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[Tribune] Inclusion sociale | 03/01/2017
Que faire maintenant dans les quartiers en difficulté ? – Carole Dane
par Auteur Associé
banlieue-UNE © Eugenio_Marongiu-Fotolia

En 2005, peu avant les révoltes des banlieues, j’avais rédigé un livre « Travailler avec les quartiers en difficulté ». Travail d’un professionnel, c’était aussi un cri de cœur après plusieurs années au Val Fourré (Mantes-la-Jolie). La politique de la ville avait produit, jusque-là, des résultats mitigés, et l’avenir de milliers de jeunes des « banlieues » paraissait toujours aussi problématique. Comme d’autres – hélas, trop souvent minoritaires – je pensais qu’il était possible d’œuvrer différemment et de manière beaucoup plus efficace.

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Les contrats de villes, comment en faire une solution pour renforcer la cohésion sociale dans les quartiers prioritaires

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Avons-nous été entendus ? Depuis dix ans, tant de propositions « passées à la trappe », et on sait que la rénovation physique des immeubles ne suffit pas pour créer une nouvelle dynamique territoriale. Toutefois, la conjoncture actuelle présente des opportunités avec des mobilisations autour de la citoyenneté et la mise en place des conseils citoyens. Certes, le terrorisme a trop frappé, mais il est bien connu que les pires crises peuvent faire émerger des pistes inédites.

Franco-Américaine, maintenant à la « retraite », je continue à suivre l’actualité et à travailler au Sénégal où je vis plusieurs mois dans l’année. Depuis le début de ma vie professionnelle, quand une équipe que j’ai dirigée a transformé un ghetto de la Nouvelle Orléans en trois ans, mes convictions n’ont cessé de s’affirmer, et je pense que des stratégies de développement local sont plus que jamais nécessaires pour faire face aux enjeux de la société actuelle. Toutefois, il faudrait jouer simultanément sur tous les leviers de changement, à tous les niveaux, comme je voudrais le montrer ci-après.

J’écris ici pour toute personne qui aujourd’hui demande « Que faut-il faire ? ». Il ne s’agit pas de détailler les points abordés, mais d’exposer quelques idées clés en espérant qu’elles trouvent des échos. On verra que je pense prioritairement à la jeunesse, pensant que les adolescents et jeunes adultes ont un rôle important à jouer au sein de la cité.

Apprendre d’ailleurs

Dans le contexte de la mondialisation, c’est étonnant qu’en France, la politique sociale et le travail social tiennent si peu compte de ce qui se fait de mieux dans d’autres pays. J’ai moi-même participé de 2006 à 2008 à un programme européen exemplaire autour de la transmission des méthodes du développement social local.

Aussi, on m’a offert, l’an dernier aux USA, un livre « Investing in What Works for America’s Communities » (Investir pour ce qui marche dans les quartiers américains), évoquant l’historique et l’actualité du développement local à travers le pays, ouvrage financé en partie par la Banque de la Réserve Fédérale de San Francisco (1) ! C’est que les banques aux USA, souvent cibles de mobilisations protestataires, sont parfois partenaires actifs dans les processus de développement, incitées notamment par des avantages fiscaux qui favorisent l’accès des habitants au crédit et encouragent l’investissement dans les quartiers où ces banques sont implantées.

S’agissant de méthodologie, ma formation américaine en travail social m’a offert un socle à partir duquel il était facile d’exercer et d’innover avec confiance. Le cursus, de niveau maîtrise, a duré pendant deux ans sous supervision intensive, en grande partie sur le terrain, et ma formation en travail avec les groupes était indispensable pour le développement local, ne serait-ce que pour animer les démarches « participatives ».

Toutefois, la dimension internationale me rappelle presque quotidiennement les atouts de la France : un service public structuré et un système de protection sociale relativement étendu. La France, à mon sens, dispose d’une base solide pour réussir des projets de développement social local à condition d’impliquer davantage la société civile et les acteurs économiques.

Je regrette justement que nos décideurs politiques et administratifs, en comparaison avec bien d’autres pays, sous-estiment le rôle de la société civile comme « contre-pouvoir ». Car « contre » signifie autant « opposition » que « côte à côte », et les synergies entre les acteurs publics et privés sont à rechercher.

