La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

[Entretien] Économie sociale et solidaire | 21/09/2017
« Nous allons proposer dès 2018 un Social Business Act à la française » – Christophe Itier, nouveau Haut-Commissaire à l’ESS et à l’innovation sociale
par Eric Larpin
Christophe-Itier - haut commissaire à l'ESS et à l'innovation-UNE DR

Christophe Itier, 48 ans, a été nommé Haut-Commissaire à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, à la suite du décret du 4 septembre 2017, qui créait ce poste. Il a pris ses fonctions le 18 septembre dernier.

Email Email

Cet article fait partie du dossier:

Nouveaux outils et moyens : la loi ESS dope le secteur

voir le sommaire

Pourquoi le gouvernement a-t-il décidé de créer un Haut-Commissariat à l’ESS ?

C’était une attente des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) que de retrouver un interlocuteur et c’était une promesse d’Emmanuel Macron que d’intégrer l’ESS dans son gouvernement. Cela correspond à la volonté de porter ces sujets de manière plus concrète et en transversalité auprès de tous les ministères.

Le titre est secondaire, c’est la façon dont on porte le sujet qui est importante. Le Haut-Commissariat est placé sous l’autorité de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, et doit aussi travailler en coopération avec la DIESS, dirigée par Odile Kirchner, qui dépend de la Direction du Trésor.

Quelle vision de l’ESS comptez-vous porter ?

Je viens du secteur associatif et j’ai été également président du Mouves. Je suis donc en quelque sorte une synthèse entre anciens et modernes de l’ESS ! Il faut avoir des modèles économiques performants dans l’ESS pour améliorer le vivre ensemble.

L’autre sujet important qui va occuper mon travail est celui de l’innovation sociale, dont nous voulons faire une nouvelle politique publique. Nous nous mettons dans le sillon de la loi Hamon, qui a placé l’ESS au cœur de l’économie de ce pays. Je pense en particulier que l’ESS, qui a toujours inventé de nouvelles filières, a des solutions alternatives à proposer dans les secteurs du vieillissement, du décrochage scolaire et du chômage de longue durée. Et évidemment, il y a aussi des gisements d’emploi dans la transition écologique, des emplois de proximité non délocalisables.

Quelles sont les priorités de votre feuille de route ?

Il faut aller vite. Nous allons proposer dès le début 2018 un Social Business Act à la française. Cette loi aura pour mission d’identifier les trains de mesure importants pour le changement de l’échelle dans l’ESS. Elle sera coconstruite avec les acteurs, notamment au travers du Conseil supérieur de l’économie sociale et solidaire (CSESS). Pour le moment, on ne peut pas donner des objectifs chiffrés. Mais il y en aura, comme pour la finance solidaire qui vise 1 % de la collecte d’épargne des ménages ou les Scop qui veulent atteindre le nombre de 70 000 emplois.

Nous proposerons de nouvelles mesures spécifiques, mais nous voulons aussi faire reconnaître l’ESS dans les politiques publiques, pour éviter l’erreur du crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice) qui ne concernait pas les associations, car on n’avait tout simplement pas pensé à elles… Notre rôle au sein du Haut-Commissariat sera de polliniser l’ESS dans la société, dans le monde économique et dans l’administration.

Les structures de l’ESS sont nombreuses à utiliser les contrats aidés. Quelle est votre position sur la baisse annoncée ?

Il y a une réflexion de fond à mener sur les contrats aidés. Elle sera menée en coordination avec Jean-Marc Borello, qui s’est vu confier une mission sur ce thème. Les questions qu’on doit se poser sont : les contrats aidés sont-ils efficaces pour le retour à l’emploi ? Quelles solutions doit-on apporter aux associations par ailleurs victimes de baisses des subventions ? Comment améliorer la formation qui accompagne les contrats aidés ?

Sur ce sujet, comme sur les autres, le Haut-Commissariat défendra son ambition de trouver les bons outils pour contribuer au développement de l’ESS.

Son parcours

Christophe Itier a d’abord travaillé dans les collectivités locales puis dans une mutuelle et dans une société de conseil. Il a été, de 2010 à 2017, directeur général de la Sauvegarde du Nord, une association de protection de l’enfance et d’appui aux personnes éloignées de l’emploi, qui compte 1 500 salariés. Il a été également président du Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) de 2016 à 2017.

Thème abordé

Sommaire du dossier

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>