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[Vu d’ailleurs] Pauvreté | 21/10/2016
Pour se relever, la Grèce mise sur la santé
par Sophie Le Gall
santé-soins-Grèce-UNE © Niyazz-Fotolia.com

Toujours confrontés à des mesures d’austérité qui ont, entre autres conséquences, lourdement impacté leur système de santé, les Grecs tentent néanmoins de restaurer l’accès aux soins pour tous.

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Pauvreté, l’état d’urgence sociale

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Aujourd’hui, les Grecs sont les plus pauvres de la zone euro (devant l’Espagne, puis ­l’Italie), avec une hausse des situations d’extrême pauvreté.

Environ un tiers de la population vit avec moins de 60 % du revenu médian (1). Ce pourcentage a augmenté de façon constante depuis 2010, les revenus des ménages ayant baissé, en moyenne, d’environ un quart.

Couverture médicale et soins gratuits

Le plan conçu par le gouvernement d’Alexis Tsipras, dit « parallèle » car en décalage avec les exigences des créanciers, se concentre sur le domaine de la santé.

Les Grecs sans sécurité sociale, soit principalement les chômeurs qui ne sont plus indemnisés, devraient pouvoir disposer prochainement d’une couverture médicale.

Par ailleurs, le plan prévoit des soins gratuits en faveur des populations vulnérables, comme les enfants ou les personnes handicapées, la réorganisation du service public de la santé et la production locale de médicaments génériques (le pays importe la quasi-totalité de ses besoins).

Le gouvernement s’est aussi engagé à créer des centres sociaux locaux destinés aux plus pauvres.

Dans le même temps, la Grèce a entrepris de lutter contre la corruption dans l’objectif d’augmenter les recettes publiques.

Hôpitaux sous pression

Pour garantir l’accès aux soins pour tous, la Grèce devra à la fois tenir tête aux directives européennes, trouver les moyens financiers nécessaires et réparer un système de santé grandement fragilisé.

Les malades qui pourront à nouveau se présenter dans les hôpitaux publics ne sont pas certains d’y trouver des spécialistes.

Depuis le début de la crise, 400 000 Grecs ont émigré, principalement des diplômés de l’enseignement supérieur. Et en raison de la fermeture de nombreux centres de santé primaire, les hôpitaux sont déjà sous pression.

Le tableau de l’évolution des dépenses publiques entre 2009 et 2013 est édifiant : les dépenses de santé publique ont baissé de 42 % et celles pour lutter contre l’exclusion sociale de 81 %.

La longue crise que traverse le pays se lit dans son bilan de santé avec une hausse des taux de suicide, de dépression ou encore d’automédication.

Cliniques sociales

En parallèle de ce plan gouvernemental, les Grecs ont développé de nombreuses actions de solidarité citoyennes, par exemple de l’aide alimentaire.

Également, des dizaines de « cliniques sociales » ont vu le jour, gérées par des bénévoles et des communautés religieuses et équipées grâce à des dons privés, grecs comme étrangers.

On retrouve cette même solidarité dans l’accueil des réfugiés, qui traversent la Méditerranée et font étape sur les îles grecques.

© Médecins du Monde/Nicolas MoulardNathalie Simonnot, directrice adjointe du réseau international de Médecins du monde

« Les Grecs doivent reprendre confiance dans leur système de soins »

« Ces dernières années, la présence de Médecins du monde n’a cessé de se développer en Grèce car les besoins n’ont cessé de croître. En plus de notre offre traditionnelle de soins, nous avons ouvert des centres d’hébergement ou encore déployé des équipes mobiles, qui interviennent dans les villages isolés et dépourvus de personnels soignants.
D’un pays en  »bonne santé », la Grèce a dégringolé et est devenue un pays où les plus fragiles ont été privés de soins, notamment à cause de la fermeture de nombreux centres de santé. Par exemple, la couverture vaccinale des enfants a régressé. Également, on ne compte plus les médecins grecs partis travailler à l’étranger.
Il faut savoir que, en Grèce, leur salaire moyen est de 1 300 euros. Nous avons nous-mêmes du mal à recruter localement.
Néanmoins, depuis environ un an, on ressent les effets de l’effort de réorganisation du système de soins, initié par le gouvernement. Par exemple, sur le prix des médicaments, désormais plus accessibles ».

Note (01)

Rapporté à un revenu médian bien plus bas qu’en France. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 11 millions d’habitants.
  • Revenu médian : la Grèce fait partie des pays du sud de l’Europe où ce seuil est le plus bas, soit 497 euros (478 euros au Portugal), contre 935 euros en France et 1 286 en Norvège.
  • Pauvreté des enfants : 40 % des enfants grecs vivent dans des ménages sous le seuil de pauvreté, taux le plus haut parmi les pays les plus développés (source : Unicef, 2015).

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