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Emploi | 14/10/2016
La Cour des comptes plaide pour le décloisonnement des acteurs pour mieux accompagner les jeunes
par Nathalie Levray
jeune-recherche_emploi-UNE © Gpointstudio-Fotolia.com

La Cour des comptes a rendu public le 5 octobre un rapport sur les difficultés d’accès à l’emploi des jeunes. Malgré les presque 19 milliards d’euros dépensés en aides diverses, le résultat est décevant. Pour pallier ces insuffisances, la cour recommande de moins recourir aux contrats aidés, de rediriger partie de leurs financements vers la Garantie Jeune, les dispositifs de deuxième chance et les formations en alternance. Elle soutient la création d’une instance partenariale unique pour mettre en œuvre un accompagnement contractualisé et personnalisé. Un premier pas vers une vraie politique de la jeunesse ?

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Dispositifs d’insertion : emploi d’avenir, contrat de génération, garantie jeunes

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Taux de chômage (23,7 %) deux fois plus élevé que pour les autres catégories de la population, accès à un contrat de travail à durée indéterminée à l’âge moyen de 27 ans, les 16-30 ans ont visiblement un problème avec l’emploi.

La Cour des comptes s’est penchée sur leurs difficultés et a diffusé le 5 octobre 2016 un rapport et sept cahiers territoriaux sur le thème « Construire des parcours, adapter les aides ».

Trois handicaps spécifiques

Les « caractéristiques structurelles du marché de l’emploi français » impactent l’accès à l’emploi des jeunes. Mais les 16-30 ans sont aussi victimes, selon le rapport, de trois handicaps spécifiques : l’insuffisance de la formation initiale, son inadéquation aux besoins des entreprises et l’absence de contact préalable suffisant avec le monde du travail.

Handicaps renforcés en cas d’absence de qualification, d’origine immigrée ou de résidence dans les territoires urbains et ruraux les plus défavorisés.

Une facture à 19 milliards d’euros

Pour lever ces obstacles, les pouvoirs publics misent gros. La facture de l’État, des collectivités et des opérateurs publics pour l’emploi s’élève à 10,5 milliards d’euros (57 % pour l’apprentissage, 19 % pour les contrats aidés, 14 % pour l’accompagnement et 10 % pour la formation professionnelle continue), auxquels il faut ajouter 8,4 milliards d’euros d’allégements de cotisations sociales.

Le gouvernement prévoit d’actionner trois leviers : une aide financière aux entreprises (en 2014, 79 % des salaires des 16-29 ans sont subventionnés), un accompagnement particulier des jeunes par le service public de l’emploi (831 805 à Pôle Emploi et 419 925 en mission locale), un accès facilité à des formations.

La garantie jeune et le contrat d’avenir ont notamment complété les mesures existantes en 2012 (contrat aidé CUI-CIE pour le secteur marchand, CUI-CAE pour le non marchand, école de la 2e chance, établissement public d’insertion de la défense (Epide), etc.).

Moins recourir aux contrats aidés

Malgré ces moyens, les résultats restent « décevants » : public mal ciblé, gamme trop large, sélectivité des aides insuffisante, faiblesse de l’accompagnement et suivi peu effectif, débouché limité sur un emploi ou une formation, formation trop scolaire.

Pour pallier ces insuffisances, le rapport recommande de moins recourir aux contrats aidés, de rediriger partie de leurs financements vers la garantie jeune, les dispositifs de deuxième chance et les formations en alternance, « les plus efficaces pour l’accès à un emploi durable », et de refonder l’organisation des acteurs territoriaux en une « instance partenariale unique » à compétences élargies sur le bassin d’emploi, « échelon de proximité le plus opérationnel ».

S’intéresser au jeune dans sa globalité

Si le rapport revient sur le travail de Pôle Emploi et des missions locales, il retient aussi les inégalités croissantes, géographiques et sociales, auxquelles sont confrontés les jeunes. Pour y répondre et au-delà de ses préconisations, la Cour des comptes met en avant une logique de parcours du jeune. Il focalise l’accompagnement contractualisé et personnalisé, doté de moyens, qui s’intéresse au jeune dans sa globalité, et plaide pour le décloisonnement des acteurs pour mieux l’accompagner.

L’objectif est ici l’insertion dans la société, or la notion de parcours n’est efficace que si elle est holistique. Le parcours emploi/formation préconisé dans le rapport doit donc s’élargir aux questions de logement, de santé et de mobilité sociale et cela s’appelle une politique de la jeunesse. La reconnaissance du droit à la garantie jeunes par la loi Travail en marque peut-être le début.

Le Conseil d’orientation pour les politiques de la jeunesse dont l’installation doit intervenir en novembre pourvoira peut-être à la construire plus avant.

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