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Présidentielles | 17/02/2017
Le collectif Alerte veut en finir avec les politiques à la petite semaine
par Christelle Destombes
panneaux directionnels-propositions-UNE © Delkoo-Fotolia

Le collectif Alerte, qui regroupe trente-huit fédérations et associations nationales de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, a présenté le 7 février sa plateforme de propositions à l’approche de l’élection présidentielle. Regrettant qu’« aucun des candidats n’ait fait de la lutte contre la pauvreté un axe de sa campagne », le collectif entend mettre l’accent sur des mesures telles que la mise en place d’un revenu minimum garanti, le développement des contrats aidés et du compte personnel d’activité, la revalorisation des APL, ainsi qu’en faveur d’une politique de santé accessible à tous. Les propositions sont présentées aux équipes de campagne, sauf celle du Front national.

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En dépit du plan de lutte contre la pauvreté adopté en 2013, la situation ne s’est pas améliorée : 14 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, le nombre de sans domicile fixe a été doublé en dix ans, 4 millions de personnes sont mal-logées…

François Soulage, président du Collectif, regrette qu’« aucun des candidats n’ait fait de la lutte contre la pauvreté un axe de sa campagne. La question n’est pas de savoir de combien augmenter le RSA, mais de savoir comment on vit dignement dans ce pays ».

Le revenu minimum social

Le Collectif demande que le plan interministériel de lutte contre la pauvreté soit traduit dans une loi de programmation financière sur cinq ans, « pour arrêter les politiques à la petite semaine », selon les mots de Christophe Robert, délégué général de la Fédération Abbé-Pierre. Alerte se charge de déployer des propositions afin d’inspirer des programmes en prise avec la réalité.

Le Collectif propose une vision « plus sociétale que d’habitude », en regardant les besoins par tranches d’âge et en privilégiant la prévention et l’éducation. Première mesure forte, l’idée d’un revenu minimum garanti, de 850 euros par mois, sous condition de ressources, dès 18 ans, mais adossé à un accompagnement renforcé, et à une politique « d’emploi décent pour tous ».

750 000 chômeurs de longue durée formés par an

« L’emploi reste un facteur de dignité et d’intégration dans la communauté nationale », selon Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars), et il faut encourager toutes les initiatives visant à en créer : les expérimentations Territoire 0 chômeur, certes, mais aussi les emplois aidés, en doublant le nombre de postes dans l’insertion par l’activité économique, ou en créant 5 000 postes pour les personnes handicapées dans les entreprises adaptées.

Côté formation, le Collectif plaide pour que le compte personnel d’activité soit abondé dès 18 ans et que 750 000 chômeurs de longue durée soient formés par an. « Ce qui porterait à 23 % le taux de formation des chômeurs aujourd’hui à 12 %, alors qu’il est de plus de 50 à 60 % dans les pays nordiques », précise Louis Gallois.

La santé , outil majeur de prévention et de réduction des inégalités

Une politique de santé accessible à tous, quels que soient ses revenus et sur tout le territoire, telle est la demande du Collectif, qui souhaite maintenir les PMI comme « outil majeur de prévention et de réduction des inégalités », élever le seuil de la CMU-C au niveau du seuil de pauvreté ou encore fusionner l’aide médicale de l’État (AME) et la protection universelle maladie (PUMa).

Défense du tiers payant généralisé, encadrement des dépassements d’honoraires, sont également au programme.

Un toit sinon rien

Pour Christophe Robert, il faut prévenir les ruptures et aider au maintien dans le logement, grâce à la revalorisation des APL et un moratoire sur les expulsions locatives.

Lutte contre la précarité énergétique, création de 150 000 logements sociaux par an, mobilisation du parc privé pour le logement social, développement du logement accompagné font partie des propositions.

Note : En parallèle, 50 associations (Collectif Alerte et Collectif des associations unies) se mobilisent ensemble pour mener une « Autre campagne » contre l’exclusion : il s’agit de démonter les préjugés et de rappeler les « réalités sociales à celles et ceux qui instrumentalisent la pauvreté et stigmatisent les plus démunis ».

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