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Santé mentale | 30/11/2017
Le conseil local de santé mentale rapproche les compétences
par Géraldine Langlois
Concertation-dialogue-UNE © Alotofpeople-Fotolia

À Rennes, une vaste dynamique partenariale locale se construit autour des questions de santé mentale. Elle s’illustre notamment au sein du conseil local de santé mentale dont la ville a impulsé la création en 2010.

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Santé mentale : il va falloir travailler ensemble

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Les comités locaux de santé mentale (CLSM), comme celui de Rennes (Ille-et-Vilaine), visent à « définir en commun des politiques locales et des actions à entreprendre pour l’amélioration de la santé mentale de la population concernée », indique le Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale.

En plus de la ville, des acteurs de la psychiatrie et des « usagers », constituent les trois piliers essentiels d’un CLSM. « Il rassemble un éventail très large d’acteurs publics, associatifs et privés, de la santé au social en passant par le logement, la sécurité, la citoyenneté, la culture », explique Nicolas Henry, son coordinateur (1).

Culture commune

Ils définissent chaque année, lors de la semaine d’information sur la santé mentale, les grandes lignes de l’action du conseil. Un comité de pilotage plus restreint définit les priorités de travail. « Il a un rôle important dans la construction d’une culture commune entre les acteurs », souligne Nicolas Henry.

Il réunit trois fois par an la ville, l’ARS, le conseil départemental, l’établissement public de santé mentale, les secteurs de psychiatrie, les acteurs médico-sociaux, deux cliniques, deux associations sociale et sanitaire et les associations de personnes concernées et de familles.

Ce copil définit les thématiques des groupes de travail. Un groupe prépare la semaine d’information sur la santé mentale (SISM). Un autre « travaille sur l’inclusion des personnes en soins psychiatriques et à rapprocher soignants, patients et artistes, via la culture », poursuit le coordinateur.

Le groupe sur les soins sans consentement a par exemple œuvré à l’articulation des interventions des forces de l’ordre, des médecins et des services sociaux lors d’une situation de crise. D’autres s’activent sur le logement, la protection des personnes vulnérables ou la participation citoyenne. Une « thématique d’attention » porte aussi sur la précarité et la santé mentale.

Dans chaque groupe, des professionnels des secteurs impliqués et des personnes concernées, souvent issues de groupes d’entraide mutuelle (GEM), cherchent à mieux répondre aux besoins et à articuler leurs interventions.

Situations complexes

Comme tous les CLSM, celui de Rennes a mis en place des cellules d’alerte. Elles permettent de réunir tous les partenaires concernés par une situation « complexe » vécue par une personne.

« Ces situations portent toujours sur des points dont la plupart des acteurs estiment qu’ils ne relèvent pas de leur compétence », observe le coordinateur.

En fonction des problématiques en jeu, ils cherchent une solution, parfois en faisant un pas de côté. Un médiateur peut appeler les services de secours en cas de besoin, un service social peut désigner une personne de permanence pour exercer le « rôle » de tiers lors d’une demande d’hospitalisation sans consentement pour une personne très isolée…

Si l’évaluation des actions est en projet, la démarche a en tout cas rapproché les compétences.

« Il a fallu faire du ‘‘porte-à-porte’’ auprès de tous les acteurs » – Nicolas Henry, coordinateur du CLSM de Rennes

« Le CLSM constitue le ‘‘chapeau’’ de plusieurs initiatives plus anciennes. Dans les années 2000, face à l’augmentation du nombre de personnes présentant une souffrance psychique, la ville a réuni des acteurs de la psychiatrie, du social, de la sécurité publique et du logement autour d’actions sur l’insertion, les soins sans consentement, les situations de crise, le logement et une concertation sur des situations individuelles problématiques. Parallèlement, des instances de concertation sur les « situations complexes » portées par les secteurs psychiatriques et les services sociaux se sont formalisées dans les espaces sociaux communs des six quartiers de Rennes car les secteurs de la psychiatrie cherchaient des interlocuteurs dans le domaine social et vice-versa… Malgré cela, l’installation du CLSM n’a pas été simple. Il a fallu faire du ‘‘porte-à-porte’’ auprès de tous les acteurs. Les cellules d’alerte ont eu aussi un rôle favorable. Et, en 2014, nous avons pu reformer le comité de pilotage, incluant notamment des représentants d’usagers, qui fonctionne aujourd’hui. »

Note (01)

Contact : Nicolas Henry, ni.henry@ville-rennes.fr, 02 23 62 20 71. - Retourner au texte


Chiffres Clés

  • 2004-2010 : partenariats fluctuants, mise en place d’instances de concertation dans les quartiers.
  • 2010 : création du CLSM.
  • 2011 : recrutement du coordinateur du CLSM.
  • 2014 : constitution d’un nouveau comité de pilotage du CLSM.
  • 2016 : adoption de la charte du CLSM.
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