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[Vu d'ailleurs] Numérique | 22/07/2016

Outil numérique : les Britanniques misent sur le design et l’accompagnement

par Nathalie Levray
ordinateur-britannique-UNE © Pictoores-Fotolia.com

Confronté à 23 % d’adultes déconnectés ou incapables d’utiliser l’outil numérique, le Royaume-Uni s’est fixé pour objectif de rendre tous les Britanniques opérationnels en ligne en 2020.

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Numérique : vers une action sociale 2.0

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L’exemple britannique revient dans toutes les bouches : le Conseil national du numérique, le défenseur des droits, Emmaüs Connect… C’est que la Government Digital Inclusion Strategy (stratégie gouvernementale d’inclusion numérique), dévoilée en avril 2014, a fait plus d’un envieux.

L’objectif est ambitieux : le nombre d’exclus du numérique devra diminuer de 25 % tous les deux ans pour qu’en 2020 chaque Britannique réalise seul ses démarches administratives en ligne. Une double politique est lancée : l’accès au numérique et la montée en compétences des populations déconnectées.

Services en ligne accessibles

Le design des sites publics est travaillé pour rendre simples leur consultation et les échanges de la population avec l’administration. Une charte de dix principes « digital by default » oblige cette dernière à concevoir des services en ligne accessibles par le plus grand nombre, en se posant systématiquement la question des besoins et des usages des citoyens. Une direction dédiée, la « Government Digital Services » (GDS) est même créée. Fin 2015, son équipe « Digital inclusion » migre vers le ministère de la Culture et devient « Digital engagement ».

Selon la Tinder Foundation (1), 93 % des usagers estiment que le gov.uk est « pratique et facile à utiliser ». Elle évalue à 319,7 millions d’euros par an l’économie sur le budget de l’État si chaque Britannique était muni des compétences numériques de base. Sans compter, selon Emmaüs Connect qui cite une étude Booz and Company de 2012, que le « rattrapage numérique » de l’ensemble de la société britannique pourrait rapporter près de 83 milliards d’euros à l’économie nationale.

Le second axe est d’accompagner vers la maîtrise des guichets administratifs numérisés les personnes incapables d’utiliser seules internet ou d’y accéder.

Charte de l’inclusion numérique

Le Gouvernement fédère les nombreuses initiatives, publiques, privées et associatives, afin d’accroître leur efficacité. Une charte de l’inclusion numérique a été lancée par le GDS, sorte de feuille de route commune à tous ces acteurs.

La plateforme doteveryone.com offre outils en ligne, kits de formation, renseignements et forum d’échange de bonnes pratiques à destination des médiateurs et des bénévoles formateurs.

Un fonds national géré par Tinder Foundation, le Digital Deal Challenge Fund, finance depuis 2013 les programmes d’e-inclusion portés par les bailleurs sociaux pour équiper et former les 1 850 000 locataires déconnectés. Car le bénéfice n’est pas que collectif, il est aussi individuel : selon Jean Deydier, le président ­d’Emmaüs Connect, les économies escomptées sont de l’ordre de « 1 350 euros par an ».

« Les bibliothèques : un lieu neutre et sûr »

À l’occasion d’une table ronde organisée mi-mai 2016 par la Tinder Foundation sur le thème du rôle des bibliothèques dans l’inclusion numérique, le lien entre l’inclusion numérique et les défis sociaux comme la pauvreté, la santé et le bien-être, etc. a été mis en évidence. Faut-il dès lors intensifier la pratique actuelle de certaines bibliothèques qui proposent des ateliers d’initiation au web et à la bureautique adaptés aux besoins des personnes ? Le lieu est neutre et sûr ; le personnel et les bénévoles garantissent une éthique d’intervention même si leurs compétences doivent être renforcées et l’intervention travaillée en partenariat avec les associations locales, maison de quartier ou lieu de culte, les entreprises privées et les centres de soutien en ligne. Il semble que, pour les plus exclus, le soutien en face-à-face proposé dans les bibliothèques soit indispensable et complète les contenus de formation interactifs du site Learn My Way.

Note (01)

La Tinder Foundation est une entreprise sociale qui anime des espaces publics numériques et soutient les personnes numériquement et socialement exclues pour améliorer leur vie par le numérique. La technologie numérique et l’action communautaire sont au cœur de leur action. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • Population totale (2013) : 64,1 millions d’habitants.
  • 89 % des services publics en ligne (> 2 000).
  • 12,6 millions de Britanniques sans compétence numérique (source : Tinder Foundation).
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