidement.

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Plus de deux millions de Français ont déjà souscrit en ligne pour soutenir des projets entrepreneuriaux ou associatifs.

En effet, il y a de plus en plus de secteurs d’activité, initialement du côté de la solidarité, désormais du côté des PME, à faire appel à ces nouveaux dispositifs, organisés en trois branches : le don, le prêt et l’investissement.

Des collectivités locales ont, elles aussi, adopté le crowdfunding pour des projets d’intérêt local mais le secteur sanitaire et social est relativement peu présent.

Crowdfunding, une question de temps

Pour Quentin Bévan, administrateur de Financement participatif France, cette absence s’explique « à la fois parce que ce secteur n’a pas exprimé de besoins de levée de fonds sur internet pour le moment, et parce que les montants dont ce secteur aurait besoin, notamment pour l’immobilier, sont trop élevés par rapport au potentiel actuel du financement participatif ».

Mais, selon Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, une banque fortement impliquée dans le secteur sanitaire et social, ce n’est qu’une question de temps et d’acculturation des acteurs aux méthodes de la levée de fonds en ligne : « les investisseurs du web ont besoin que les associations et le médicosocial se placent dans une logique d’entrepreneuriat social, avec des présentations comptables adaptées à d’autres interlocuteurs que les collectivités locales ».

Des financements jusqu’à un million d’euros

En attendant ces nouveaux acteurs, il existe déjà des plateformes impliquées dans la santé ou le handicap, comme Cowfunding ou Wellfundr. 1001pact, une start-up solidaire née il y a deux ans, pour soutenir des projets à impact social en fait partie.

« Nous cherchons à aider des entreprises du secteur de l’économie sociale et solidaire pour des tickets d’investissement qui peuvent aller jusqu’à un million d’euros. Ces projets sont cofinancés par d’autres acteurs de la finance solidaire, mais sans appel à des investisseurs en ligne, ils ne pourraient pas démarrer », explique Eva Sadoun, cofondatrice avec Julien Benayoun.

Depuis ses débuts, 1001pact a déjà soutenu une demi-douzaine de projets, dont Magica Vision, un boîtier multifonction pour les déficients visuels, et Roger Voice, un système de reconnaissance vocale pour les personnes sourdes.

À la veille d’une concentration

Reste à savoir quelles seront les plateformes qui retiendront l’intérêt des acteurs et sauront le mieux correspondre à leurs valeurs. Peut-être des plateformes que les associations auront contribué à créer elles-mêmes ?

Car les acteurs du secteur du crowdfunding, comme Arnaud Poissonnier, fondateur de Babyloan, premier site européen de microprêt solidaire, le reconnaissent eux-mêmes : « on est à la veille d’une concentration des plateformes. D’ici cinq ans, il n’en restera que trois ou quatre par métier (don, prêt, investissement) ».

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