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Aidants | 09/10/2017
Des volontaires en service civique pour relayer les aidants
par Audrey Minart
aide-aidant-senior-UNE © Gianfranco_Bella-Fotolia

Depuis 2008, l’Association Alzheimer à domicile de Valenciennes, dans le Nord, propose un service de répit aux aidants. Une prestation réalisée par des personnes en service civique retraitées du secteur sanitaire ou médicosocial.

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Proches aidants : le long chemin vers la reconnaissance

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L’Association Alzheimer à domicile(1) a pour mission de maintenir les capacités des personnes atteintes de dégénérescence cérébrale. Son directeur, Philippe Giafferi, s’est inspiré du « baluchonnage » québécois pour mettre en place un système de « relayage » de plusieurs jours.

Le code du travail limitant cependant le nombre d’heures consécutives d’intervention, il a finalement choisi de recourir au contrat de service civique, et obtenu un agrément de la préfecture autorisant jusqu’à onze jours de prestation par mois.

Évaluation à domicile

Contacté par des prescripteurs, tels que les maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades Alzheimer (MAIA), les centres locaux d’information et de coordination (Clic), les plateformes de répit des aidants, ou encore des médecins ou assistantes sociales, c’est le directeur lui-même qui procède à une évaluation à domicile.

Il s’agit de retracer l’histoire de vie de la personne aidée, de sa maladie et du stade auquel elle est, un bilan qui permet au volontaire d’être le moins surpris possible lors de la prise en charge. Un questionnaire vise en outre à prendre en compte les besoins de vie de l’aidé(e) : heure de lever, composition des repas, sieste, types d’occupations, nom du médecin, du pharmacien, type de traitement, etc.

« Il m’est arrivé de refuser une prestation parce que ni moi, ni mes intervenants, ne connaissaient la maladie, notamment pour certains autismes. »

Un contrat de prestation est ensuite signé. Cinq volontaires de service civique interviennent dans ce cadre, essentiellement d’anciennes infirmières ou aides-soignantes, toutes à la retraite. Leur rôle n’est pas de déborder sur le travail des autres intervenants professionnels, uniquement de faire pendant quelques jours ce que l’aidant réalise habituellement.

Ancienne aide-soignante, Casimira Hélène Bergel, 65 ans, est l’une d’entre elles. « Mon rôle, habituellement, est de m’occuper de la toilette, de la préparation des repas, de m’assurer que le traitement est pris, la sieste effectuée et d’organiser des activités, qui vont du quiz aux promenades… Nous sommes des caméléons : nous nous adaptons en fonction de la personne, de son histoire de vie, du stade de la maladie… Je dois dire que mon ancien métier m’a bien aidée. »

Rassurer les familles

Son expérience comme volontaire semble par ailleurs rassurer les familles. « Elles sont toujours très inquiètes lors du premier appel, puis souvent rassurées lorsqu’elles comprennent que je connais la maladie. »

« L’avantage des volontaires c’est aussi qu’elles ont donc toutes fréquenté la maladie et la vieillesse pendant leur vie professionnelle », complète Philippe ­Giafferi. « Retraitées, elles sont aussi plus disponibles. Mais puisqu’elles ne sont pas salariées, et donc pas soumises au lien de subordination, elles sont libres de refuser. Et je ne demande jamais pourquoi. »

DRPhilippe Giafferi, directeur de l’association Alzheimer à domicile

« Il reste un écueil : le financement »

« Grâce au service civique, nous avons pu créer un véritable répit pour les aidants, 24 h/24 et sans relève, qui peut aller jusqu’à onze jours par mois. Il reste néanmoins toujours complexe pour l’aidant, souvent culpabilisé, d’y faire appel. Il doit souvent cheminer longuement pour prendre cette décision, et accepter de laisser sa maison à un étranger… L’objectif n’est bien évidemment pas de le remplacer complètement, juste de faire ce qu’il fait habituellement pendant quelques jours. Il reste un écueil : le financement. À ce jour, les aidants l’assument à 100 %, avec possibilité de déduction fiscale. Mais 40 % des demandes de répit ne sont au final pas mises en place parce que les aidants n’ont pas les moyens de les financer. Ce modèle économique est peu pérenne, assez aléatoire, privatif d’une certaine liberté et demande du temps pour remplir une demande ou justifier un choix. La loi sur l’adaptation de la société au vieillissement ouvre une porte via l’APA, mais il n’y a, à ce jour, aucun retour. Des discussions ont aussi été entamées avec certains conseils départementaux. »

Note (01)

Contact : 06 33 79 90 39 - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 63 aidants ont bénéficié de cette prestation depuis octobre 2008, parfois à plusieurs reprises.
  • Coût de la prestation pour l’aidant : 120 euros par période de 24 heures.
  • Coût annuel pour l’association : 32 000 euros.
Thème abordé

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