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Petite enfance | 22/07/2016
Au Pré-Saint-Gervais, une coordinatrice petite enfance sur tous les fronts
par Michèle Foin
Sylvie Bruel N Diaye-Pré Saint-Gervais-UNE © Patricia Marais

Face au développement des différents modes d’accueil, Sylvie Bruel N’Diaye, coordinatrice petite enfance, est là pour donner de la cohérence à la politique du Pré-Saint-Gervais.

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Le Pré-Saint-Gervais, commune de Seine-Saint-Denis, compte un multi-accueil et une crèche collective municipale, une crèche parentale, une crèche départementale, un lieu d’accueil parents-enfants (Lape), un relais d’assistantes maternelles (RAM) et trois maisons d’assistantes maternelles (MAM) conventionnées par la ville, auxquels s’ajoutera une crèche privée en 2016.

C’est Sylvie Bruel N’Diaye (1) qui a inauguré le poste de coordinatrice petite enfance en 2011, quand la première MAM du département a ouvert ses portes. Le maire ambitionnait alors de soutenir l’ouverture de quatre MAM, sous l’étroite supervision de la ville, étant donné un taux de couverture très faible de l’accueil individuel et collectif de la petite enfance à 37,6 %. Un poste financé pour moitié par la caisse d’allocations familiales (CAF).

Le contour juridique des maisons d’assistantes maternelles se précise

Le 9 juin 2010, la loi autorise le regroupement d’un maximum de quatre assistants maternels dans un même local. Le Pré-Saint-Gervais est la première collectivité de Seine-Saint-Denis à financer un tel regroupement en 2011, mais en prenant d’infinies précautions pour en faciliter l’accès à des assistantes maternelles débutantes, grâce à l’accompagnement de la coordinatrice petite enfance. Le pilier des MAM, et le plus complexe à mettre en place, c’est la délégation, qui permet à une assistante maternelle de garder les enfants des autres. Le Gouvernement, conscient de ces difficultés juridiques, vient de publier un guide pour clarifier la situation. Des éléments dont se sert aujourd’hui ville pour mettre au point une charte qualité à laquelle elle espère faire adhérer toutes les MAM.

Augmenter l’accueil individuel des tout-petits

Aujourd’hui, deux autres MAM sont sorties de terre en 2013 et 2015, et la quatrième verra le jour en 2017, pour un taux de couverture qui a grimpé à 42,2 % en 2014.

Sylvie Bruel N’Diaye y consacre 40 % de son temps. « Au départ, l’objectif était d’augmenter l’accueil individuel par des assistantes maternelles mais nous n’arrivions pas à susciter de nouvelles vocations, les logements étant trop petits pour obtenir un agrément », constate Sylvie Bruel N’Diaye.

La ville fait donc appel à des bailleurs sociaux qui lui sous-louent des locaux qu’elle met ensuite gracieusement à disposition des assistantes maternelles qui seront agréées pour la MAM, à raison de trois enfants par assistante maternelle, avec chacune une place d’urgence pour accueillir un enfant d’une collègue en cas de problème. Elles signent ensuite une convention avec la ville qui les engage à n’accueillir que des habitants du Pré-Saint-Gervais.

Mais avant cela, a lieu un long processus de sélection et de formation des personnes motivées par le projet. « À chaque ouverture de MAM, il faut compter un an de travail en amont pour trouver les candidates, et les préparer au fonctionnement d’une MAM : qu’est-ce qu’une association, un projet pédagogique, un règlement intérieur… », détaille la coordinatrice. Une mission qu’elle assure avec une psychologue vacataire.

Lire aussi notre article : Un référentiel pour unifier l’accueil dans les maisons d’assistantes maternelles

Clarifier les rôles au sein de la MAM

Une fois la MAM ouverte, le travail de suivi se poursuit à raison d’une réunion tous les quinze jours pour mettre à plat les difficultés. « Je ne suis pas leur responsable hiérarchique. Je dois rester dans l’accompagnement et les amener à évoluer progressivement dans leurs pratiques afin de répondre au mieux aux besoins des familles. C’est toute la complexité et l’intérêt du projet », souligne Sylvie Bruel N’Diaye.