L’instauration des conseils citoyens dans les quartiers, prévue par la loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine de février 2014, va-t-elle donner une nouvelle impulsion au pouvoir d’agir de la société civile et à la place des habitants dans les processus décisionnels ? Rappelons le rapport au ministre de la Ville qui a préconisé « une réforme radicale de la politique de la ville » (2). Retenons ici l’usage du mot radical, et il est à noter que l’un des auteurs, Marie-Hélène Bacqué, sociologue, avait beaucoup enquêté dans ma ville natale de Boston aux USA.

D’une autre Amérique, celle du Sud, retenons une pratique collective, celle de la conscientisation qui fait découvrir et analyser une situation vécue afin de trouver les moyens pour la transformer. Le processus de conscientisation me semble d’autant plus pertinent qu’il vise à faire ressortir les enjeux essentiels.

Bien que je m’inspire de ce que j’ai connu ailleurs, je ne peux qu’insister sur l’importance de maintenir la qualité de ce qui marche en France tout en mettant en débat les changements possibles. D’ailleurs, c’est ce qui m’avait frappé en arrivant en France il y a 50 ans : l’intensité des débats autour des choix de société fondamentaux !

Choisir les mots et leurs sens

Ce qui m’amène à parler des mots, car il faut savoir de quoi on parle ! Sachant qu’aucun concept n’a de sens univoque, accepté par tous, et que des mots peuvent aiguiser ou apaiser les conflits. Nous l’avons déjà vu à propos du contre-pouvoir.

Poursuivons par le politique : j’entends ici par « le politique » tout ce qui se réfère à la conduite des affaires publiques et à l’organisation de la vie en société. Sans nier que « le » politique est influencé par « la » politique, la lutte pour le pouvoir et par les rapports de force en présence.

Le social étant indissociable du politique mais posant parfois plus de difficultés d’entendement, j’ai élaboré la définition suivante pour englober l’approche globale que je voulais mener sur le terrain : le développement social au niveau local se présente à la fois comme une finalité et comme un processus tendant à accroître la participation active des habitants dans la vie de la cité, à réduire les inégalités et à lutter contre les exclusions. A travers l’optimisation des ressources publiques et privées, humaines et matérielles, les approches favorisant le développement social prennent appui sur des orientations et politiques publiques, sur des interventions professionnelles et sur des projets impliquant des acteurs d’horizons divers. Le développement social contribue ainsi à une dynamique sur le territoire, contribuant à générer des revenus et faisant émerger des activités socialement utiles.

Une définition aussi large ouvre la voie à des réseaux et à des partenariats inédits, par exemple dans mon cas, avec la chambre de commerce dans le contexte des zones franches visant à inciter les entreprises à s’installer dans les quartiers difficiles. Sachant que les entreprises se préoccupent, entre autres, de leur environnement social… Cette définition rappelle également que la rénovation physique de certains immeubles ne suffit pas à créer une nouvelle dynamique territoriale.

Au regard de la conjoncture actuelle, de nombreux autres mots mériteraient qu’on s’y attarde. Par exemple, peut-on vraiment parler d’apartheid et de ghettos en France ? Personnellement, ces mots me font penser à l’histoire d’autres pays, et je choisis plutôt le mot relégation, titre du rapport de Jean-Marie Delarue, maître des Requêtes au Conseil d’État, en 1991.

Autre exemple, au lieu d’islam radical et d’antisémitisme, je préfère parler des extrémismes, terme qui pose moins de problèmes sémantiques et qui ne stigmatise pas tel ou tel groupe. De surcroît, le mot extrémisme est susceptible de recouvrir plusieurs phénomènes au-delà de ceux qui font l’une de l’actualité. Un de mes collègues sénégalais, expert de la lutte contre le terrorisme, introduit délibérément ce mot dans toutes ses interventions pédagogiques.

Que dire alors du mot communauté ? Aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, ce mot n’a rien de péjoratif et induit rarement l’idée de repli sur soi, voire de « communautarisme ». D’ailleurs, on peut définir, au sens large, les communautés comme des groupes sociaux qui partagent une histoire, un destin et/ou des territoires, etc. Certains collègues français voudraient s’appuyer sur des « communautés » comme des forces positives aux antipodes du « communautarisme » (3). Toutefois, vu les spécificités françaises, pour ne pas susciter des confusions, voire des résistances, je préfère éviter ce mot « communauté ».

