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Politique de la ville | 06/04/2017
Un léger mieux pour les quartiers prioritaires
par Stéphane Menu
banlieue-immeuble-quartier-UNE © Bruno_Bernier-Fotolia

Le rapport annuel de l’Observatoire national de la politique de la ville, rendu public aujourd’hui, note quelques améliorations en matière de mixité sociale et d’emploi dans les quartiers prioritaires. Malgré la mobilisation des énergies, et alors que les conseils citoyens sont toujours en rodage, ces quartiers restent une exception « républicaine » où le droit commun peine à se frayer un chemin. Récemment, l’association Ville et Banlieue avait tiré, pour la énième fois, la sonnette d’alarme au cœur d’une campagne présidentielle où l’avenir de ces territoires est cruellement absent.

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Les contrats de villes, comment en faire une solution pour renforcer la cohésion sociale dans les quartiers prioritaires

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Chaque année, dans un rapport considéré comme le véritable baromètre de l’état des banlieues en France, l’Observatoire national de la politique de la ville (ex-Onzus, Observatoire national des zones urbaines sensibles) livre son diagnostic sur les quartiers prioritaires, au nombre de 1 514 depuis le 1er janvier 2015.

Diversité de l’habitat : des retours positifs mais discrets

Cette année, l’Observatoire s’est focalisé sur un certain nombre de dossiers majeurs. Il estime ainsi qu’en l’espace de dix ans, le programme de rénovation urbaine commence à obtenir des retours positifs mais discrets sur la diversité de l’habitat (NDLR, l’étude portant sur la période 2003-2013).

Alors que le taux de logements sociaux était de 61,1 % en 2003, il a diminué de 3,4 points en dix ans. Cette inversion s’explique par le fait que 15 % du parc des logements sociaux ont été démolis et que dans le même temps, dans les 594 quartiers concernés par le Programme de rénovation urbaine, 40 000 logements privés ont été construits.

« C’est dans les quartiers où les démolitions ont été les plus intenses que l’évolution du peuplement des quartiers a été la plus grande », précisent les auteurs. Un constat à affiner puisqu’il « restait (NDLR, en 2013) à réaliser environ 33 % des démolitions et 48 % des reconstructions de logements sociaux selon la programmation totale du programme national pour la rénovation urbaine (PNRU). De même, les livraisons de logements privés n’atteignaient environ que la moitié des objectifs prévus dans les conventions de rénovation urbaine », précisent les auteurs.

Démocratie locale : les conseils de citoyens en rodage

L’Observatoire s’est aussi penché sur la mise en œuvre des conseils citoyens dans les quartiers prioritaires, mesure issue de la loi Lamy (2013). 1 054 avaient été créés sur les 1 993 quartiers prioritaires.

« Ce sont essentiellement les communes avec l’aide des délégués du préfet » qui en ont été les chevilles ouvrières. Ils comptent à ce jour une vingtaine de membres en moyenne dont la moitié sont des habitants du quartier. Le portage de ces conseils citoyens est assuré « à 30 % par des collectivités ou des équipements parapubliques », ce qui « n’est pas en adéquation avec loi ». L’Observatoire préconise au plus vite « un portage associatif ou par un collectif d’habitants ».

Ces instances de consultation sont pour l’heure en rodage : « elles sont intégrées dans les contrats de ville mais pèsent encore peu dans les décisions », constatent les auteurs du rapport.

Emploi : les décalages statistiques sont toujours aussi effrayants

L’Observatoire a enfin mesuré l’état de l’emploi dans les quartiers prioritaires : « en 2015, la situation vis-à-vis de l’emploi reste très dégradée en quartiers prioritaires et les écarts demeurent importants en matière d’emploi entre ces territoires et le reste des unités urbaines qui les abritent », constatent les auteurs sans surprise. Les décalages statistiques sont toujours aussi effrayants : « le taux de chômage des 15-64 ans est ainsi plus de 16 points supérieur dans les quartiers prioritaires à celui des unités urbaines englobantes (26,4 % contre 10,1 %).

Le taux d’activité (59,1 % en quartiers prioritaires) est également très sensiblement inférieur à celui des unités urbaines englobantes (72,0 %) illustrant par là même le fait que deux adultes sur cinq résidant en quartiers prioritaires et en âge de travailler se retrouvent à l’écart du marché de l’emploi ». Un coin de ciel bleu semble cependant se dessiner dans un ciel toujours aussi nuageux : « la situation s’est stabilisée par rapport à 2014 avec une diminution du taux de chômage de 0,3 %.

Statistiquement, si cette baisse n’est pas significative pour conclure à une réelle baisse du chômage dans les quartiers prioritaires, les principaux indicateurs relatifs à l’emploi et à l’activité semblent se stabiliser en 2015, après une dégradation continue enregistrée depuis le début de la crise économique (NDLR, en 2008) », conclut l’Observatoire.

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