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Formation | 29/06/2017
Le travail social s’ouvre à l’international
par Laure Martin
Europe-UNE © Eisenhans-Fotolia

« Les formations en travail social en Europe : faire bouger les lignes pour un avenir durable », telle est la thématique de la Conférence européenne Paris 2017 qui se tient du 27 au 29 juin à Paris. Organisée par l’Union nationale des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale et l’European association of schools of social work, sous le haut patronage de l’Unesco elle doit, selon les mots du président de l’Unaforis Denis Vallance, « être vue comme un élan vers l’international des centres de formation ». Car c’est désormais à cette échelle qu’un certain nombre de problèmes doivent se traiter. Une démarche qui permet de s’ouvrir et de développer des compétences interculturelles déterminantes pour les travailleurs sociaux.

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« La volonté politique de l’Unaforis est de participer à la réflexion internationale afin de faire valoir le point de vue français en termes de formation. Nous voulons favoriser l’utilisation de la recherche au niveau national et international, et œuvrer aux coopérations entre pays », indique d’emblée Denis Vallance.

Un problème pour la France cependant : la production intellectuelle et scientifique française concernant les questions sociales est importante mais « les autres pays ne le savent pas en raison des difficultés que nous avons à nous exprimer en anglais », a pointé du doigt Christian Rollet, président de la Conférence International association of schools of social work (IASSW) 2018 et auteur de l’ouvrage « Du village gaulois au village global, point de repères pour le travail social ». « Dans les revues internationales, les francophones sont très peu fréquents. C’est très frappant », précise-t-il.

Il faut de plus en plus réfléchir à l’international

L’un des risques de penser que le monde est globalisé « est d’envisager le travail social comme une évidence », a cependant mis en garde Robert Bergougnan, président de la conférence EASSW-Unaforis et représentant de l’Unaforis à l’international. « Cela nous empêche de penser aux difficultés qui peuvent être rencontrées par d’autres. » Une idée partagée par Christian Rollet. « La mondialisation entre dans notre quotidien chaque jour davantage. Bientôt nous serons 10 milliards, il faut donc correctement gérer, tous ensemble au niveau de l’humanité, cette situation inédite. Ce qui s’impose, c’est de traiter des problématiques de l’humanité à l’échelle de l’humanité. Certes, le travail social prend appui sur le local mais il faut de plus en plus réfléchir à l’international. » Il est également important selon lui de comprendre les autres systèmes afin de mieux comprendre le sien.

Connaître le pays pour le comprendre afin d’être dans le conseil et l’accompagnement

C’est ce qu’a fait l’Institut social de Lille, qui s’est engagé dans une démarche de développement d’un réseau européen et africain en apportant un appui technique à l’ouverture d’une école de travail social à Brazzaville (Congo), à la demande du ministère congolais des Affaires sociales, actions humanitaires et solidarité nationale. « Il y a eu une volonté de coconstruction d’une licence professionnelle en travail social », a précisé Élisabeth Prieur, chargée de mission à l’Institut social de Lille. « Notre démarche a d’abord été de connaître le pays pour le comprendre afin d’être dans le conseil et l’accompagnement. » Puis, ensemble, ils ont travaillé pour aboutir à cette licence codélivrée par le ministère des Affaires sociales et de l’Enseignement supérieur.

Nous étions intéressés par un nouveau mode de coopération

À Marseille, l’Institut méditerranéen de formation (IMF) participe depuis 2004 au Programme concerté pluri-acteur (PCPA) Algérie. « Il s’agit de programme de concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile. Nous avons intégré ces PCPA car nous étions intéressés par un nouveau mode de coopération », a rapporté Marie-Pierre Sarat, directrice générale de l’IMF. La problématique commune de réflexion entre les deux pays ? La structuration et le développement de la société civile sur l’éducation, l’insertion sociale et professionnelle de la jeunesse ou encore la lutte contre les exclusions.

La mobilité internationale n’est pas un objectif en soi mais un outil pédagogique supplémentaire

La place de l’international dans les formations des futurs travailleurs sociaux s’avère elle aussi essentielle, comme l’a expliqué Élisabeth Sultan, responsable du développement à l’international à l’Institut d’enseignement supérieur de travail social (IESTS) de Nice. « La mobilité internationale n’est pas un objectif en soi mais un outil pédagogique supplémentaire. Les rencontres permettent aux étudiants de faire le premier constat que les pratiques ne sont pas universelles. Ces différences vont générer des questionnements, ce qui constitue la colonne vertébrale de la formation pour adulte. » Le séjour à l’étranger permet aussi de développer des compétences interculturelles, « déterminantes lorsqu’on est travailleur social » ainsi que des qualités que l’étudiant va utiliser dans sa pratique quotidienne comme une capacité d’autonomie, d’adaptabilité et de prise d’initiatives.

Ce qui est important, c’est de briser la barrière

Pour intégrer ce champ dans la formation, il y a deux grandes modalités : envoyer les formateurs ou les étudiants à l’étranger en organisant des mobilités individuelles ou collectives, ou accueillir des étudiants Erasmus et des formateurs étrangers.

À Nancy, l’Institut régional du travail social (IRTS) Lorrain a mené des actions entre des étudiants en travail social et des groupes de migrants syriens, « ce qui nous a permis de travailler sur des modes de pensées avec des personnes qui ont des imaginaires différents des nôtres. Ce qui est important, c’est de briser la barrière et d’accompagner l’étudiant dans une rencontre avec l’autre. Le fait de créer du lien et connaître les gens permet de nourrir des nouveaux projets », a fait savoir Daniel Frisoni, formateur et responsable du département audiovisuel à l’IRTS.

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