Enfin, pour illustrer l’impact des mots, un ouvrier d’origine maghrébine m’avait abordée un jour, d’un ton un peu agressif, à la sortie d’une réunion de quartier, « vous, savez-vous ce que nous voulons ? » Instinctivement, j’ai répondu liberté, égalité, fraternité, et il m’a quitté avec un grand sourire satisfait.

Jouer avec finesse sur tous les leviers de changement

En tant qu’intervenante sociale et politologue, j’ai pu constater à quel point les différents registres et niveaux de gouvernance interfèrent. D’ailleurs, pour avancer, les stratégies descendants (« top down ») et ascendants (« bottom up ») peuvent se renforcer ; les réseaux d’acteurs peuvent être verticaux et horizontaux ; la communication peut circuler dans tous les sens. Ainsi, j’énonce à ma façon « penser et agir globalement et localement ».

Connaître les enjeux à différents niveaux permet d’appréhender au mieux le développement local. Il importe, par exemple, d’utiliser à bon escient les lois et les textes réglementaires ainsi que de connaître les lignes budgétaires françaises et européennes. Certes, on peut déplorer l’inflation des textes, mais trop souvent il existe des dispositifs sous-utilisés et même des fonds non consommés.

En Seine-Saint-Denis, je me suis appuyée sur une simple circulaire ministérielle relative aux impayés de loyer, pour aborder les droits et devoirs des locataires, puis pour élargir ensuite mon intervention en direction de l’éducation des enfants ! Cette action a permis que les interventions individuelles, familiales et collectives soient menées ensemble, et rappelle que les droits sociaux offrent une entrée en matière efficace pour instaurer des relations avec des personnes « en difficulté ».

À Mantes–la-Jolie, un projet médicament s’est montré particulièrement fédérateur : plusieurs groupes sociaux, y compris des associations constituées sur des bases ethniques, des groupes d’adultes et d’autres de jeunes, des classes d’enfants de l’Éducation nationale, des étudiants universitaires dans une filière cinéma… ont organisé diverses actions (théâtre, jeux, match de foot, dessins)… autour du thème du « bon usage du médicament ». Le tout s’est terminé par une « semaine du médicament » au cœur du quartier du Val Fourré. Environ 500 personnes ont participé aux activités ; environ 1500 personnes de toute la ville sont venues comme visiteurs à la grande semaine. Pour un coût dérisoire vu les résultats positifs.

En fait, le médicament, dans cet exemple, aurait pu être remplacé par une toute autre thématique car l’essentiel consistait à faire travailler les différents groupes ensemble et à faire éclore les capacités créatrices des participants. Ainsi, un autre projet de ce type a été mené autour de l’hygiène de vie, et au Sénégal nous sommes en train de créer un village écologique dont les activités (production de fromage et de lait, artisanat, tourisme équitable…) vont générer des revenus.

Dans le contexte actuel, on ne peut guère faire l’impasse de l’interculturel, sachant que chaque citoyen, quel que soit ses origines, a plusieurs références culturelles. Des maîtres mots de travail social ont ici toute leur importance : écoute, empathie, respect de la personne… Le travail social se déploie à travers des techniques qui, entre autres, favorisent l’expression et aident les bénéficiaires à clarifier leurs propres attitudes et valeurs. Dans cette optique, même des confrontations peuvent être considérées comme des opportunités pour entamer un dialogue authentique.

Par ailleurs, face aux crispations et aux durcissements au sein de la société, il est indispensable de reconnaître le fait religieux et d’en parler. Chef de service à Mantes-la-Jolie, il m’est arrivé, par exemple, de discuter quatre jours de suite (!) avec une jeune stagiaire qui devait accueillir du public, et qui a finalement échangé son voile contre un simple bandeau. L’objectif, pour moi, était de la faire réfléchir, mais moi aussi j’ai fini par beaucoup réfléchir, seule et avec elle, à propos de la laïcité en France !

Les Hommes ont, certes, des besoins matériels mais aussi des aspirations d’ordre spirituel que l’action publique ne peut ignorer.

Ne dit-on pas souvent, « il faudrait changer les mentalités » ? En fait, tout projet, quels que soient ses objectifs concrets, peut jouer un rôle pédagogique, promouvoir les échanges et favoriser la solidarité, même si ce mot semble avoir été entendu plus souvent il y a quinze, trente ans.

Reconnaître les forces des jeunes

Il y a quelques années, un titre dans la presse sociale m’avait marqué « Les jeunes, une ressource pour la politique de la ville ? » (4) Je m’étonnais que la question se pose, car les jeunes, avec leurs énergies et leurs espoirs, représentent pour moi une véritable force pour refuser l’injustice sociale et pour imaginer le futur.

