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Exclusion | 27/10/2016

Mal connus, les accueils de jour peinent à trouver leur financement

par Eric Larpin
SDF-Pauvreté-UNE © Pixarno-Fotolia.com

Avec l’augmentation du nombre de personnes dans la rue, les accueils de jour voient leurs missions se multiplier. Mais les budgets alloués à l’exclusion n’arrivent pas à rattraper la montée de la grande précarité. Le colloque organisé par la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale et la Fondation Abbé-Pierre sur le thème « Exclusion, pauvreté, invisibilité, quels défis pour les accueils de jour « a montré que ces lieux « derniers endroits où l’on va, lorsqu’on n’a plus d’endroit où aller » selon les mots de Ségolène Neuville, étaient paradoxalement mal connus. Le fonds supplémentaire pour l’insertion et le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi associatif pourraient donner un coup de pouce pour renforcer leur action.

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Cette année, la Journée mondiale du refus de la misère et la Semaine des solidarités, qui y est associée en France, ont jeté un éclairage particulier sur les accueils de jour, « ces derniers endroits où l’on va, lorsqu’on n’a plus d’endroit où aller », comme l’a joliment dit Ségolène Neuville, secrétaire d’État en charge des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion. Elle était présente ce jeudi 20 octobre au colloque organisé à Paris par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars) et la Fondation Abbé-Pierre sur le thème : exclusion, pauvreté, invisibilité, quels défis pour les accueils de jour ?

Augmentation du nombre de sans-domicile fixe

Si la ministre a souligné que les crédits octroyés aux points d’accueil de jour avaient largement augmenté en cinq ans, passant de 25 à 42 millions d’euros, les responsables associatifs présents n’ont pu que faire le constat de l’insuffisance des subventions. La raison ? Les budgets alloués à l’exclusion n’arrivent pas à rattraper la montée de la grande précarité.

« En dix ans, le nombre de sans-domicile fixe a plus que doublé. Pour les aider, les accueils de jour sont en première ligne », a rappelé Dominique Jeanningros, vice-président de la Fondation Abbé-Pierre.

Points d’accueil de jour en France

Si les accueils de jour sont encore mal soutenus par l’État et les collectivités locales, c’est peut-être aussi parce qu’ils ne sont pas connus.

La première surprise de l’enquête dévoilée lors de cette journée, c’est en effet que l’on ne sait pas combien il y a de points d’accueil de jour en France…

« Et pourtant, ils remplissent des missions essentielles. Du premier accueil à l’accès à des activités de loisirs, en passant par les services de base (douches, repas, accès aux soins, orientation vers l’hébergement, etc.).

Entre 2015 et 2016, le nombre de personnes accueillies dans les 136 structures qui ont répondu à l’enquête a augmenté de 70 % », détaille Sami Chayata, chargé de mission à la Fnars. Ce sont en grande majorité des personnes isolées, et pour beaucoup des « sans-papiers ».

Plusieurs pistes nouvelles de financement

Qu’ils s’appellent Boutiques solidarité dans le réseau de la Fondation Abbé-Pierre, Accueil solidaire et social ou Haltes-refuges dans le réseau de la Fnars, les accueils de jour sont pour l’immense majorité gérés par des associations, accueillis par des travailleurs sociaux et/ou des bénévoles. Comme l’État participe au financement de la quasi-totalité des accueils de jour, Ségolène Neuville a évoqué deux pistes nouvelles de financement : le fonds supplémentaire pour l’insertion actuellement en discussion dans le projet de loi de finances 2017, mais surtout le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) pour les associations, annoncé récemment et qui pourrait donner un coup de pouce aux accueils de jour qui emploient des salariés.

La participation des accueillis revêt des formes étonnantes

La participation des usagers à l’accueil de jour a également été au centre des débats.

À Marseille, la Boutique solidarité propose aux personnes accueillies de devenir elles-mêmes bénévoles pour quelques semaines ou plus longtemps. Aujourd’hui, sur trente-cinq bénévoles, trente sont des personnes accueillies.

À Lille, la participation des usagers a pris une forme étonnante : des personnes accueillies ont participé à la création d’un module de formation pour de futurs éducateurs sociaux de l’institut régional du travail social (IRTS). Les personnes accueillies ont même eu un contrat de travail de formateur.

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