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Proches aidants | 11/09/2017
Des temps de médiation pour rompre l’isolement des aidants
par Audrey Minart
senior-aidant-UNE © Peter_Maszlen-Fotolia

Difficultés relationnelles, isolement et épuisement sont le lot commun de nombreux aidants familiaux, bénévoles ou professionnels. À Villeurbanne, dans le Rhône, l’Ovpar a développé des dispositifs pour les soutenir.

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Proches aidants : le long chemin vers la reconnaissance

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Souvent éprouvés par leur fonction auprès de proches en perte d’autonomie, les aidants familiaux ou bénévoles peuvent connaître un épuisement à la fois physique et psychique, un sentiment de solitude, voire des difficultés relationnelles avec la personne âgée.

Des difficultés que peuvent également rencontrer les aidants professionnels, dans leurs relations avec l’aidant familial ou le bénévole, mais aussi du fait du manque de concertation avec les autres professionnels.

Ajuster les attentes des aidants

L’Office villeurbannais des personnes âgées et des retraités (Ovpar), association créée en 1978, a pour missions d’accueillir, informer et orienter toute personne concernée par le vieillissement, favoriser le lien social des personnes âgées à travers des animations et services adaptés (1).

Pour remédier aux difficultés rencontrées par les aidants, l’association a développé plusieurs dispositifs, dont les temps de médiation, reconnus en 2014 comme « action innovante » par l’Observatoire régional des actions innovantes sur la dépendance et l’autonomie (Oraida).

Le temps de médiation, qui peut être demandé par les professionnels, la famille, les bénévoles ou la personne âgée elle-même, consiste à aider chacun, à trouver ou à retrouver une place dans l’accompagnement, et ainsi de favoriser une meilleure compréhension des divergences d’opinion.

Ces temps de médiation, qui peuvent durer jusqu’à 1 h 30, requièrent une adhésion mutuelle de tous les participants. Ils sont animés par un psychologue clinicien, qui établit les conditions d’échange et favorise la parole de chacun.

« Il s’agit, à chaque fois, de remettre l’adulte âgé au centre et d’ajuster les attentes de chacun », précise Josy Ducarre, psychologue clinicienne, formatrice et consultante, spécialisée en gérontologie.

« La parole de la personne aidée peut parfois être ‘‘capturée’’ par un aidant, mais parfois elle est juste plus silencieuse. » Des temps de médiation entre aidant et aidé uniquement peuvent également être mis en place. Il s’agit toujours de permettre à l’aidé de s’exprimer, de le « réhabiliter en tant que personne », mais aussi de prendre en compte la souffrance de l’aidant, qui peine parfois à trouver sa place dans l’accompagnement.

Groupes de parole

Toujours animés par un psychologue clinicien, l’Ovpar met également en place des groupes de parole pour les proches aidants, des temps de concertation clinique pour les professionnels, et des groupes de travail, qui sont pour l’instant uniquement composés d’aidants professionnels, pour réfléchir par exemple à la manière de rendre accessibles aux aidants les informations pertinentes dont ils ont besoin.

« Ce qui nécessite également un travail auprès des proches aidants, pour recueillir leurs besoins et attentes. » Ils pourraient, à terme, y être également inclus.

© Mairie de VilleurbanneDany Montois, adjointe au maire de Villeurbanne, en charge des personnes âgées et des liens intergénérationnels

« Une réponse innovante et complémentaire aux structures de répit »

« Depuis de nombreuses années, la ville de Villeurbanne a soutenu l’inscription des dispositifs d’aide aux aidants développés par l’Ovpar dans le cadre du contrat local de santé, signé avec l’agence régionale de santé. Ils apportent une réponse innovante et complémentaire aux structures de répit pour les aidants qui existent déjà, comme les accueils de jour, l’hébergement temporaire, ou encore les plateformes de répit et d’accompagnement. Cet élargissement permet de prendre en compte et de prévenir le risque d’isolement. Le recours aux partenaires utilisateurs, tels que les services d’aide à domicile, Ssiad, bailleurs sociaux, et acteurs du lien social, par le biais de conventions de partenariat, est par ailleurs une ingénieuse solution pour faire face à la raréfaction des aides publiques et continuer à proposer ces dispositifs d’aide aux aidants. Tous ces partenaires participent à leur suivi et aux réflexions autour du vieillissement, notamment à travers des groupes de travail. »

Note (01)

Les dispositifs sont cofinancés par les partenaires et l’Ovpar. Contact : 04 78 68 90 50. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 12 partenaires (Ssiad, services d’aide à domicile, bailleurs sociaux…) ont signé une convention avec l’Ovpar.
  • En 2016, l’Ovpar a géré 31 interpellations des partenaires qui ont généré 47 rencontres avec la psychologue et 21 aidants ont participé aux groupes de parole.

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