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[Interview] Violences | 10/03/2017
« Les collectivités sont des laboratoires d’expérimentation dans la lutte contre les violences faites aux femmes », Iman Karzabi
par Catherine Piraud-Rouet
Iman_Karzabi-Centre francilien égalité femmes-hommes-UNE DR

Le Centre francilien pour l’égalité femmes-hommes a publié le guide "Agir efficacement contre les violences faites aux femmes au niveau local" destiné aux municipalités et établissements publics de coopération intercommunale. Chargée de mission au sein de cet organisme, Iman Karzabi a répondu à nos questions.

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Vous publiez un guide à l’usage des collectivités pour les aider à agir contre les violences faites aux femmes au niveau local. Pourquoi ce travail ?

La parution de ce guide fait suite à nos multiples échanges avec des acteurs de terrain dans le cadre de l’activité du réseau « Territoires franciliens pour l’égalité », animé par le Centre Hubertine Auclert (1).

Nous avons constaté que les collectivités territoriales pouvaient être de véritables laboratoires d’expérimentation dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Par ce guide, nous avons souhaité apporter un appui méthodologique à la mise en place des dispositifs locaux, en valorisant les bonnes pratiques déjà existantes.

Quels sont les différents types de violences et leurs conséquences ?

Elles sont protéiformes : verbales, physiques, sexuelles, psychologiques, économiques, administratives… Elles touchent celles-ci dans toutes les sphères de leur vie (familiale, conjugale, professionnelle, espace public, etc.).

Ce guide incite les collectivités à agir, par exemple, contre les viols et violences sexuelles, les mariages forcés, les mutilations sexuelles féminines, mais aussi la violence au travail, la prostitution et la traite des femmes, la lesbophobie…

Des agressions, qui plus est, souvent cumulatives et qui engendrent de graves conséquences sociales et économiques pour les victimes. Les violences intrafamiliales et conjugales ont aussi des répercussions sur les enfants.

Quelle articulation entre l’État et les collectivités ?

Au niveau national, la lutte contre les violences faites aux femmes s’inscrit au confluent de la politique de prévention de la délinquance et de celle visant à l’égalité entre femmes et hommes (loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle). Autant de mesures que la loi prévoit de décliner à l’échelon territorial (régional, départemental, intercommunal, municipal).

Dans cette démarche, municipalités et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sont au premier plan, car leur proximité avec les habitants peut apporter les réponses les plus adaptées, rapides et concrètes aux besoins des victimes.

Les conseils régionaux s’investissent aussi : le nôtre met par exemple des logements sociaux de son contingent au bénéfice des femmes victimes.

Les conseils départementaux, eux, peuvent proposer des permanences d’accompagnement spécialisé pour ces victimes, par exemple, au sein des maisons départementales de solidarité.

Que préconisez-vous ?

Il faut d’abord mettre en place des actions de formation et de sensibilisation à l’attention de l’ensemble des acteurs, conformément à l’article 51 de la loi du 4 août 2014.

Un diagnostic local permet de connaître l’offre de prise en charge existante et les dispositifs présents sur le territoire communal.

La mise en place de permanences d’accompagnement spécialisé de proximité ainsi que de dispositifs facilitant l’accès à l’hébergement pour les victimes sont des outils efficaces en parallèle avec la constitution de réseaux de professionnels (médecins, services municipaux, associations, services sociaux, de justice et d’éducation, etc.).

Enfin, il s’agit de communiquer autour de ces dispositifs, afin de les faire connaître aux habitants. Un maillage particulièrement essentiel en milieu rural.

Note (01)

Le centre Hubertine Auclert est un organisme associé du conseil régional d’Ile-de-France, créé en 2009. Depuis 2013, l’Observatoire régional des violences faites aux femmes lui est intégré. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 159 membres au sein du Centre francilien pour l'égalité femmes-hommes dont 121 associations, 12 syndicats et 26 collectivités locales.
Thème abordé

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