Au début, elle assurait également des temps d’observation une fois par semaine, pour y apporter son regard d’éducatrice de jeunes enfants. « Comme je coordonnais à la fois le suivi pédagogique et les aspects administratifs et logistiques, je me faisais happer par les petits problèmes du quotidien. La responsable du RAM a donc repris la casquette pédagogique cette année, pour clarifier les rôles. » Une formule qui fonctionne bien puisqu’une seule assistante maternelle a pour l’instant quitté le dispositif.

« Les réunions régulières aident à surmonter les difficultés de gestion que toutes les MAM rencontrent », confirme Sylvie Bruel N’Diaye, qui est également chargée de faire adhérer les trois MAM à une charte de qualité commune à compter de cet été, maintenant que les assistantes maternelles ont suffisamment d’expérience.

Travail relationnel

« L’objectif de la coordinatrice est de mettre en commun l’information, les connaissances et les ressources du territoire, pour garantir une égalité de traitement, et éviter aux familles de courir à quatre endroits différents pour obtenir une parfaite information des différents dispositifs existants et de leur fonctionnement », résume Anne-Laure Duny, la directrice de l’action sociale.

Le travail relationnel avec les différents partenaires de la ville est donc très important. « Nous sommes en train de travailler sur un protocole partagé entre le conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et la ville de la commission d’admission aux modes d’accueil (Cama) afin d’en harmoniser le fonctionnement. Cette année, la crèche associative devrait également s’y associer », explique Sylvie Bruel N’Diaye.

La dimension managériale est également importante pour Sylvie Bruel N’Diaye car les directrices des établissements d’accueil, ainsi que le lieu d’accueil parents-enfants (Lape) et le RAM sont sous sa supervision, soit au total trente et un agents. Elle participe à tous les recrutements, et suit leur carrière. « Il faut être à leur écoute. C’est un métier difficile qui mériterait d’être davantage valorisé. D’autant que nous accueillons environ 50 % de familles en situation de précarité dans nos structures », avance Sylvie Bruel N’Diaye.

Animation petite enfance du territoire

Au Pré-Saint-Gervais, contrairement à d’autres collectivités, c’est la coordinatrice qui assure l’animation petite enfance du territoire. Organisation de cafés des parents, de deux braderies, de journées thématiques durant lesquelles tous les professionnels de la ville se rassemblent pour proposer des ateliers aux parents, animation d’une séance mensuelle de courts-métrages pour les tout-petits avec le « Ciné-biberon », Sylvie Bruel N’Diaye est sur tous les fronts.

Deux matinées par semaine, elle troque même sa casquette de professionnelle de la petite enfance pour devenir simple « accueillante » au sein du Lape dans le cadre du soutien à la parentalité. « Nous devons les soutenir et les rassurer dans leur fonction de parents. Nous ne sommes pas là pour leur donner des conseils de bons professionnels », insiste Sylvie Bruel N’Diaye. Une position qui n’est pas facile à tenir quand on participe aussi aux commissions d’admission en crèche.

Anne-Laure Duny, directrice de l’action sociale du Pré-Saint-Gervais

« Le volet financier prend de l’importance »

« La gestion partenariale et financière est très importante dans l’accueil de la petite enfance. Si la mission principale de la coordinatrice est d’accompagner le développement des modes d’accueil et d’assurer leur cohérence sur le territoire, elle consacre aussi un temps très important au suivi budgétaire des structures d’accueil et à la relation avec les partenaires : la CAF, l’État via notamment la géographie prioritaire ou encore le conseil départemental pour les MAM notamment. De nombreux documents de bilans sont à fournir tout au long de l’année. Une tâche très conséquente, spécifique à chaque partenaire et pour chacune des structures. Mais c’est une mission nécessaire pour garantir la qualité de nos partenariats et le maintien de leurs participations financières. »

Note (01)

À 50 ans, cette éducatrice de jeunes enfants (EJE) a passé vingt-trois ans de sa carrière au Pré-Saint-Gervais. D’abord en tant que directrice d’un multi-accueil associatif, municipalisé en 1999, puis à la tête du relais d’assistantes maternelles créé en 2006 pour redynamiser l’accueil individuel. En 2011, elle devient coordinatrice petite enfance pour accompagner le développement des MAM. - Retourner au texte

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