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Grand âge | 11/11/2011

Quand le hip-hop happe l’Ephad

par Olivier Bonnin

Une maison de retraite de l’Hérault découvre les vertus de la danse urbaine.

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L'animation en maison de retraite

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« Nous faisons du hip-hop de personnes âgées. Vous n’allez pas nous voir tourner sur la tête ! » Malvoyante, sœur Yvette n’est certes pas un as du break dance, mais cette résidente de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Notre-Dame-des-Champs, aux Matelles (Hérault), fait déjà quelques prouesses. Le bras droit tendu, la religieuse esquisse une vague jusqu’à la main gauche, le sourire radieux. Autour d’elle, nombre de pensionnaires suivent l’atelier de hip-hop depuis leur chaise roulante. Qu’importe : Ginette Guillet parvient à faire tourner en rond son engin motorisé ; quant à Juan de Regis, yeux fermés et bouche ouverte, il exécute du bout des bras toute la chorégraphie dictée par Miloud Haddou…

Evidence

Agé de 27 ans, le nouvel animateur de la maison de retraite a rencontré quelques difficultés pour convaincre ses interlocuteurs de la pertinence de son projet. « Même les familles haussaient les épaules », se souvient son collègue Vincent Clauzon. Alors que pour Miloud Haddou initier les résidents au hip-hop était une évidence. L’intérêt est naturellement physique : la danse permet de travailler « l’équilibre, la coordination des mouvements ou encore le déplacement dans l’espace ». En outre, « le hip-hop s’adresse à un public en marge » ; l’introduire en Ehpad doit aider les pensionnaires à « s’intégrer dans la société actuelle ». Enfin, la danse urbaine permet des échanges avec les adolescents, « qui vivent, eux aussi, une quête d’identité et des changements dans leurs corps », poursuit l’animateur. Les petits-enfants de passage peuvent porter un regard neuf sur leur grand-mère à casquette !

« Le fil rouge de nos animations est le maintien du lien social », souligne le directeur de la structure, Patrice Serre. « Cet atelier apporte une ouverture vers l’extérieur que nous ne soupçonnions pas », apprécie, à ses côtés, Vincent Clauzon. Certes, après bientôt une année, le cours hebdomadaire n’attire encore qu’une quinzaine de résidents sur les 61 accueillis. Mais danser sur du funk n’est pas à la portée de tous…

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