Comment les jeunes, adolescents et jeunes adultes, peuvent-ils alors prendre toute leur place dans la vie de la cité ? Quel accompagnement des adultes ?

Comment prévenir la délinquance et, phénomène relativement récent, la « radicalisation »?

Le mot « prévention » est justement, à mes yeux, une des clés. J’ai moi-même travaillé autrefois en prévention spécialisée. Ce type d’intervention suppose le travail de rue dans les quartiers difficiles. Il faut être là où sont les jeunes, avec un sérieux travail relationnel susceptible de gagner leur confiance, de repérer le mal-être et de les faire cheminer, individuellement et en groupe, de manière constructive et responsable.

Pourquoi alors les fonds attribués à la prévention spécialisée diminuent-ils aujourd’hui ? Comment les sentiments d’insécurité des adultes renforcent des peurs face aux jeunes des quartiers et détournent les décideurs des pistes éducatives à portée de main ?

En fait, s’agissant des « jeunes en difficulté », non seulement ceux des quartiers, il importe de revenir à l’essentiel. De comprendre que les jeunes ont besoin de respect, de perspectives, de leurs propres espaces mais aussi de la présence d’adultes à leurs côtés pouvant leur servir d’exemple… Les jeunes sont en train de construire leur identité ; est-ce si surprenant qu’ils cherchent un idéal, qu’ils aient des rêves d’ailleurs, réels et symboliques, que certains rejettent radicalement leur environnement mais, hélas, fassent fausse route dans le processus ?

Pour une compréhension des situations vraiment dramatiques (5), il ne faudrait surtout pas négliger la dimension psychiatrique. J’ai moi-même suivi une formation de « médecine de l’adolescent » interprofessionnelle, et on pourrait faire davantage pour diffuser certaines notions clés auprès des parents et de tous les acteurs ayant un rôle éducatif. D’ailleurs, un des mes anciens professeurs organise prochainement un séminaire sur « Destructivité et exaltation », des mots qui parlent actuellement !

Mais revenons au quotidien : un jour, des jeunes m’ont dit « Il n’y a rien ici ». J’ai répondu « Mais il y a vous », et cela a été un déclic. Ils ont parlé avec enthousiasme d’un barbecue qu’ils avaient organisé entre eux pour arriver à l’idée d’organiser un barbecue pour tout le quartier. Un projet à coconstruire avec des éducateurs.

Encore une fois, il importe d’agir sur différents leviers, de promouvoir des approches globales. Cela veut dire : utiliser les dispositifs publics en matière de formation et d’emploi à bon escient, proposer aux jeunes des activités physiques et culturelles, les faire sortir de leurs quartiers… Quelle réussite à Mantes-la Jolie lorsque notre centre de ressources, avec des centaines de livres et revues, est devenu un lieu de rencontres entre jeunes et adultes de toute la ville !

Une attention particulière est à porter sur les rapports entre les jeunes et la police. À la Nouvelle Orléans, pour faire face aux phénomènes qui pouvaient être interprétés comme racistes (les jeunes étaient Noirs, les policiers Blancs), nous avons commencé par clarifier les rôles pour que tout le monde ait les mêmes repères claires : aux intervenants sociaux l’accompagnement social et juridique, à la police l’ordre public.

Mais nous ne couvrions aucun jeune ayant commis une infraction et surtout pas de « victimisation » ; tout jeune a sa part de responsabilité. Si un jeune était incarcéré, on l’accompagnait pendant sa détention et évidemment à sa sortie de prison (en Louisiane, la prison infâme d’Angola).

Un jeune repenti, qu’il revient d’Angola ou de Syrie, après les sanctions, doit pouvoir retrouver une place dans la vie de la cité.

Ce que nous avons réalisé avec la police à la Nouvelle Orléans a largement contribué à la transformation profonde et rapide d’un ghetto, un quartier relativement petit mais réellement dangereux. Si beaucoup défendent la « police de proximité », j’ai moi-même des réserves, mais cela dépend du contexte précis. D’ailleurs, il me paraît clair aujourd’hui, en France, que la société civile a un rôle à jouer, en lien avec la police, s’agissant de la sécurité des quartiers.

