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Insertion | 07/10/2016

Le chômage des jeunes et le contexte économique réinterrogent le positionnement des missions locales

par Eric Larpin
emploi-insertion-jeunes-UNE © Pololia-Fotolia.com

Depuis la création de la première mission locale, dans la foulée du rapport sur l’insertion des jeunes par Bertrand Schwartz, des défis nouveaux sont apparus. Les collectivités et le gouvernement, qui vient d’annoncer la suppression du Conseil national des missions locales qui sera fondu dans le nouveau Conseil d’orientation des politiques de jeunesse et la création d’un nouveau poste de délégué interministériel aux missions locales pour jouer un rôle de médiateur entre l’État et les missions, s’interrogent sur leur avenir. Pour répondre à ces questionnements, l’Union nationale des missions locales a mis en place une nouvelle gouvernance et une structuration régionale.

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L’assemblée générale de l’Union nationale des missions locales (UNML), qui s’est tenue le 28 septembre 2016 au Jardin d’acclimatation au Bois de Boulogne (Paris), est la première depuis le décès cet été de Bertrand Schwartz, l’inspirateur des politiques publiques de la jeunesse au début des années 1980.

Cette réunion plénière a confirmé l’ampleur du travail déjà accompli par les missions locales, mais aussi l’immensité de ce qui reste à faire au service de l’emploi des jeunes. Certes, les missions locales ont accompagné dans leur parcours un million et demi de jeunes l’an dernier, mais ils sont encore nombreux à rester en dehors de dispositifs de plus en plus complexes.

La plus-value des missions locales réside dans leur savoir-faire dans l’utilisation des grands dispositifs nationaux

Il suffisait d’écouter Jean-Patrick Gille, président de l’UNML, faire la liste de ces dispositifs publics pour comprendre que la tâche des conseillers ne s’est pas simplifiée dans les dernières années : contrats d’avenir (90 000 contrats signés par les missions locales), garantie jeunes (100 000 fin 2016), ANI jeunes décrocheurs (10 000 jeunes reçus), service civique, jeunes sous main de justice, sans compter l’apprentissage, les CIE-Starter et la mise en place du compte personnel d’activité au 1er janvier prochain…

Jean-Patrick Gille ajoute que le savoir-faire des missions locales est de mettre tout cela en musique : « la plus-value des missions locales réside dans leur savoir-faire dans l’utilisation des grands dispositifs nationaux et dans le soutien à des initiatives locales, en s’associant à des partenaires de terrain ».

En attendant que les subventions arrivent, les jeunes ne sont plus là

Les directeurs de missions locales se sont néanmoins interrogés sur l’évolution de leurs missions. « Nos missions se sont complexifiées, mais aussi les financements qui vont avec. Les retards dans les financements FSE ont mis certaines structures en danger. Et en attendant que les subventions arrivent, les jeunes ne sont plus là… », entendait-on dans la salle.

Jean-Patrick Gille a d’ailleurs évoqué le fait que le modèle économique des missions locales faisait actuellement l’objet de deux rapports en cours, l’un de l’Igas et l’autre de la Cour des comptes.

Trois questions principales pour les prochaines années

Il faut dire que depuis la création de la première mission locale des défis nouveaux sont apparus. « Le chômage massif des jeunes (1 jeune sur 4) et le contexte économique des collectivités locales réinterrogent notre positionnement. Trois questions principales se posent à nous dans les prochaines années : pourra-t-on mener à bien la généralisation de la garantie jeunes ? Quel sera le contour exact des nouvelles conventions pluriannuelles d’objectifs en négociation avec les régions ? Comment affronter la numérisation croissante de la société et la place des jeunes dans celle-ci ? », souligne Maïté Errecart, présidente de la mission locale de Paris.

Être en situation de dialogue avec les treize exécutifs régionaux

Pour répondre à ces défis, l’UNML a mis en place une nouvelle gouvernance et une structuration régionale, pour être en situation de dialogue avec les treize exécutifs régionaux.

Mais la ministre du Travail a aussi accéléré les choses cet été, en prenant un peu par surprise l’UNML. Elle a en effet acté la suppression du Conseil national des missions locales (CNML), qui sera fondu dans le nouveau Conseil d’orientation des politiques de jeunesse.

Par ailleurs, un nouveau poste de délégué interministériel aux missions locales vient d’être créé, pour jouer un rôle de médiateur entre l’État et les missions. Le poste devrait être confié à Jean-Marc Seijo-Lopez, qui n’était autre que le secrétaire général du CNML. Un gage de survie ?

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