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Diplômes | 11/07/2017
Le CAP Petite enfance enfin rénové
par Michèle Foin
éducation-diplôme-UNE © Eskay_Lim-Fotolia

Après des années de tergiversations, le CAP Petite enfance a enfin été rénové à la demande insistante de tous les professionnels de l’accueil de la petite enfance. La nouvelle mouture, de niveau V, appelée désormais "Accompagnant éducatif petite enfance", reflète beaucoup mieux la réalité des champs d’exercice des professionnels.

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Rénover les diplômes de la petite enfance, cela fait plusieurs années qu’on en parle. Un travail long et fastidieux puisque les diplômes d’éducateur de jeunes enfants (EJE), d’auxiliaire de puériculture et le CAP Petite enfance (1) ne dépendent pas des mêmes ministères.

Mais la première étape vient d’être franchie, avec la rénovation du CAP Petite enfance, qui s’appellera désormais « Accompagnant éducatif petite enfance ». L’arrêté est paru au JO le 13 avril 2017.

Profonde rénovation du CAP Petite enfance

Ce n’est pas un simple toilettage mais bien une rénovation profonde dont a fait l’objet ce diplôme qui concerne la majorité des professionnels de l’accueil collectif et individuel : personnels dans les crèches, assistantes maternelles, agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem).

« Il y a eu une réflexion profonde sur la structuration du diplôme, l’identification des compétences liées à chacun des trois grands pôles métier, pour augmenter l’employabilité des professionnels », confirme Martine Paty, adjointe au chef du bureau des diplômes professionnels à la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) du ministère de l’Éducation nationale.

On reprochait au CAP Petite enfance son manque de contenu professionnel spécifique : le soin des tout-petits, l’accueil des parents, le travail d’équipe… et la trop courte période de stage. Tous ces défauts ont été corrigés.

Un diplôme en phase avec le terrain

Ainsi, le cursus distingue les activités communes (accompagner l’enfant dans ses découvertes et ses apprentissages, prendre soin et accompagner l’enfant dans les activités de la vie quotidienne, et inscrire son action dans le réseau des relations enfant-parents-professionnels) des activités spécifiques aux différents contextes d’exercice.

En école maternelle, les candidats approfondiront l’assistance pédagogique au personnel enseignant et la remise en état des matériels et des locaux. En établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE) et en accueil collectif de mineurs (ACM), l’accent sera mis sur la mise en œuvre des projets pédagogiques et d’établissement.

À domicile, celui des parents ou en maison d’assistants maternels (MAM), les candidats approfondiront la négociation du cadre de l’accueil avec les parents, la sécurisation des espaces de vie, l’entretien du logement et l’élaboration des repas. La période de formation professionnelle passe quant à elle de douze à seize semaines.

Validation des acquis de l’expérience

« Cette structuration facilitera l’obtention du diplôme par la validation des acquis de l’expérience (VAE) », affirme Martine Paty. « Nous sommes partis des besoins de l’enfant, plutôt que des activités », se réjouit Sandra Onyszko, de l’Union fédérative nationale des associations de familles d’accueil et assistantes maternelles (Ufnafaam).

La formation de 120 heures obligatoire dans le cadre de l’agrément des assistantes maternelles va être logiquement impactée. Sandra Onyszko souligne notamment l’intérêt de la rédaction d’un projet d’accueil, un saut qualitatif pour l’accueil individuel ou en MAM.

L’objectif est aussi de faciliter les passerelles avec les autres diplômes de la petite enfance, eux aussi en chantier, ce que salue Véronique Jacquet, coprésidente de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE). « Il est bien que toutes les personnes souhaitant s’orienter vers la petite enfance aient cette première marche de diplôme possible. »

Mais feront-ils partie des 40 % de personnels dits « qualifiés » pouvant travailler en EAJE ? « Il faudrait dans ce cas repenser le décret Morano en termes de proportion des différents diplômes plutôt que de parler de personnels ‘‘qualifiés’’ ou non », suggère-t-elle. Des réflexions qui ont deux ans pour aboutir, la première session du nouvel examen ayant lieu en 2019.

Note (01)

Diplôme de niveau V, d’une durée en formation initiale, de deux ans. - Retourner au texte

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