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Assises nationales du vieillissement | 17/03/2017

Le temps de la « révolution grise »

par Stéphane Menu
vacances-voyage-senior-vieillissement-UNE © Eric-Fotolia

Les premiers effets du « papy boomer » se feront sentir dès 2020. Les seniors auront de plus en plus envie de vivre pleinement leur vie, en restant à domicile, en voyageant, en se cultivant. Cette problématique a été au cœur des réflexions des 2es Assises du vieillissement qui se sont tenues à Marseille, les 7 et 8 mars. Les défis passent par l’aménagement des habitations pour favoriser le maintien à domicile, l’adaptation des transports pour faciliter les mobilités, ou l’adaptation de l’offre de loisirs. La silver économie sera-t-elle en mesure de répondre aux attentes ?

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Les chiffres situent l’importance de l’enjeu : les plus de 85 ans sont aujourd’hui 1,4 million, ils seront 5 millions en 2060.

Plus de 1,2 million de personnes âgées dépendantes bénéficient actuellement de l’allocation personnelle d’autonomie (APA) ; elles seront 2,3 millions en 2060.

Notre société se « seniorise » et les 2es Assises du vieillissement, ont identifié les défis à relever face à ce « papy-boomer » dont les premiers signes se manifesteront dès 2020.

Une mutation économique, sociologique et philosophique

Maurice Rey, conseiller départemental des Bouches-du-Rhône en charge de la thématique (collectivité organisatrice de la manifestation), parle d’un véritable tsunami : « cette révolution n’est pas que quantitative. Elle est économique, sociologique et philosophique. Car les personnes qui ont eu 20 ans dans les années 1960 n’auront pas la même vie que celles qui vivent aujourd’hui dans les maisons de retraite », assure-t-il.

Pour Jean-Michel Caudron, consultant en ingénierie gérontologique, « l’allongement de la vie doit être perçu comme une opportunité pour la société et un défi à relever ensemble ».

Un sentiment partagé par les Français : selon le baromètre 2017 Autonomie de l’Ocirp (Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance), 67,4 % des Français sont favorables à la mise en place, entre 2017 et 2022, d’une réforme assurant un financement durable du risque de perte d’autonomie. De plus, 76 % d’entre eux souhaitent que le maintien à domicile devienne prioritaire.

Le diagnostic permanent des attentes des seniors

« On ne traite plus du vieillissement aujourd’hui comme on le faisait au début des années 2000. Nous devons faire le diagnostic permanent des attentes des seniors et leur apporter des réponses appropriées », assure Jean-Michel Rapinat, directeur délégué en charge des solidarités et des affaires sociales à l’Assemblée des départements de France (ADF).

Il rappelle au passage qu’à l’expertise des conseils départementaux, menacés de disparition à l’horizon 2020, devra se substituer « une nouvelle incarnation de ces politiques publiques de proximité. Si je crois aux vertus des nouvelles technologies ou encore de la domotique, je considère que la proximité du service public est irremplaçable ».

Plus personne ne se dit  »vieux » aujourd’hui

Un constat partagé par Catherine Marcadier-Saflix, directrice générale de France Silver Eco. « Plus personne ne se dit  »vieux » aujourd’hui. L’âge moyen de survenue de la dépendance est de 83 ans. L’espérance qualitative de vie s’allonge ».

Et de citer les défis à relever autour de cette « révolution grise » qui monte. « Prenons le maintien à domicile, il passe impérativement par l’aménagement de la maison. Mais pas quand la dépendance survient, il faut que ce soit fait en amont, quand la personne est valide. Et si la personne n’est pas propriétaire ? Comment le marché locatif intègre-t-il cette donne ?

Même chose pour les mobilités. Pour rompre l’isolement des personnes âgées, il faut que les transports en commun offrent des services plus personnalisés. Enfin, le secteur du tourisme doit aussi se réformer et il dispose d’une marge de manœuvre énorme : beaucoup de personnes âgées très actives aimeraient pouvoir partir en centres de vacances mais ces derniers n’offrent que très peu d’animations hors-saison. Donc, elles renoncent. C’est à la Silver économie de répondre aux attentes, tant sur le plan sanitaire que sur celui du loisir », conclut-elle.

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