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Vieillissement | 04/07/2017
Deux tiers des Français seraient favorables à la création d’un « 5e risque »
par Laure Martin
senior et soignant-UNE © Cynoclub-Fotolia

Les résultats du huitième Baromètre Santé 360 portant sur le thème "Grand âge, dépendance, accompagnement du vieillissement" réalisée par Odoxa pour le compte de la Fédération hospitalière de France, Ramsay-Générale de Santé, la Mutuelle nationale des hospitaliers et Orange Healthcare, avec le concours scientifique de la Chaire santé de Sciences Po, ont été présentés le 3 juillet. L’occasion d’aborder la perception qu’a la population sur l’accompagnement du vieillissement et de la dépendance, l’importance des objets connectés et le vécu des aidants familiaux. Les Français considèrent que la politique actuelle d’accompagnement du vieillissement est insatisfaisante et plaident pour la création d’un cinquième risque.

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Loi vieillissement : une tentative d’adapter la société au grand âge

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L’accompagnement du vieillissement et de la dépendance est un sujet de préoccupation majeure : près de neuf Français sur dix jugent ce sujet important et les trois quarts des plus de 65 ans se sentent concernés.

Or, 68% des Français considèrent la prise en charge actuelle proposée par les pouvoirs publics comme étant insatisfaisante et 65% se disent inquiets de leur capacité à accéder aux services et aides dont ils pourraient avoir besoin en vieillissant.

Pour Cédric Arcos, délégué général adjoint de la FHF, « la question des financements doit redevenir politique et il faut s’interroger sur les moyens que la société souhaite accorder au vieillissement ».

Huit Français sur dix méconnaissent les dispositifs de prise en charge de la perte d’autonomie

Les Français sont d’ailleurs 42 % à être inquiets des problématiques de santé qu’ils vont éventuellement rencontrer en vieillissant.

Les inquiétudes concernent plus particulièrement les risques d’être atteints de troubles cognitifs (Alzheimer, sénilité précoce…), car les Français sont persuadés que ce sont les troubles pour lesquels il existe le moins de solutions de prise en charge.

« Huit Français sur dix méconnaissent les dispositifs de prise en charge de la perte d’autonomie et les trois quarts les jugent complexes, peu efficaces, pas adaptés à leurs besoins et peu accessibles », rapporte Gaël Sliman, président de l’Institut Odoxa.

En cas de perte de dépendance, 87 % des personnes interrogées voudraient rester chez elles en adaptant leur domicile et un tiers privilégierait l’alternance entre séjours hospitaliers et le domicile. « Il faut en finir avec l’opposition entre l’établissement et le domicile. Il faut penser la prise en charge en coopération », soutient Cédric Arcos.

Les Ehpad gagneraient à utiliser la télémédecine

Par ailleurs, 56 % des Français ont une mauvaise image des Ehpad. Ils sont en revanche 60 % à avoir une bonne image des professionnels de santé qui y travaillent. « 84 % des Français estiment que ces établissements disposent de moyens insuffisants et qu’ils y gagneraient à utiliser des nouveaux outils », fait savoir Gaël Silman. Par exemple, la télémédecine notamment pour faciliter l’accès à des consultations avec des spécialistes ou encore les objets connectés comme des bracelets électroniques qui permettent aux résidents d’Ehpad de gagner en sécurité et en autonomie.

Les Français interrogés sont également convaincus à 71 % que l’utilisation des objets connectés permet un maintien des personnes à domicile, comme 76 % des médecins et infirmiers, et 83 % des directeurs d’hôpitaux et d’Ehpad. Ainsi, 80 à 90 % des Français sont favorables à ce que l’État prévoit des financements spécifiques pour les technologies d’aide au maintien à domicile.

« Il est possible de faire des économies objectivables avec les objets connectés, par exemple sur les chutes. Une partie des économies devrait permettre de financer les nouvelles technologies », soutient le Dr Philippe Denormandie, directeur des relations santé à la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH).

Plus de 8 millions d’aidants familiaux à accompagner

Autre point abordé : les aidants, qui représentent près de 8 millions et demi de Français, dans l’ignorance totale des professionnels de santé qui sous-estiment leur nombre.

« Les médecins pensent qu’ils sont 3 millions, les directeurs d’hôpitaux et d’Ehpad tablent sur 2 millions. Ce sont les infirmières qui estiment le mieux ce nombre avec 9,4 millions », explique Gaël Sliman.

Les aidants sont en majorité des femmes, un sur deux à plus de 50 ans, et ils s’occupent à 58 % de leurs parents et à 18 % de leur conjoint. « Mais plus de huit aidants sur dix ne bénéficient d’aucune aide et un sur deux d’aucune solution de recours. Résultat, sept aidants sur dix ne s’estiment pas aidés par les pouvoirs publics », ajoute-t-il.

Plus globalement, neuf Français sur dix jugent que les politiques publiques ne sont pas adaptées, laissant un trop important « reste à charge aux familles ». De fait, les deux tiers des Français seraient favorables à la création d’un « 5e risque » dédié au financement public de la prise en charge du vieillissement.

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