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Social | 11/10/2017
Journées de l’ANDASS : « La sobriété, ce n’est pas l’austérité »
par Catherine Piraud-Rouet
congrès ANDASS-UNE © CPR

Les 29es Journées de l’Association nationale des directeurs d'action sociale et de santé des départements et des métropoles se sont tenues les 4, 5 et 6 octobre à Strasbourg (Bas-Rhin) sous la thématique : "Collaborons, coopérons, coconstruisons avec et pour les habitants". Pour Roland Giraud, délégué aux relations institutionnelles, à la citoyenneté et aux enjeux migratoires au conseil départemental du Pas-de-Calais et président de l’ANDASS, la construction de la société inclusive passe par une plus grande concertation des acteurs, via un "choc de simplification" des process et des étiquettes.

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Qu’est-ce que la « sobriété » de l’action publique, que vous appelez de vos vœux ?

Il s’agit de savoir comment produire une action publique plus sobre avec les habitants. Cette demande se manifeste à deux niveaux. D’abord, sur le plan des process. La situation est paradoxale. Nous sommes confrontés, depuis plusieurs années, à un discours gouvernemental sur la nécessaire simplification des normes. Une orientation partagée par tous, que ce soit techniciens ou élus.

Mais en réalité, tout le monde, au plus haut niveau de l’État comme sur le terrain (élus, institutions, associations…) continue à faire compliqué. Que ce soit dans le secteur privé, lucratif ou non, comme dans le public, on continue à produire de la demande d’indicateurs, de process, de reporting, sans se poser la question de l’utilité profonde de ceux-ci. De fait, le compliqué, c’est aussi les acteurs de terrains (élus, institutions, associations…) qui en produisent.

Il s’agit également d’une question de lisibilité ?

La notion de parcours est nouvelle et constitue un progrès en soi : il s’agit de lutter contre le découpage entre dispositifs, dans une logique beaucoup plus systémique et moins procédurale. Une démarche appelée de ses vœux par la loi de modernisation de notre système de santé de janvier 2016, qui prône les bienfaits de l’accompagnement global.

Mais ces parcours ne communiquent pas entre eux : parcours pour personnes âgées, pour personnes handicapées, de l’aide sociale à l’enfance, garantie jeunes… aucun n’utilise les mêmes mots !

Par ailleurs, ces parcours se présentent souvent sous forme d’acronymes compliqués, illisibles pour la plupart des usagers auxquels ils sont pourtant destinés.

Quelle solutions préconisez-vous ?

Il nous faut définir la coconstruction et la coopération, sous peine d’en faire des mots valises qu’on se renvoie à la figure. Nous devons travailler de concert sur la manière de surmonter cette sorte de discours incantatoire.

Pour ce qui est des parcours, commençons par supprimer ceux-ci, sauf quand ils sont entrés dans le langage courant, comme le RSA (et encore). Plutôt que de dire « un Paerpa » (parcours santé des aînés), pourquoi ne pas évoquer, tout simplement, « un parcours pour les personnes âgées » ?

Il nous faut utiliser des mots faciles à lire et à comprendre, à savoir que les usagers peuvent comprendre. Une avancée qui, qui plus est, ne coûte de l’argent à personne.

Cela concerne aussi l’approche territoriale ?

Pour simplifier il faut faire des choix, alors faisons-en. Si l’on veut donner de la liberté aux territoires et que les départements veulent donner de la liberté aux acteurs, il faut définir des socles communs, en nombre limité, et à adapter ensuite en fonction de la réalité des territoires.

Pour ne pas enfermer les gens dans les parcours, mettons-nous d’accord sur des définitions communes. Pour ce faire, les acteurs doivent se mettre autour d’une table et prendre le temps de se parler. La délibération collective, c’est gagner du temps, certainement pas en perdre.

Pour plus d’efficience, il faut aussi accompagner sur les parcours, via des formations, les professionnels et les aidants. C’est la clé pour que les gens, quand ils se parlent, se comprennent, et qu’accessoirement les usagers pour tel outil était fait arrivent à le comprendre.

Êtes-vous plutôt optimiste sur la faisabilité de ces démarches ?

On assiste actuellement à une démultiplication d’initiatives qui vont dans ce sens au niveau des territoires. La CNSA commence à mettre ces conseils en application, avec la rédaction d’explications faciles à lire et à comprendre sur son site, en rapport avec la notion d’accessibilité universelle.

Actuellement quelque 30 % des personnes n’accèdent pas à leurs droits. Une société inclusive, cela se construit. La sobriété, ce n’est pas l’austérité. Pour cela, la coopération entre les territoires, la coconstruction entre acteurs, la coformation avec les usagers sont des pistes à fort potentiel

Les pistes de l’ANDASS

Lors de leur assemblée générale, le 4 octobre, les 150 membres de l’ANDASS ont lancé les pistes suivantes pour l’année à venir :

  • une réflexion sur l’évolution du statut de l’association, avec une ouverture à des partenariats action et d’autres cadres ;
  • le conseil d’administration sera renouvelé en juin 2018, avec la remise en jeu du mandat de l’actuel président ;
  • un projet de livre retraçant l’action de l’ANDASS est envisagé pour les 30es Journées, qui auront lieu à Toulouse (Haute-Garonne).
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