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Parité | 30/11/2017
L’ESS aussi a besoin d’un choc de l’égalité femmes-hommes
par Eric Larpin
parité-egalité_hommes-femmes-UNE © Thodonal-Fotolia

Comme dans le reste de l’économie, le chemin vers la parité dans l’économie sociale et solidaire est encore long. Le premier rapport du Conseil supérieur de l’ESS en porte témoignage. Ses préconisations et le volontarisme des nouveaux dirigeants veulent provoquer un choc d’égalité dans le secteur de l’ESS, d’ici à trois ans seulement. Une justification qui n’est pas que morale car selon France Stratégie, "la réalisation de l’égalité professionnelle en France pourrait rapporter jusqu’à 7 % de croissance du PIB".

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Pas mieux ! Pour les objectifs de parité et d’égalité femmes-hommes dans le monde professionnel, l’économie sociale et solidaire (ESS) ne fait pas mieux que le reste de l’économie… C’est le sombre constat qui ressort du premier rapport Égalité entre les femmes et les hommes dans l’ESS, diffusé à la Fondation Macif par le Conseil supérieur de l’ESS (CSESS). L’événement était placé sous le double sceau du Mois de l’ESS et du Tour de France de l’égalité.

Grande cause du quinquennat

Comme partout ailleurs, la progression pour voir arriver des femmes aux postes de responsabilités est très lente. Mais les initiatives se multiplient, comme en ont témoigné les actrices et acteurs de l’ESS présents à la remise du rapport, un rapport très attendu par le Collectif FemmESS, qui en est à l’origine avant que la réglementation ne valide leur idée.

L’objectif d’égalité femmes-hommes, annoncé la semaine dernière par le président de la République, comme « grande cause du quinquennat », s’appuie en effet pour l’ESS sur des textes récents, comme l’accord-cadre du 27 novembre 2017 sur l’égalité professionnelle dans l’ESS et l’article 4 de la loi sur l’ESS du 31 juillet 2014, qui rend obligatoire un rapport triennal du CSESS sur l’égalité femmes-hommes.

Plus on monte dans la hiérarchie, plus rares sont les femmes

Pour ce premier rapport, le Conseil supérieur est évidemment parti d’un état des lieux. « Nous avons voulu vérifier si les slogans de l’ESS (émancipation, démocratie, égalité des chances) trouvaient une application concrète. On est encore loin du compte. Le secteur est très féminisé, avec 67 % de salariées, mais plus on monte dans la hiérarchie, plus rares sont les femmes, avec 34 % de femmes présidentes d’associations, 24 % dans les CA des mutuelles, 4 % de dirigeantes dans les coopératives d’artisans et seulement 31 % de créatrices dans les nouvelles entreprises sociales. Cette structure a une conséquence sur le niveau de salaires des femmes, plus bas en moyenne globale que ceux des hommes », explique Élisa Braley, coordinatrice du rapport.

Un observatoire dynamique de l’égalité et de la parité

Le temps presse désormais et le rapport présente d’ores et déjà onze préconisations. Parmi les deux plus spectaculaires, il y a « l’objectif d’atteindre la représentation équilibrée des femmes et des hommes égale au moins à 40 % des sièges attribués à chaque sexe, dans les instances dirigeantes élues des entreprises de l’ESS » et la création d’un observatoire dynamique de l’égalité et de la parité femmes-hommes dans l’ESS.

Celui-ci, d’ores et déjà opérationnel, sera chargé de mettre en lumière les bonnes pratiques lancées un peu partout en France et dont certaines ont été présentées lors de la présentation du rapport.

Jusqu’à 7 % de croissance du PIB

Par exemple, les femmes dirigeantes en mutuelles ont lancé le réseau Mutelles « pour améliorer la place des femmes dans les mutuelles et mettre les pratiques et les valeurs de l’ESS en cohérence », selon les termes de Dominique Joseph, secrétaire générale de la FNMF.

L’association Galilée a diffusé un guide de l’égalité professionnelle entre femmes et hommes, avec le soutien de la direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité des Hauts-de-France.

Le Mouves a promu le programme Caravelle pour accompagner les femmes entrepreneuses dans les start up solidaires.

Des initiatives et des besoins qui ont confirmé à Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’ESS, que l’égalité femmes-hommes était « une priorité de sa feuille de route pour son plan stratégique de développement de l’ESS. Je suis même partisan d’une parité stricte à l’horizon 2020. L’ESS doit être un fer de lance sur la parité dans la sphère économique ». Avec à cela une justification simplement économique, car comme l’indiquait France Stratégie en 2016 : « la réalisation de l’égalité professionnelle en France pourrait rapporter jusqu’à 7 % de croissance du PIB » !

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