La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Élections | 28/03/2017
En Allemagne, la campagne électorale se fait sur la cohésion sociale
par Christelle Destombes
élection-Allemagne-UNE © Rawf8-Fotolia

Les élections fédérales allemandes se tiendront le 24 septembre 2017. Deux thèmes majeurs se dessinent : la question des retraites dans une société de plus en plus inégalitaire et celle des migrants.

Email Email

Cet article fait partie du dossier:

Présidentielle 2017, le sursaut social

voir le sommaire

Les jeux semblaient faits pour Angela Merkel, qui brigue un quatrième mandat sans grande vision d’avenir, si ce n’est assurer la cohésion du pays contre le « populisme » et la « haine », et se pencher sur les « perdants de la mondialisation ». Mais les sondages donnent désormais Martin Schulz, désigné candidat du SPD à la surprise des observateurs, en tête.

L’ancien président du Parlement européen qui a l’avantage de n’avoir pas été impliqué dans la politique nationale, a dit vouloir mettre en tête de ses priorités les « soucis quotidiens » des « gens qui travaillent dur » et construire « une Allemagne plus juste ».

Il se présente comme le défenseur de l’équité sociale et remet en question l’Agenda 2010, l’ensemble des réformes du travail élaborées dans les années 2000 par Gerhard Schröder. Il préconise dans une interview au « Spiegel » des contrôles renforcés sur le recours aux emplois temporaires, le respect du salaire minimum, une taxation plus forte des revenus et un programme de logements sociaux.

Retraités précarisés

Avec une croissance à 1,9 % et une dette à 68 % (98 % pour la France), de nombreux Allemands souhaitent retrouver du pouvoir d’achat, après les réformes structurelles douloureuses et les inégalités sociales croissantes.

En 2030, un tiers des Allemands aura plus de 65 ans, et l’assurance retraite prévoit qu’à cette époque, plus de 25 millions d’Allemands toucheront une retraite inférieure au seuil de pauvreté.

Avec une démographie défavorable, des emplois à temps partiel qui ne permettent pas de cotiser suffisamment et un système de retraite par capitalisation inaccessible aux plus bas salaires, l’Allemagne se trouve de nouveau confrontée à la soutenabilité financière des retraites. Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble (CDU), a d’ores et déjà évoqué la retraite à 69 ans…

Les migrants suspectés

L’accueil d’1,1 million de migrants a eu l’effet d’un plan de relance : l’institut fédéral de statistiques Destatis a estimé que la croissance, qui s’élève à 1,9 % en 2016, est supérieure de 0,5 % à la moyenne des dix années précédentes, essentiellement due à la migration.

Cependant, la question divise la société allemande, notamment après la vague d’attentats menés sur son sol. Des mesures sécuritaires ont été prises début janvier pour tenter de contrer la montée du parti extrémiste AfD. Celui-ci est crédité de 16 % des intentions de vote, et trois ans après sa création, il est représenté dans neuf des seize Länder.

Selon un sondage, les questions migratoires restent prioritaires pour 40 % des Allemands, devant la sécurité. Les résultats des élections régionales en Sarre donneront une première indication de l’état de l’opinion.

DRGabriel Richard-Molard, juriste en droit européen

« Il n’y a pas de grand débat social en Allemagne »

Les Allemands ne traitent pas les sujets de la même façon que les Français… Les questions transversales, qui ont été beaucoup débattues ces dernières années, étaient celles de la garde d’enfants, notamment pour les couples binationaux, la retraite, la question de la relation aux syndicats… Mais aujourd’hui, au-delà de la question des migrants, très clivante, il n’y a pas de grand débat social en Allemagne. Les Allemands ont un tropisme européen, ils sont très fiers que le pays ait retrouvé une stature européenne et soutiennent majoritairement la politique du gouvernement d’autant que les chiffres de l’institut économique allemand tablent sur une augmentation de 0,8 % de la croissance, due à une augmentation de la consommation et des dépenses structurelles. Cela donne des arguments à Angela Merkel, qui ne démord pas de sa politique d’accueil. La CSU disait vouloir créer un plafond d’intégration des migrants à 200 000 par an, mais les deux partis de la coalition se sont mis d’accord, afin de resserrer les rangs face au candidat du SPD.

Références

  • Population : 80,62 millions en 2013.
  • PIB par habitant : 41 313,3 M$ en 2015 (Banque mondiale).
  • Espérance de vie : 80,8 ans.
  • Sentiment d’être en bonne santé : 64,8 %.
  • Taux de médecins en exercice : pour 1000 habitants : 3,8.
  • Taux de la population couverte par l’assurance maladie publique : 88,9 %.
  • Assurance maladie publique : non obligatoire au-delà d’un seuil de revenu.
  • Part des plus de 80 ans en 2010 : 5 %, en 2050 : 15%.

Source : Panorama de la santé 2013, OCDE.

Thème abordé

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>