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Sécurité | 19/12/2017
Face aux risques d’attentats, les hôpitaux s’organisent… lentement
par Solange de Fréminville
Ambulance avec etoile de vie devant l'accueil d'un hopital-UNE © Fotoschlick-Fotolia

« Pour nombre de soignants, l’idée qu’un hôpital puisse être la cible d’un attentat est impensable ». Et pourtant. Alors qu’une instruction du ministère de la Santé et des Affaires sociales du 4 novembre 2016 invite les établissements à mettre en place des plans de sécurité, beaucoup se sentent démunis. Le club des directeurs et conseillers sûreté des établissements hospitaliers, créé en novembre 2016, s’est réuni pour la première fois au CHU de Nîmes, le 14 décembre pour partager et diffuser son expertise.

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Assurer la protection des personnes et des biens d’un hôpital qui accueille jour et nuit des milliers de patients pour les soigner, cela relève sans aucun doute du casse-tête. Mais les établissements n’ont plus le choix. À la suite des attentats de 2015, une circulaire ministérielle (1) demandait la mise en place d’un plan de sécurité dans chaque établissement de santé.

Pas de culture sécurité

C’est alors qu’a été fondé le club des directeurs et conseillers sûreté des établissements hospitaliers.

Aujourd’hui, trente-sept professionnels en font partie, soucieux de partager et diffuser l’expertise acquise par les plus aguerris d’entre eux. D’autant que « certains établissements partent de zéro, ils n’ont pas de vidéoprotection, pas de culture sécurité », souligne André Aubaret, conseiller pour la sécurité générale au CHU de Toulouse et l’un des fondateurs du club.

« Pour nombre de soignants, l’idée qu’un hôpital puisse être la cible d’un attentat est impensable », observe Emiline Monjo, adjointe au directeur de la sécurité des Hospices civils de Lyon.

Expérience des programmes de prévention

Aussi n’est-ce pas par hasard que le club organisait le 14 décembre sa première journée d’échange au CHU de Nîmes. Son service sûreté est l’un des plus anciens et des plus expérimentés, sous la responsabilité de Thierry Gaussen, autre fondateur du club.

Avec ses collègues venus des plus importants hôpitaux de l’Hexagone (Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, etc.) et de quelques centres hospitaliers, ainsi que de Vincent Terrenoir, de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) et de Christophe Perrin, chef du service d’animation des politiques de sécurité intérieure à la préfecture du Gard, il a partagé son expérience des programmes de prévention des violences et du récent plan de sécurité établissement.

Exercice grandeur nature

Premier axe : la formation des agents de sécurité et la sensibilisation de l’ensemble du personnel hospitalier. « Nous avons diffusé des informations sur Vigipirate, les mesures à prendre en cas d’intrusion armée, la prévention de la radicalisation, etc. Un cadre de mon équipe est devenu formateur, cela nous permet de nous appuyer sur une ressource interne », explique Thierry Gaussen.

Comme d’autres grands établissements, il a organisé un exercice grandeur nature pour faire face aux risques d’attentats, dans le cadre d’une convention avec les forces de l’ordre. « Pour ne pas impacter le bon fonctionnement de l’hôpital, nous l’avons fait en deux fois. D’abord, sur le volet sanitaire, avec un parcours défini aux urgences. Ensuite, en simulant la fermeture de tous les accès, réservés à ceux à qui on fournit des codes », rapporte le responsable sûreté du CHU de Nîmes.

Des portiques détecteurs de métaux ?

Mais les échanges ont également porté sur les projets destinés à mieux sécuriser les hôpitaux. « Par exemple, serait-il judicieux d’installer des portiques détecteurs de métaux aux urgences ? Il y en a à l’entrée du secteur fermé de la psychiatrie. Mais c’est compliqué, cela sonne souvent, sans que cela signifie forcément un danger », indique Thierry Gaussen.

Le constat majeur demeure que les violences sont avant tout endogènes aux établissements. Au CHU de Nîmes, par exemple, trois violences sur quatre enregistrées par l’établissement proviennent de patients. Principalement des agressions verbales, insultes, menaces, et parfois des coups, dont le personnel soignant est la première cible.

Un groupe pluridisciplinaire pour mieux prévenir les violences

Selon le rapport publié par l’ONVS en 2017, la psychiatrie est le secteur le plus touché, suivi par les urgences. C’est pourquoi les mesures sécuritaires ne suffisent pas.

Ainsi, l’établissement nîmois s’appuie également sur un groupe pluridisciplinaire pour mieux prévenir les violences. Il est composé de représentants du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, de la psychologue du travail, de la direction de la politique sociale de l’établissement et de son responsable sûreté. Sous pression, également…

Note (01)

Instruction du ministère de la Santé et des Affaires sociales du 4 novembre 2016 relative aux mesures de sécurisation dans les établissements de santé. - Retourner au texte

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