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[Vu d’ailleurs] Pouvoir d'agir | 10/02/2017
Québec, le DPA pour prendre soin de la santé mentale
par Nathalie Levray
Drapeau Québec-UNE © Argus-Fotolia

Le programme Pech laisse de côté les diagnostics pour se concentrer sur les forces et intérêts de l’individu. La personne peut ainsi passer du stade de la motivation à celui du mouvement.

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Pouvoir d’agir, le capital social

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À Québec, Pech, initialement « Programme d’encadrement clinique et d’hébergement » s’adresse aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale, de judiciarisation, de toxicomanie ou d’instabilité résidentielle.

Sa pratique s’élabore autour de huit volets d’intervention qui constituent un réseau de services de proximité et intersectoriels : le soutien communautaire d’intensité variable, la trajectoire justice, le travail de rue, le service de crise et de post-crise, l’hébergement transitoire, le soutien au logement social, la formation, le centre d’activités sur le rétablissement Sherpa.

Les forces de la personne

Pech pratique le développement du pouvoir d’agir depuis vingt-trois ans. Pour accompagner l’appropriation du pouvoir d’agir tant sur le plan psychologique et individuel que sur le plan social et collectif, ses équipes sont formées, depuis 2005, à l’approche orientée sur les forces des personnes.

Ainsi le soutien laisse-t-il de côté le diagnostic et se concentre-t-il davantage sur les forces et les intérêts de l’individu. La capacité inhérente des personnes à apprendre, à grandir et à changer est un principe fondamental chez Pech, tout comme leur qualité de maître d’œuvre de la relation d’aide.

Les équipes cherchent à réactiver, avec les individus, le sens à leur vie, à soutenir leurs capacités de changement, et à les aider à trouver une réponse personnelle et sociale à l’ensemble de leurs besoins, ou à redécouvrir un pouvoir d’action dans toutes les sphères de leur quotidien.

Rendre possible le premier pas

À cet effet, la personne réalise un plan d’identification de ses forces dans tous les domaines de sa vie, pour lequel elle est accompagnée. L’exploration de ce qu’elle veut, la prise de conscience de son savoir et un apport d’informations complémentaires si nécessaire, la reconnectent avec elle-même.

« Le désir d’un projet personnel fait sens », précise Lydia Trahan, responsable de la programmation Sherpa/Pech. La pratique est celle « des petits pas ». Le développement du pouvoir d’agir (DPA) rend possible le premier pas.

Peu à peu, « la personne peut ainsi passer du stade de la motivation à celui du mouvement ». Elle est soutenue dans ce processus, et la relation personne utilisatrice et intervenant est évidemment un « facteur essentiel » du suivi.

La citoyenneté est le pivot de l’accompagnement qui s’opère dans le contexte de la vie en société. Le DPA n’est déconnecté ni des autres formes d’approche existantes, ni de la prise en compte des possibles et de la société.

© Philippe-GuyLydia Trahan, responsable de la programmation Sherpa/Pech

« Vivre le processus du DPA m’en a fait réaliser l’impact »

J’ai expérimenté le DPA avec la formation de Yann Le Bossé en 2015. Le processus se fait autant au niveau psychique que corporel. Une écoute active, un questionnement bienveillant de la part de l’accompagnant mène la personne à réaliser ce qu’elle sait déjà et ce qui lui tient à cœur (un élan tête/corps/cœur) ; ce que j’ai pu observer chez les personnes par des yeux qui brillent, un redressement du corps et l’envie de poser un premier geste pour changer les choses. La mise en mouvement s’enclenche et souvent la personne, sans s’en apercevoir, est plus engagée qu’elle ne le pense. Le processus compte plus que le résultat. La réussite est ainsi moins lourde à porter pour l’intervenant social et elle est plus gratifiante pour la personne. Avec les collègues formés par Yann, nous poursuivons le processus dans un groupe d’intervenants pour intégrer les savoirs expérientiels et expérimenter un DPA collectif.


Chiffres Clés

  • Québec : 8,3 millions d’habitants (23 % du Canada).
  • Autour du DG, le CA de Pech regroupe 10 personnes issues des réseaux de la santé, de la sécurité publique, de l’habitation.
  • 3 137 personnes ont reçu des services en 2015.
  • Le plan d’intervention axé sur les forces des individus recouvre 8 domaines : les situations de vie quotidienne, les finances, le travail et l’éducation, le réseau social, la santé, les loisirs et le récréatif, la spiritualité, la sexualité et l’intimité.

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