Toujours à la Nouvelle Orléans, une centaine de jeunes de ce quartier a créé, avec notre équipe, un club « Save OurSelves » (« SOS ») et adopté collectivement ses règles de fonctionnement. Un système de modification des comportements, avec des récompenses et des sanctions, décidé ensemble par l’équipe et les jeunes, a été particulièrement efficace pour faire évoluer les comportements, non seulement au sein du groupe mais surtout dans la rue.

Revenant en France, l’un des projets dont je suis la plus fière au Val Fourré à Mantes-la-Jolie était une série d’émissions sur la radio locale gérée par des élèves, accompagnés d’un professeur. « Bonne année, bonne santé » avons-nous souhaité aux auditeurs avec un Imam, un prêtre, une juive et un jeune éducateur musulman, lui-même du quartier !

Conclusion

Une société peut-elle résoudre des problèmes qu’elle a contribué à créer ? Le système économique peut-il être « réformé » afin de générer moins d’inégalités ?

L’idée de « mieux vivre et faire ensemble » est-elle réaliste vu les tensions qui caractérisent la vie en société et notamment celles apparues en France ces derniers temps ? Avec des actes parfois terrifiants…

L’action publique peut-elle espérer mieux que des « résultats mitigés » ?

Les réponses à de telles questions dépendent, in fine, de la philosophie de chacun et de ses choix concrets. Toutefois, on ne peut nier que les réalités des « quartiers difficiles », sont largement révélatrices du contexte global de la France et du monde.

Aujourd’hui, comme hier, de sérieuses propositions, que ce soit à caractère « macro » et/ou « micro », sont sur la table, et il faudrait tenter des approches diversifiées, voire inédites. Avec, comme condition sine qua non, sans facilités intellectuelles, le dialogue, la communication et la pédagogie…

Personnellement, j’ai toujours pensé avoir exprimé mes propres convictions à travers ma manière de travailler dans les « quartiers difficiles ». Mais j’ai aussi voulu œuvrer à d’autres niveaux, y compris national et international, et il me paraît absolument nécessaire, pour agir face au problème des réfugiés économiques, de fournir un plus grand effort d’aide au développement local en direction des pays du Sud, aide bien ciblée pour être efficace.

Bien qu’il existe différents niveaux de responsabilité, dès lors qu’on souhaite agir, chacun peut apporter sa touche là où il est. Aux États-Unis, on dit « you can make a difference » (que je traduis librement par le pouvoir d’agir de chacun). Mais il faudrait incontestablement des alliances, des coalitions et des volontés conjuguées, pour impulser de nouvelles constructions politiques, économiques et sociales afin de modifier radicalement la donne.

Devrons nous attendre que les évènements futurs nous forcent la main (6) ?

Note (01)

Federal Reserve Bank of San Francisco & Low Income Investment Fund, Investing in What Works for America’s Communities, 2012, 419 pp. Un des textes fédéraux les plus importants est le Community Reinvestment Act qui rend obligatoire l’investissement des banques dans les quartiers difficiles où elles sont implantées. Certains États comme le Massachusetts offrent, entre autres avantages, des crédits d’impôts aux entreprises et aux particuliers qui investissent dans des projets de développement social local. - Retourner au texte

Note (03)

Je pense notamment ici à une recherche action menée sur neuf sites à travers la France, dont le rapport final vient d’être rédigé : "Du pas de côté à l’engagement dans le développement communautaire, la prise en compte de la dimension communautaire dans les interventions sociales collectives", séminaire pour la promotion de l’intervention sociale communautaire (SPISC) et CNLAPS, juillet 2016. Cette recherche action a reçu un soutien du ministère de la Santé et des Solidarités et d’autres instances officielles. Cf. Dossier des Actualités sociales hebdomadaires, n° 2978 du 7 octobre 2016. - Retourner au texte

Note (04)

Actualités sociales hebdomadaires, 15 juillet 2005. - Retourner au texte

Note (05)

Il ne s’agit pas ici des jeunes déjà radicalisés, mais de la vaste majorité des jeunes accessibles au travail éducatif. Pour comprendre le phénomène des jeunes radicalisés, voire notamment le livre de Rachid Benzine Nour, "Pourquoi n’ai-je rien vu venir ?" Editions du Seuil, octobre 2016. - Retourner au texte

Note (06)

Je précise que ce texte a été finalisé peu avant les élections des États-Unis (USA) du 8 novembre 2016. - Retourner au texte

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