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Santé | 09/09/2016
Les Français renoncent de plus en plus aux soins, particulièrement les plus démunis
par Rouja Lazarova
santé médecin prescription stéthoscope-UNE © Psphotography-Fotolia

Le Secours populaire français a présenté les résultats de son dixième baromètre, réalisé par Ipsos, sur la perception de la pauvreté par les Français. Si les Français sont de plus en plus nombreux à se dire exposés à la précarité, ce n’est plus seulement aux loisirs qu’ils renoncent mais également désormais aux soins médicaux. Et les plus démunis sont les plus touchés. La loi de modernisation de notre système de santé a prévu des mesures telles que la généralisation du tiers payant ou des tarifs sociaux pour les bénéficiaires de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé. Mais le Secours populaire reste sceptique et attend de voir les mesures concrètes pour en évaluer les impacts.

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La crise financière et économique de 2008 a aggravé la pauvreté des Français et accentué leurs difficultés à affronter leurs dépenses quotidiennes. C’est ce que révèle, sans surprise, le 10e baromètre du Secours populaire français (SPF) réalisé par Ipsos.

En 2016, 55 % des personnes interrogées jugent que leur vie est menacée par la pauvreté. Plus inquiétant encore, 38 % parmi elles ont vécu de telles situations (chiffre en augmentation de 3 % par rapport à 2015). Enfin, 83 % parmi elles considèrent que les générations futures sont davantage exposées à la pauvreté.

Des difficultés croissantes à se soigner

Cependant, ce n’est plus seulement aux vacances ou aux activités culturelles que renoncent les Français, mais également aux soins médicaux. « Le baromètre reflète ce que nous constatons au quotidien dans nos permanences d’accueil, de solidarité et relais-santé. Depuis quelques années, nous assistons aux difficultés croissantes des Français à se soigner. C’est pour cela que nous avons mis cette thématique en exergue », témoigne Julien Lauprêtre, président du SPF.

En effet, en 2016, 35 % des Français ont renoncé ou retardé l’achat de prothèses dentaires (+ 4 % par rapport à 2008), 28 % ont repoussé ou abandonné une consultation chez le dentiste (+ 5 % comparé à 2008).

31 % des plus démunis ont retardé ou renoncé à une consultation chez le généraliste

Ces privations sont bien sûr renforcées chez les plus démunis, ceux dont le revenu mensuel net par foyer ne dépasse pas 1 200 euros.

En 2016, 64 % parmi eux éprouvent des difficultés à payer certains actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale. Les problèmes s’aggravent dans le domaine des soins dentaires et ophtalmologiques.

Ainsi, 50 % de ces personnes ont retardé ou renoncé à une consultation chez un dentiste, chiffre en croissance de 22 % par rapport à 2008.

Ils sont 39 % à avoir eu la même attitude face à une consultation chez un ophtalmologiste (+ 9 % par rapport à 2008). 42 % ont repoussé ou renoncé à l’achat de lunettes ou lentilles de contact (+ 5 %), et 39 % à l’acquisition de prothèses dentaires (+ 1 %).

Enfin, un résultat alarmant : 31 % ont retardé ou renoncé à une consultation chez le généraliste (+ 7 % par rapport à 2008).

Dans l’attente des effets de la loi Santé

Dans son volet accès aux soins, la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016, vise à pallier ces problématiques, notamment à travers la généralisation du tiers payant à partir du 1er janvier 2017 et l’extension aux bénéficiaires de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS) d’un tarif social pour les soins dentaires (prothèses et orthodontie), optiques (lunettes) et les prothèses auditives.

Cependant, Julien Lauprêtre se montre sceptique : « Depuis des années, nous suivons les déclarations officielles et les efforts des pouvoirs publics, et nous constatons, sur le terrain, une aggravation continuelle de la situation économique des ménages. J’attends les conséquences concrètes de cette loi, avant de me prononcer ».

Des partenariats pour faciliter l’accès aux soins

En attendant, le SPF a mis en place des partenariats pour orienter les plus démunis dans le système de santé ou faciliter leur accès aux soins : avec l’Ordre national des médecins, avec Essilor, pour des consultations ophtalmologiques et l’acquisition de lunettes, ou avec la Fondation GlaxoSmithKline.

En 2015, le SPF a ainsi soutenu 106 300 personnes sur l’accès aux soins et à la prévention de santé.

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