La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Inclusion | 25/11/2016
Saint-Brieuc offre aux SDF une alternative à la manche
par Eric Larpin
nettoyage marché-UNE © Josfor-Fotolia

Saint-Brieuc développe avec les publics en errance une expérience de travail payé à la journée. En partant de l’expression de leurs besoins pour offrir des solutions adaptées…

Email Email

Cet article fait partie du dossier:

Pauvreté, l’état d’urgence sociale

voir le sommaire

Depuis juin 2016, le nettoyage du marché de Saint-Brieuc et des rues avoisinantes est assuré tous les mercredis, en coopération avec les services techniques, par un groupe d’une dizaine de jeunes sans domicile fixe. À l’issue de leurs deux heures de travail, ils reçoivent un salaire en espèces, des mains de leur employeur, l’association intermédiaire Armor Emploi, mandatée par la mairie locale (1).

Créer le déclic chez les sans-abri

« Comme dans beaucoup de villes moyennes, on assiste à une augmentation des publics en errance. Les travailleurs sociaux, qui sont en lien avec eux, peuvent leur trouver des solutions d’hébergement temporaire ou d’accueil de jour, mais pas de solutions définitives de logement et d’emploi », explique Jocelyne Chauwin (2), directrice générale adjointe (DGA) à la cohésion sociale et à la citoyenneté de la mairie de Saint-Brieuc.

La mairie a alors entamé une réflexion à partir de l’expérience de travail alternatif payé à la journée (Tapaj), une idée venue du Québec et qui a essaimé en France il y a deux ans, mais qu’elle a voulu adapter à la situation locale.

« Notre idée était de construire simplement et efficacement un nouveau mode d’action avec tous les partenaires locaux, en lien avec les jeunes SDF, et avec les usagers eux-mêmes », poursuit la DGA. « On voulait créer un déclic chez eux, sans les forcer à pointer dans une entreprise. On leur a demandé : si on vous propose du travail, qu’est-ce que vous faites ? »

La mairie a mis les encadrants de ses services de nettoyage à disposition, en les formant à l’accueil des jeunes. L’agglomération de Saint-Brieuc a participé au montage financier. Le Trait d’union, centre d’accueil pour les jeunes, a noué le premier contact et a fait cette proposition de travail à dix-neuf jeunes en juin dernier et dix-sept ont accepté de démarrer le nettoyage du marché.

Salariés de droit commun

Pièce importante du dispositif, l’association intermédiaire briochine Armor Emploi rémunère les jeunes, inscrits dans leur structure. « Nous leur établissons un contrat de travail en bonne et due forme. Ils ont une fiche de paie à la fin du mois et sont donc considérés comme des salariés de droit commun. Ce sont des personnes que nous n’avions pas l’habitude de rencontrer. Aujourd’hui, ils nous identifient. Certains se sont inscrits chez nous pour remplir d’autres missions que le nettoyage ou pour partir en formation. Ça peut être le début d’un nouveau parcours pour eux », précise Christelle Chapelain, directrice d’Armor emploi.

L’expérimentation arrive déjà à son terme cet automne. Si les partenaires sont plutôt satisfaits du démarrage et pensent prolonger l’initiative, ils s’interrogent pour savoir comment toucher les publics encore plus isolés, ceux qui ne sont même pas repérés par les travailleurs sociaux. À l’image de l’expérience qui vient d’être lancée à Brest, avec la création d’une halte-camion pour les chiens des SDF qui peuvent, pendant ce temps, travailler ou effectuer leurs démarches administratives.

« La collectivité n’a pas voulu apporter une solution toute faite » – Jocelyne Chauwin, directrice générale adjointe à la cohésion sociale et à la citoyenneté de la mairie de Saint-Brieuc

« Dans cette expérimentation, tout le monde se retrouve au même niveau. La collectivité n’a pas voulu apporter une solution toute faite. Dès les premières réunions, il devait d’abord y avoir une écoute mutuelle. Nous avons mis sur la table l’expérience québécoise en l’adaptant à notre territoire. Les acteurs institutionnels ne sont pas habitués à discuter avec les publics en errance. Les uns et les autres ont fait un pas de côté et nous nous sommes écoutés. Les services techniques de la propreté se sont mobilisés pour créer un parcours adapté aux jeunes en errance et ont mis en place un tutorat. Ce qui était important aussi pour eux, c’est que ces jeunes marginaux travaillent à leurs côtés et qu’il n’y ait pas de risque de substitution à leurs propres emplois. »

Note (01)

Partenaires : mairie de Saint-Brieuc (services techniques municipaux), Saint-Brieuc Agglo, Armor emploi, le Trait d’union. - Retourner au texte

Note (02)

Contact : chauwin@mairie-saint-brieuc.fr - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 17 personnes concernées.
  • 10 euros de l'heure.
  • 3 000 euros, c'est le budget alloué par Saint-Brieuc Agglomération.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>