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Services aux familles | 18/07/2017
Le Royaume-Uni en quête de gouvernance pour sa politique familiale
par Michèle Foin
Angleterre-famille-UNE © Syda_Productions-Fotolia

Depuis 1998, le Royaume-Uni tente d’asseoir une politique globale de soutien aux familles les plus démunies et oscille entre une gouvernance locale et un pilotage national. Pour des résultats mitigés.

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Services aux familles : les schémas départementaux tiennent-ils leurs promesses ?

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Jusqu’à la fin du XXe siècle, le Royaume-Uni se distinguait par une politique familiale non interventionniste, considérant qu’elle relevait de la sphère privée.

Services d’accueil des jeunes enfants

À la fin des années 1990, le pays entame une véritable « révolution », sous l’impulsion du Premier ministre travailliste Tony Blair. La Stratégie nationale pour l’accueil des enfants (National Childcare Strategy), lancée en 1998, met en œuvre des efforts importants pour le développement des services d’accueil des jeunes enfants.

« Auparavant, c’étaient les municipalités qui finançaient selon leurs moyens et la volonté politique. Des crèches privées occupaient le terrain mais n’avaient rien d’éducatif », détaille Susan Finding, professeur de civilisation britannique au département d’étude anglophone de l’université de Poitiers.

Le programme Sure Start est alors déployé. Trois objectifs lui sont assignés : améliorer la qualité de l’accueil, le rendre financièrement accessible et accroître l’offre de places.

Partenariats locaux

Mais l’État ne finance pas directement. Il encourage les initiatives par des fonds d’aides à l’installation, en priorité dans les 250 zones les plus défavorisées.

Le développement de cette offre repose les premières années sur des partenariats entre les autorités locales, les intervenants du secteur, privés, publics ou associatifs, et les représentants des usagers afin de planifier le développement local des services d’accueil.

« C’est l’autorité locale, municipalité ou conté, qui est chargée de présider et de réunir tous les partenaires », explique Susan Finding. En 2005, les centres locaux Sure Start sont transformés en Children’s Centers.

« Les partenariats se maintiennent dans la phase expérimentale du programme », précise Catherine Collombet, sous-directrice au sein de la Mission des relations européennes, internationales et de la coopération de la Cnaf.

Children’s Centers

« Le déploiement national des Children’s Centers fait ensuite l’objet d’un fort pilotage national. L’État cible 3 500 structures.

La généralisation se fait en trois vagues, les territoires étant classés par degré de priorité en fonction de leur niveau de pauvreté », précise-t-elle.

Si le suivi national est assuré par le ministère de l’Éducation, la gouvernance des Children’s Centers relève de la responsabilité de l’autorité locale. Jusqu’en 2010, ils sont tenus de proposer une offre obligatoire de services.

L’arrivée des conservateurs au pouvoir met fin à cette obligation et laisse une grande latitude aux autorités locales pour décider des services à proposer.

« L’austérité budgétaire a diminué la portée des Children’s Centers » – Catherine Collombet, sous-directrice au sein de la Mission des relations européennes, internationales et de la coopération de la Cnaf

« À leur lancement, les Children’s Centers avaient l’obligation de proposer plusieurs services aux familles : information et conseil aux parents sur le soin des enfants ; accueil des jeunes enfants ; activités pour les parents, les enfants ; soutien aux professionnels de la garde d’enfants ; visites aux familles dans les deux mois suivant la naissance ; services de santé pour l’enfant et sa famille ; aide à l’emploi et à la formation, en lien avec les Job Centers.
En 2010, les conservateurs réduisent les crédits (de l’ordre de 30 %) et laissent aux autorités locales une grande latitude pour décider des services à fournir. L’évaluation réalisée en 2013 montre que les services ouverts à toutes les familles se réduisent alors que les services ciblés sur les familles en difficulté progressent. Certains deviennent de véritables centres, d’autres de simples guichets d’orientation. »


Chiffres Clés

  • 65 217 975 habitants en 2015.
  • Indice de fécondité : 1,89 enfant par femme.
  • Taux de couverture des enfants de moins de 3 ans par un accueil formel (2014) : 29 %.
  • « Droit à des heures d’éducation gratuite » : les enfants de 3 et 4 ans ont droit à 570 heures par an d’éducation ou d’accueil du jeune enfant, à raison de 15 heures par semaine. Le parti des Travaillistes (Labor) a promis un doublement de ces heures pour 2017, s’il remporte les élections législatives. Il a aussi promis des fonds pour rouvrir certains des Children’s Centers qui ont dû fermer faute de budgets.
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