La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Petite enfance | 09/12/2016

La crèche répond mieux aux besoins des familles monoparentales

par Michèle Foin
crèche-enfant-garde-UNE © RioPatuca_Images-Fotolia

Le 6 décembre 2016, l’Observatoire national de la petite enfance présentait le rapport 2016 de l’accueil du jeune enfant. Un chapitre entier est consacré aux usages des familles monoparentales dans lesquelles vivent 12% des enfants de moins de 3 ans. Des conclusions éloquentes sur les besoins des mères seules.

Si l’Observatoire national de la petite enfance a choisi la crèche Bellevue, un établissement du groupe SOS qui s’est fortement engagé dans l’insertion professionnelle et l’accueil des familles monoparentales pour présenter son 11e rapport annuel sur l’accueil de la petite enfance, ce n’est pas un hasard. « Nous devons parler d’une politique des familles et non de la famille » a insisté Daniel Lenoir, directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), le 6 décembre 2016.

12 % des enfants de moins de 3 ans vivent dans une famille monoparentale

De fait, c’est sur le recours aux modes d’accueil des mères seules que l’Observatoire a décidé de faire un focus particulier cette année. Selon l’enquête « Modes de garde et d’accueil des jeunes enfants de 2013″, 12 % des enfants de moins de 3 ans vivent dans une famille monoparentale, à 96 % avec leur mère.

L’Observatoire s’est penché sur un échantillon de 400 de ces familles avec au moins un enfant de moins de 3 ans pour analyser leur usage des modes d’accueil. Les pères étant trop faiblement représentés, le choix a été fait de restreindre l’analyse aux mères seules.

De plus faibles ressources et des conditions de travail plus précaires

Les mères seules ont moins souvent recours aux modes d’accueil payants (établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE), assistantes maternelles, gardes à domicile) que les mères vivant en couple : 41 % des enfants de mères seules actives fréquentent au moins une fois un mode d’accueil payant dans la semaine, contre 55 % des enfants dont les parents vivent en couple. Ils sont en revanche plus souvent accueillis par leurs grands parents ou d’autres membres de la famille (27 % contre 20 % pour les parents vivant en couple).

Une tendance qui s’explique par de plus faibles ressources et des conditions de travail plus précaires. Les mères seules sont en effet moins diplômées que les autres : 17 % ont un diplôme de niveau Bac + 2 ou supérieur contre 50 % des mères en couple. Elles sont aussi plus souvent au chômage (31 % contre 12 %).

Le niveau de vie médian de ces enfants est plus faible

Lorsqu’elles travaillent, elles ont plus souvent que les autres mères des conditions de travail précaires (agences d’intérim, emplois aidés…). 12 % travaillent à temps partiel pour moins d’un mi-temps, contre 8 % des mères en couple qui sont en emploi. Elles travaillent plus souvent le week-end et sur des horaires changeants.

Leur niveau de vie est donc plus faible que les autres en moyenne. 55 % des familles monoparentales avec un jeune enfant font partie des 20 % des ménages avec enfant de moins de 3 ans les plus modestes, contre 15 % des couples. Le niveau de vie médian de ces enfants est plus faible que celui des enfants vivant avec deux adultes : 14 620 euros contre 21 890 euros par an.

Les mères seules en emploi font garder leur enfant un peu plus longtemps que les couples qui travaillent

L’accueil en crèche leur est davantage accessible financièrement. De fait, 27 % des enfants de mère seule fréquentent au moins un fois dans la semaine un mode d’accueil collectif contre 22 % des enfants de parents vivant en couple. Lorsqu’ un territoire offre majoritairement un accueil individuel, les mères seules ont donc moins recours à un mode d’accueil payant.

Les mères seules en emploi font garder leur enfant un peu plus longtemps que les couples qui travaillent : 57 % de ces enfants sont accueillis plus de 35 heures par semaine, contre 52 % des enfants de couples dont les deux parents travaillent. Ce qui peut s’expliquer par un relais moins fréquent avec le père. En effet, 61 % des enfants de couples qui travaillent passent un moment seuls avec leur père, ce qui n’est le cas que de 16 % des mères seules en emploi. Car si les pères restent en contact avec leur enfant dans deux tiers des cas de séparation, ils participent peu à leur accueil en semaine.


Chiffres Clés

  • 800 000 naissances en 2015.
  • 2,3 millions : nombre d’enfants de moins de 3 ans au 1er janvier 2016.
  • Capacité d’accueil théorique en 2014 : 56,1 places pour 100 enfants de moins de 3 ans, dont 17 places en EAJE et 33,1 places chez les assistantes maternelles
  • 16 500 : c’est la diminution du nombre d’employeurs d’assistantes maternelles entre 2013 et 2015.
  • 37 000 : c’est la diminution du nombre de familles bénéficiaire d’un complément d’activité pour élever leur enfant entre 2014 et 2015.

Le contenu de cet article est temporairement déverrouillé

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>