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Responsabilité sociétale de l'entreprise | 07/11/2016
La nouvelle dynamique RSE fait sens à l’Ehpad Massy-Vilmorin
par Nathalie Levray
MAISON DE RETRAITE-SOINS-ESSMS-EHPAD © Fotolia-Peter Atkins

À l’Ehpad Massy-Vilmorin, le développement durable s’appuie sur des initiatives modestes qui sensibilisent. À la clé, un décloisonnement des métiers et la solidarité renforcée des équipes.

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Développement durable : un levier de performance

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« Un pur hasard », pour Valérie Eymet, la directrice de l’Ehpad situé à Massy (Essonne) (1), si elle a lancé une démarche de responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) avec sa cadre de santé, dans le cadre de la recherche-action Add’Âge (2).

« Nous étions intéressées par le volet social et l’amélioration des conditions de travail », précise-t-elle. Mais elles se sont vite rendu compte que la RSE allait beaucoup plus loin et couvrait tous les champs de leur activité.

Le projet s’appuie d’abord sur des initiatives modestes qui sensibilisent. Le tableau « je donne/je vends/je cherche » rencontre un véritable succès. « La bourse d’échange a ouvert un dialogue entre les gens, en donnant une deuxième vie aux objets et en répondant aux besoins de salariés qui perçoivent de petits salaires ».

Un turn-over de 20 à 6 %

Outre le « décloisonnement des métiers et la solidarité renforcée des équipes », Valérie Eymet parle d’un « état d’esprit complètement changé ». Naissent des actions spontanées (covoiturage, participation à la course La ­Parisienne, etc.) et des projets professionnels favorisant le bien-être au travail (posture, thérapies non médicamenteuses, etc.).

En deux ans, le turn-over passe de 20 à 6 %. « La nouvelle dynamique RSE fait sens », constate la directrice. L’équipe est engagée avec « moins de hiérarchie dans les relations » aux côtés des résidents, des familles, des fournisseurs et des sous-traitants, ainsi que des propriétaires de l’établissement. La volonté d’inscrire le fonctionnement dans la durée figure désormais dans le livret d’accueil.

« C’est devenu tellement naturel aujourd’hui qu’on ne parle plus de développement durable mais de thématique précise » : la nocivité des produits d’entretien, bientôt remplacés par du vinaigre blanc après un travail avec l’infirmier hygiéniste, les perturbateurs endocriniens, le traitement des déchets. « Un gros boulot, loin d’être fini », selon Valérie Eymet.

Une réflexion sur les déchets à risques infectieux (Dasri) est d’abord menée avec les personnels concernés. Une bonne moitié des Dasri rejoint la poubelle « normale » et la société spécialisée ne passe plus qu’une fois par mois au lieu de quatre. Un coût réduit pour l’établissement.

Autonomie des résidents

Les protections urinaires (plus de 107 000/an) sont un autre point noir en matière de déchets. Elles sont livrées en carton, sans filière de recyclage, et pèsent lourd dans le budget quand la taxe sur les ordures ménagères est calculée au poids ramassé. L’établissement entame un travail sur l’autonomie des résidents et met en place leur accompagnement aux toilettes par les salariés.

Le taux de personnes incontinentes chute à 71 % en 2014 (88 % en 2010) et 10 000 euros/an sont économisés et réinvestis dans une protection mieux adaptée. Quant aux cartons d’emballage, ils sont repris par une association locale d’insertion qui les recycle.

« Les indicateurs doivent être fiables et vérifiables » – Valérie Eymet, directrice de la résidence Massy-Vilmorin

« La RSE a totalement changé notre méthode de réflexion. Chaque décision intègre les différentes parties prenantes. Les contrats avec nos prestataires incluent des critères nouveaux. En restauration, nous imposons une part de produits locaux et de saison ainsi que la possibilité de servir des repas chauds et complets et des collations à toute heure du jour et de la nuit sans surcoût. Cette réflexion globale a amélioré le plaisir de manger et la qualité de vie des personnes âgées. La consommation de compléments alimentaires a baissé de 20 000 euros/an, les quantités jetées ont diminué et deux fois plus de salariés déjeunent à la cantine. L’écueil reste la vérification des engagements. Il faut à tout prix éviter un effet d’affichage qui nuit à la démarche et à la crédibilité. Les indicateurs prévus dans les cahiers des charges doivent être fiables et vérifiables. Nous les élaborons avec les résidents, les familles et les salariés : nous devons leur prouver que le fournisseur répond bien à leur demande. »

Note (01)

Contact : 01 69 93 12 00 - Retourner au texte

Note (02)

Add’Âge est une recherche-action sur la responsabilité sociétale des établissements et services pour les personnes âgées, menée entre 2013 et 2015, et soutenue par la CNSA et l’AGIRC-ARRCO. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 84 chambres individuelles, 6 studios pour personnes autonomes, 14 places en unité de vie protégée, 10 places en accueil de jour et 14 en Pasa pour la résidence Massy-Vilmorin, un établissement privé de l’Essonne.
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