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Santé | 14/10/2016
L’APVF veut une réforme de la formation des médecins aujourd’hui trop hospitalo-centrée
par Laure Martin
santé-médecin-consultation-carte Vitale © Production Perig-Fotolia.com

L’Association des petites villes de France a organisé le 6 octobre une journée d’étude sur les perspectives concernant l’accès aux soins dans les petites villes et les déserts médicaux. L’association encourage une réforme de la formation des médecins considérée comme trop hospitalo-centrée et se dit favorable à une régionalisation du numerus clausus et ''à une régulation à l’installation''. Elle défend notamment la création de ''territoires prioritaires de santé'', qui bénéficieraient de mesures incitatives pour l’installation des médecins et d’un soutien au financement de certaines activités ou à l’implantation de certaines structures, tels que des centres de santé. À l’heure où les groupements hospitaliers de territoires se mettent (difficilement) en place, Nathalie Nieson, députée de la Drôme, maire de Bourg-de-Péage et présidente de la commission Santé et offre de soins de l’APVF, rappelle que "pour avoir des médecins libéraux, il faut une structure hospitalière à proximité qui permette de prendre en charge le patient dans toute sa globalité".

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La santé et les soins de proximité constituent une préoccupation majeure des élus.

Outre la nécessité de répondre aux besoins des administrés, il s’agit aussi d’un enjeu majeur d’attractivité du territoire. « Le concept de désert médical a évolué dans le temps et concerne aujourd’hui tous les territoires », a rappelé Jean-Michel Thornary, commissaire général à l’égalité des territoires (CGET).

1 700 contrats d’engagement de service public ont été signés avec les jeunes médecins

Pour tenter de résoudre ce problème, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics : résorption des zones blanches de téléphonie mobile, développement de la télémédecine, mise en place de plateformes territoriales. « Autant de facteurs d’attractivité des territoires pouvant favoriser l’implantation des médecins », a-t-il ajouté.

Certains résultats sont déjà encourageants. Par exemple, 1 700 contrats d’engagement de service public ont été signés avec les jeunes médecins pour leur installation dans les territoires en désertification médicale. L’objectif est maintenant fixé à 2 500 d’ici 2018.

Par ailleurs, environ 800 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) sont en activité, « dont 80 % dans les communes de moins de 10 000 habitants », a précisé Jean-Michel Thornary. Les pouvoirs publics veulent désormais atteindre 1 400 MSP d’ici 2018.

Des mesures incitatives et d’accompagnement vis-à-vis des professionnels libéraux

Malgré tout, l’accessibilité aux soins est loin d’être généralisée et, pour y parvenir, Cécile Courrèges, directrice générale de l’agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, conseille de mettre en place des mesures incitatives et d’accompagnement vis-à-vis des professionnels libéraux qui jouissent de la liberté d’installation.

Trois acteurs doivent selon elle conjuguer leurs actions : les professionnels de santé libéraux en tant que porteurs d’actions, les pouvoirs publics comme accompagnateurs des projets et enfin, les collectivités territoriales qui doivent travailler à l’attractivité de leur territoire.

« Les élus peuvent aussi aider à faire venir les stagiaires en organisant leur hébergement ou en facilitant leur transport », a-t-elle indiqué. Car c’est en faisant des stages en libéral et en milieu rural qu’ils vont découvrir des territoires où ils pourraient penser à s’installer.

L’APVF défend enfin la création de « territoires prioritaires de santé »

L’Association des petites villes de France (APVF) encourage d’ailleurs à une réforme de la formation des médecins considérée comme trop hospitalo-centrée. Un point de vue partagé par le Dr Patrick Romestaing, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) qui estime essentiel de sortir les étudiants de leur stage en CHU pour leur permettre de les faire en médecine de ville et dans les territoires ruraux.

L’APVF est également favorable à une régionalisation du numerus clausus et « à une régulation à l’installation », a rappelé Xavier Nicolas, maire de Senonches et membre du bureau de l’APVF. Mais attention, l’objectif n’est pas d’imposer une installation dans une ville précise, mais de faire en sorte que les médecins puissent s’installer uniquement dans un territoire désertifié en offre médicale.

L’APVF défend enfin la création de « territoires prioritaires de santé », qui bénéficieraient de mesures incitatives pour l’installation des médecins et d’un soutien au financement de certaines activités ou à l’implantation de certaines structures, tels que des centres de santé.

GHT : le plus dur commence maintenant

La proximité des soins, c’est aussi les hôpitaux locaux qui font aujourd’hui partie des groupements hospitaliers de territoires (GHT). « De nombreux hôpitaux de proximité, malgré les avancées tarifaires, peuvent avoir des difficultés à remplir leur fonction. Les petits hôpitaux vont donc se faire aider par les grands dans le cadre des GHT », a pointé du doigt Anne-Marie Armanteras-de Saxcé, à la tête de la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Depuis le 1er juillet, le périmètre des GHT est arrêté et « le plus dur commence maintenant car ils ont un an pour concevoir les projets médicaux de territoire », a estimé Frédéric Valletoux, maire de Fontainebleau et président nouvellement réélu de la Fédération hospitalière de France (FHF).

Ces projets vont organiser les coopérations entre les établissements sur la prise en charge graduée des patients et devraient déboucher sur l’écriture de coopération avec le monde libéral. « Pour avoir des médecins libéraux, il faut une structure hospitalière à proximité qui permette de prendre en charge le patient dans toute sa globalité. Il ne faut pas tomber dans l’écueil de la logique comptable », a soutenu Nathalie Nieson, députée de la Drôme, maire de Bourg-de-Péage et présidente de la commission Santé et offre de soins de l’APVF.

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