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Management | 07/11/2016
En Dordogne, le développement durable s’appuie sur le management participatif
par Nathalie Levray
tri déchets-compost-développement durable © Patryssia-Fotolia

La clinique Pierre-de-Brantôme, en Dordogne, a construit avec ses salariés et le syndicat mixte des ordures ménagères une stratégie peu coûteuse pour gérer et réduire ses déchets.

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Développement durable : un levier de performance

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« Désignée pilote volontaire en 2013 dans le cadre de la certification HAS », Delphine Fremont, adjointe de direction à la clinique Pierre-de-Brantôme (1), parle aujourd’hui de « philosophie du développement durable ».

Si l’appartenance de la clinique à un groupe soucieux de sa responsabilité sociale et environnementale est un « levier pour la mise en œuvre du développement durable », elle est insuffisante pour insuffler sur le long terme l’énergie à la direction et au personnel de l’établissement. Désireuse de tenir la distance, l’adjointe travaille à la méthodologie (diagnostic, gouvernance, partenariat, suivi) pour définir une stratégie intégrant les trois axes du développement durable. Un questionnaire est notamment élaboré à destination des salariés. « Nous voulions nous rendre compte de ce qu’était le développement durable pour eux, si cela leur paraissait important, dans quelle mesure ils le reliaient aux soins et comment ils voulaient agir ».

51 % de volontaires

Le résultat est parlant : neuf salariés sur dix répondent et 100 % des répondants pensent que « la mise en place d’actions autour du développement durable est pertinente pour la structure ». Si le volet social intéresse, il est détrôné par le volet environnemental.

Plus de la moitié des personnes (51,6 %) se porte volontaire pour participer au groupe de travail sur la réduction des déchets. Cet intérêt est partagé par la direction alors qu’une rencontre avec le président du syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères (SMCTOM) local apprend à Delphine Fremont qu’une partie de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom) sera calculée sur le poids réel des poubelles. Concrètement, si rien n’est fait, la taxe serait passée de 1 301 euros à 8 050 euros/an (+ 618 %) sur la base des déchets produits en 2014.

Fidèle à sa méthodologie de participation des personnels, Delphine Fremont recueille les avis, les propositions d’amélioration et les demandes des salariés : « leur implication pour décider des mesures à adopter sur les thématiques dégagées ensemble est un gage de réussite ». Parallèlement, un bilan sur les déchets produits par les activités de l’établissement est mené ainsi qu’un audit du service restauration.

Investissement minime

Un partenariat est signé avec le SMCTOM et la dynamique se crée autour d’actions simples : compostage des déchets organiques, poubelles de tri systématisées, affichage des règles de tri, diminution du gaspillage alimentaire, réduction des emballages. « Avec un investissement minime pour quatre poubelles de tri supplémentaires, nous visons un tiers de déchets en moins et deux fois plus de déchets recyclables ». Le personnel sera formé par le SMCTOM et une unité de compostage sera construite « en dur » et financée à 70 % par le SMCTOM, l’Ademe et le syndicat local pour le développement durable.

« Le volet social est primordial dans nos métiers où la qualité des soins dépend de la qualité de vie au travail » – Delphine Fremont, adjointe de direction, clinique Pierre-de-Brantôme

« La politique d’un établissement n’est menée avec succès qu’avec un personnel engagé : le management doit être participatif. Nous avons recherché une dynamique ludique et travaillé le contenu du questionnaire  »salariés » pour le rendre appropriable par tous en posant des questions simples sur le développement durable, les déchets, l’eau, l’énergie, etc. Avant diffusion, j’ai présenté la démarche aux personnels et je leur ai expliqué que j’avais besoin d’eux. Tous ont adhéré à la démarche. Le journal interne permet de communiquer et de maintenir notre effort. C’est valorisant de voir aboutir ses propositions. 41,90 % des salariés souhaitent travailler à l’amélioration des conditions de travail. Le volet social est primordial dans nos métiers où la qualité des soins dépend en grande partie de la qualité de vie au travail (QVT). Nous proposons déjà des séances de modelage sur place une fois par mois. La prochaine étape concernera ce sujet avec un questionnaire spécifique QVT. »

Note (01)

brantome@orpea.net - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 57 lits et 40 salariés à la clinique Pierre-de-Brantôme, centre de soins de suite et de réadaptation polyvalent appartenant au groupe privé Orpea/Clinea qui compte 58 334 lits sur 600 sites répartis dans 8 pays, et plus de 38 000 collaborateurs.
  • 46 tonnes 800 de déchets assimilés ordures ménagères (Daom) produits en 2014, une production inférieure de 11 % à la moyenne nationale. Objectif : 31 tonnes de Daom dont 14 tonnes recyclables.

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