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[Tribune] Accueil petite enfance | 03/05/2017
Offrons une qualité de l’accueil aux enfants par une réponse adaptée et équitable à tous les parents
par Auteur Associé
Onyszko-sandra-Ufnafaam-UNE © Ufnafaam

Un grand nombre d’assistantes maternelles s’inquiètent de la baisse de leur emploi, de la diminution du nombre d’heures, de la précarité et de la non-reconnaissance de leur compétence.

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Crèches : des objectifs d'accueil ambitieux mais avec quels moyens ?

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Pour l’Ufnafaam : Sandra Onyszko

Quand il s’agit d’une entreprise qui ferme ou d’une délocalisation, tout le monde s’invective et s’alarme. Quand il s’agit de la perte du travail des assistants maternels, on peut compter sur les doigts d’une main les élus ou les territoires qui s’inquiètent de cette baisse. Pourtant, derrière le manque d’accompagnement des assistants maternels, il y a aussi des familles qui les emploient. Et là on peut doublement se poser des questions.

Car ce recul d’emploi des assistants maternels avait déjà débuté par effet de domino, au travers de la perte d’emploi des familles, fortement impactées par la crise. Mais cette profession a également subi un manque d’intérêt de la part du gouvernement. En effet, lors de ces cinq dernières années, les établissements d’accueil des jeunes enfants (les EAJE sont les crèches et les micro-crèches) ont ouvert un peu partout en France et quand forcément ces dernières ont pu proposer aux familles des places, personne ne s’est vraiment inquiété de la baisse d’emploi des assistants maternels qui s’est pourtant constamment accentuée depuis ces quatre dernières années (1).

L’intention n’est pas ici d’opposer les structures collectives du mode d’accueil individuel mais bien d’alerter sur les différences de traitement où les premières victimes sont les familles qui emploient des assistantes maternelles. Car en effet, depuis ces dernières années, le gouvernement, par le biais des CAF, a accordé deux augmentations notoires au financement des EAJE à travers la prestation de service unique, dont l’enveloppe acquise pour permettre leur création s’est élevée à 660 millions d’euros auxquels se sont ajoutés 19 millions d’euros par an pour la rénovation liée au fonctionnement.

Ce « coup de pouce » a permis bien sûr d’apporter à des familles qui confient leur enfant en EAJE une aide précieuse mais a également provoqué une différence de traitement injuste pour les familles de classe moyenne (2)) employant des assistantes maternelles, car ces dernières n’ont pas bénéficié du même égard au niveau du CMG Paje. Et amène, comme le confirme d’ailleurs l’Observatoire national de la petite enfance de la Caisse nationale des allocations familiales à la page 33 de son rapport que « le recours à l’accueil collectif dans un EAJE est nettement moins différencié selon les revenus des familles que le recours à l’accueil individuel ».

Ceci nous anime de deux questions sur le dernier bilan des politiques :

848 500 enfants bénéficient d’une place d’accueil chez les assistants maternels (avec les crèches familiales) soit presque le triple qu’en EAJE. Quelle ambivalence que d’affirmer vouloir aider les familles françaises à recourir à un mode d’accueil et d’apporter cette aide exclusivement alors à une minorité de familles ?

Lorsqu’on sait qu’uniquement un seul parent sur les deux en situation de divorce ou de séparation va percevoir l’aide du CMG Paje pour l’enfant ou que 50% de cette aide vont être déduits lorsqu’un enfant atteint l’âge de 3 ans, ce qui n’est pas le cas en EAJE.

Quelle est la cause d’un tel manque d’équité dans le traitement des familles ? Pourquoi dans une lettre de la direction des politiques familiales et sociales de 2013 (3) où l’enjeu était de rééquilibrer l’offre d’accueil, la conséquence reste un infléchissement de l’offre d’accueil individuel amenant à percevoir un déséquilibre ?

Devant les élections législatives qui s’annoncent, les assistants maternels doivent mobiliser leurs futurs députés car, en défendant l’intérêt des familles, ils ne font qu’alerter sur le maintien de leur emploi. Cessons d’apporter comme unique réponse aux assistants maternels qui souhaitent plus d’accompagnement une évocation des dépenses de coût en termes de formation obligatoire ou en accompagnement par les relais d’assistants maternels ou encore une justification des aides pour ces familles par le CMG voire la gratuité des charges. Car nous savons aussi que nous sommes très loin de l’enveloppe de la PSU en rapport avec le nombre de places d’accueil concernées en France et que la formation obligatoire des assistants maternels est la plus courte de tous les professionnels de la petite enfance (4) pour une même réponse à l’accueil d’un enfant.

La France, qui ne cesse de vanter son taux de natalité et d’activité salariale chez les mères, ne met jamais en avant son premier mode d’accueil qui répond silencieusement à la majorité des demandes des familles françaises. Dans une totale invisibilité et au travers d’une absence de reconnaissance des acteurs politiques qui n’en parlent pratiquement jamais. Si nous désirons apporter le meilleur aux générations futures, offrons déjà une qualité de l’accueil aux enfants au travers d’une réponse adaptée et équitable à tous les parents.

Note (01)

Chiffre Acoss dernier trimestre 2016. - Retourner au texte

Note (02)

La classe moyenne est représentée par 67 % des Français (source France stratégie. - Retourner au texte

Note (04)

Hors garde à domicile (qui peuvent bénéficier de formation mais non obligatoire). - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 848 500 enfants bénéficient d’une place d’accueil chez les assistants maternels.
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