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Santé | 10/10/2017
Les acteurs du monde de la santé ont vocation à mieux se coordonner
par Laure Martin
santé-familles-UNE © Jenny_Sturm-Fotolia

À l’heure où les équipes de soins primaires, les communautés professionnelles territoriales de santé et les groupements hospitaliers de territoire se mettent en place, la nécessité d’une approche territorialisée est de plus en plus ressentie par les médecins libéraux. Si les agences régionales de santé doivent soutenir ces dynamiques, il appartient d’abord aux professionnels de se prendre en charge. Mais les pouvoirs publics doivent de leur côté apporter une meilleure connaissance de l’offre disponible, initier des projets et séduire les professionnels en faisant jouer les complémentarités.

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« Les besoins évoluent fortement notamment en raison du vieillissement de la population, du développement des maladies chroniques, de la dynamique de l’innovation médicale et des contraintes économiques, ce qui doit entraîner un changement dans notre manière de travailler. Nous devons organiser une réponse de proximité », a affirmé Christophe Lannelongue, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté, lors de la journée de rentrée du Centre national des professions libérales de santé (CNPS), le 6 octobre.

Si les premiers schémas régionaux d’organisation sanitaire (SROS) portaient sur la planification hospitalière, aujourd’hui « nous allons entrer dans une autre approche », a-t-il ajouté, précisant qu’il faut intégrer une dynamique pour que les professionnels fassent évoluer leurs pratiques et répondent aux besoins de la population.

Une prise de conscience

L’activité principale des ARS a été dans un premier temps de gérer le virage ambulatoire et les restructurations hospitalières. « Nous avons fait des progrès énormes en termes de chirurgie ambulatoire et de réduction des durées de séjour », a souligné Christophe Lannelongue.

Aujourd’hui, il y aurait une prise de conscience sur la nécessité d’avoir des soins de proximité efficaces pour mieux organiser les parcours, la prévention, l’éducation, mieux prendre en charge les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques. Si l’ARS doit soutenir cette dynamique, il appartient aux professionnels de se prendre en charge.

Meilleure vision de l’offre de soins

Pour soutenir les dynamiques professionnelles dans les territoires, il faut apporter une meilleure connaissance de l’offre disponible. « Souvent, nous disposons d’une photo de l’état de l’offre de soins sur le territoire mais elle n’est pas dynamique, ce qui ne nous permet pas de savoir pendant combien de temps le médecin va encore exercer sur son territoire », a regretté Laurent Saccomano, président de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Médecins libéraux de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Lorsque l’indicateur d’accessibilité potentielle localisée (APL) est diffusé, il donne une image déjà dépassé. L’URPS incite donc l’ARS à la mise en place d’un observatoire permettant d’avoir une étude précise de l’activité des professionnels de santé dans un secteur donné. « Cela requiert de prendre contact avec eux pour les consulter», a-t-il ajouté, précisant que l’URPS peut jouer ce rôle.

Les CPTS ne sont qu’un modèle

Des dynamiques sont néanmoins déjà en marche dans les territoires, notamment avec les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) dont les acteurs définissent un projet de santé pour le territoire.

Comme l’a rapporté Michel Varroud-Vial, conseiller médical soins primaires et professions libérales à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), les CPTS ne sont qu’un modèle. « Nous n’avons jamais dit qu’il fallait quadriller la France avec des CPTS mais plutôt que les professionnels de santé s’organisent afin de résoudre le problème de l’organisation insuffisante des soins de ville. »

Celle-ci doit permettre au virage ambulatoire de se produire vraiment notamment avec la prise en charge des soins non programmés qui submergent les urgences à défaut d’organisation en ville. « Nous sentons que les CPTS sont l’un des modèles qui vont nous permettre d’avancer mais si on les construit en dehors de la volonté des professionnels, l’objectif ne sera alors que sur le papier », a-t-il soutenu.

Séduire les médecins

« Nous avons des réussites avec les CPTS. Mais celles qui réussissent sont souvent celles issues des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) ou d’autres associations de professionnels de santé qui existent de longue date », a fait savoir Stéphane Billon, économiste de la santé. Selon lui, les ARS doivent revoir leur façon d’agir. Elles doivent « initier des projets, séduire des médecins car aujourd’hui, ce sont eux qui ont la main. Mais ils ne parlent pas la ″langue ARS″ puisque leur priorité est de soigner. Il va falloir montrer à ces médecins qu’ils peuvent faire naître des initiatives ».

Et Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) de conclure : « tous les acteurs du monde de la santé ont vocation à mieux se coordonner. Mais nous ne le faisons pas encore dans une logique de fluidité. C’est pourtant une nécessité. Si l’hôpital se structure avec les groupements hospitaliers de territoire (GHT), les professionnels de ville doivent le faire et non pas en opposition mais dans le cadre d’un partenariat, car si nous restons isolés, d’autres vont nous structurer. Nous sommes dans une logique de complémentarité ».

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