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Logement | 19/05/2017
Les acteurs associatifs cherchent des réponses structurantes à la crise du logement très social
par Eric Larpin
logement-UNE © Aytuncoylum-Fotolia

15 millions de personnes sont concernées à un titre ou un autre par la crise du logement. Rapport après rapport, la Fondation Abbé-Pierre montre que les besoins en construction ou en accession en matière de logement social persistent. Les participants à la rencontre organisée cette semaine à Paris par Solifap, la société d’investissements solidaires de la Fondation Abbé-Pierre, se sont interrogés sur les outils d’une politique publique alors que le logement n’a pas retrouvé de ministère de tutelle dans le nouveau gouvernement et que la place des acteurs associatifs demande à être confortée.

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Comme l’a rappelé Chantal Bruneau, secrétaire générale du Haut conseil à la vie associative, la logique de la commande publique arrive à son maximum de tensions pour les acteurs, obligés de passer sous les fourches caudines de l’appel d’offres au détriment de l’initiative associative.

« La montée de la commande publique freine les initiatives associatives, qui ont toujours permis de répondre à une partie du problème du logement », dit Chantal Bruneau.

De nouveaux outils pour le financement du logement social

Pourtant, les outils de financement du logement très social ne cessent de se développer. À côté des associations historiques, Habitat et humanisme ou Solidarités nouvelles pour le logement, qui lèvent des fonds pour construire ou réhabiliter du logement, avec un effet de levier auprès de la Caisse des dépôts ou des collectivités locales, sont apparus dernièrement la Solifap, qui soutient les associations d’aide au logement, par achat de foncier, garanties ou conseil stratégique, mais aussi le fonds Novess de la Caisse des dépôts, les contrats à impact social et des plateformes de crowdfunding, comme 1001pact.

Les acteurs continuent à créer des logements spécifiques

En parallèle de ces nouveaux outils et alors que le logement n’a pas retrouvé de ministère de tutelle dans le nouveau gouvernement, les nombreux acteurs ont néanmoins plaidé pour le maintien d’une politique publique du logement très social.

Pour Xavier de Lannoy, président de la Fédération Soliha, « les acteurs continuent à créer des logements spécifiques, intermédiaires entre le public et l’hébergement, qui laissent une place à l’accompagnement et sont un levier pour l’insertion. Nous avons besoin du soutien des pouvoirs publics pour organiser les financements ».

Le modèle économique repose très souvent sur du bénévolat

Car, comme l’ont montré les associations présentes, leur modèle économique (les plus petites n’ont que quelques logements sous gestion) repose très souvent sur du bénévolat.

« Certaines associations ne sont constituées que de bénévoles et elles arrivent pourtant à produire du logement », souligne Sébastien Cuny, délégué général de la Fapil.

Par exemple, Un Toit, association de bénévoles d’Aix-en-Provence agréée maître d’ouvrage d’insertion, est parvenu à créer sept logements nouveaux, avec le soutien de Solifap.

À l’inverse, Soliha Vendée, également agréée, a de nombreux salariés, mais a dû faire appel aussi à Solifap pour changer d’échelle.

Des investissements sur la durée

« Solifap est un outil d’investissement nouveau pour la Fondation Abbé-Pierre, qui ne fonctionnait jusqu’alors qu’avec les dons des Français. Notre fonds a été abondé à l’origine par AG2R La Mondiale et bientôt par la Caisse des dépôts. Depuis cette année, les particuliers épargnants solidaires peuvent également souscrire des parts de capital du fonds. Il atteint déjà le total de 26 millions d’euros », indique François Chaillou, président de Solifap.

Solifap, comme les autres nouveaux instruments de financement, s’attache à trouver des réponses structurantes à la crise du logement, avec des investissements sur la durée, auprès des associations de mal-logement.

« Celles-ci demeurent fragiles, avec des problèmes de trésorerie. A leur tour, elles ont besoin d’être accompagnées », s’inquiète Geoffroy Malcor, directeur de Solifap.

« On avait besoin d’avancer sur deux pieds, à la fois sur l’urgence, avec la Fondation et désormais sur la structuration du moyen et long terme, avec Solifap », confirme Frédérique Kaba, directrice des missions sociales de la Fondation Abbé-Pierre.

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