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ESS | 24/01/2018
Avec French Impact, le Gouvernement veut accélérer l’innovation sociale
par Eric Larpin
Innovation-UNE © Thodonal-AdobeStock

Le Gouvernement a officiellement présenté le 18 janvier "French Impact", un accélérateur d’innovation sociale. Avec cet outil s’inspirant du label "French Tech", il entend montrer qu’il compte sur l’ESS dans le développement des territoires et la création d’emplois innovants. Une série de mesures va aider les acteurs de l’ESS à changer d’échelle avec un premier appel à candidatures dès février. Mais malgré l’annonce de la mobilisation d’un milliard d’euros sur cinq ans, des interrogations subsistent sur la taille et la nature des financements.

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Le nouvel accélérateur national de l’innovation sociale présenté par Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, est le cadre structurant dans lequel les acteurs de l’ESS (et surtout les entreprises sociales) vont se mouvoir pendant la durée du quinquennat.

Il a son lot de dispositifs nouveaux et de financements anciens, puisqu’il y a l’idée d’agréger des lignes budgétaires qui existent déjà dans les grands plans et programmes gouvernementaux et dans les collectivités locales, avec des fonds issus du privé.

Inventer de nouvelles politiques publiques

L’ensemble des mesures de l’accélérateur est regroupé sous la nouvelle bannière du French Impact, le Gouvernement Philippe en espérant les mêmes résultats que la French Tech !

L’ambition annoncée pour cet accélérateur est forte : inventer de nouvelles politiques publiques et irriguer les plus anciennes dans une logique de coconstruction et d’open source.

« En nous inspirant de l’ESS et en la prenant pour référence, nous voulons encourager les innovations, valoriser les initiatives et transformer les modes de production, en y intégrant les dimensions sociales et écologiques » a déclaré Nicolas Hulot devant les nombreux acteurs de l’ESS présents, dont beaucoup (comme le Conseil supérieur de l’économie sociale) avaient participé à la construction de l’accélérateur.

Un milliard d’euros sur cinq ans

Ce qu’on trouve dans l’accélérateur, dont le contenu a été détaillé par Christophe Itier, Haut-Commissaire à l’ESS et à l’innovation sociale, c’est donc d’abord plusieurs dispositifs nouveaux : une plateforme digitale pour fédérer une communauté d’acteurs au French Impact, la mobilisation d’un milliard d’euros sur cinq ans issu de fonds publics et privés, la mise en place d’un réseau de hackers publics dans les ministères et les collectivités locales (pour lutter contre la complexité administrative, à laquelle se heurte l’ESS), le soutien et la labellisation d’incubateurs, de ruches et de territoires innovants, et la mesure de l’impact social des innovations.

Un premier appel à candidatures dès février

Plus concrètement, toutes ces idées vont prendre la forme en février d’un premier appel à candidatures des pionniers de l’accélérateur, une dizaine d’entreprises qui seront l’exemple de ce que le Haut-Commissaire veut encourager : l’expérimentation sociale et le changement d’échelle.

En mars, il y aura un nouvel appel à candidatures pour labelliser les accompagnateurs de l’accélération : incubateurs et territoires. En milieu d’année, un French Impact Tour va être lancé pour identifier les territoires pilotes du French Impact, avant que ce dispositif ne soit déployé sur toute la France au début de 2019.

Enfin, un fonds d’amorçage, mobilisant des ressources publiques et privées, sera lui aussi créé en milieu d’année.

Un accueil favorable

Les acteurs de l’ESS ont plutôt favorablement accueilli l’arrivée de l’accélérateur. Pour l’Union des employeurs de l’économie sociale (UDES) « les mesures annoncées vont dans le bon sens et, puisque prioritairement ciblées vers les entreprises de l’ESS, sont de nature à accompagner le développement des projets d’utilité sociale portés par les entreprises du secteur (associations, coopératives, mutuelles, entreprises sociales).

Si l’UDES accueille favorablement le dispositif envisagé, ce dernier nécessite une clarification sur les modalités de financement de l’enveloppe d’un milliard d’euros annoncée pour soutenir les projets et sur les critères d’évaluation des projets retenus ».

De son côté, la CRESS Ile-de-France réclame de continuer à avancer dans la coconstruction : « il s’agit simplement de rappeler que pour être sociale, l’innovation a besoin de temps. Par essence ancrée dans les territoires, elle mobilise un collectif d’acteurs, croise des compétences, s’appuie sur la concertation ». L’accélérateur est une étape importante de structuration et de développement pour l’ESS, avant le lancement annoncé du Social Business Act, prévu pour avril prochain.

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