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Politique de la ville | 31/01/2018
Les « Territoires gagnants » veulent faire vivre l’appel de Grigny
par Stéphane Menu
sport-baskets-UNE © Kikovic-AdobeStock

Parallèlement au plan Banlieue en cours d’élaboration, le collectif ''Territoires gagnants'' veut faire vivre l’appel de Grigny. Dix groupes de travail ont été lancés et un tour de France est en cours pour coconstruire avec les acteurs locaux. Dernière étape : Mulhouse, le 29 janvier… Objectif : face à une situation explosive dans les quartiers, montrer que les solutions existent et qu’il suffit de les décupler. La démarche s’achèvera symboliquement en octobre à Grigny pour dresser le bilan d'un an de mobilisation et de travail.

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Le 16 octobre dernier étaient réunis les États généraux de la politique de la ville à Grigny (Essonne), impulsés, entre autres, par le réseau Ville et Banlieue et l’association Bleu Blanc Zèbre. De cette rencontre est né le collectif « Territoires gagnants », dont l’objectif est de faire vivre « l’esprit de l’appel de Grigny », pour reprendre l’expression de Jean-Philippe Acensi, président national des « Zèbres ».

L’insertion, le sport ou la formation

En lien avec le ministère de la Cohésion des territoires, « dix groupes de travail thématiques ont été lancés pour proposer des mesures concrètes au Gouvernement, sur des sujets aussi divers que l’insertion professionnelle, le sport dans les cités ou encore la formation professionnelle », assure le président.

Le Gouvernement compte visiblement sur cette dynamique puisque les Territoires gagnants étaient présents le 10 janvier dernier lors du lancement des groupes de travail pilotés par le Gouvernement « pour la coconstruction d’un plan national pour les quartiers ».

Pour autant, les Territoires gagnants n’entendent pas se laisser instrumentaliser. « La situation est quasi-explosive dans les quartiers de la politique de la ville ? Qu’est-ce qu’on fait ? Plus personne n’en parle. On veut lancer un vaste mouvement avec des propositions concrètes. En espérant que nos aspirations recouperont le projet gouvernemental ».

L’heure est aux remue-méninges

Dans cette optique, un Tour de France des solutions a été monté. La première étape a eu lieu à Roubaix le 8 décembre 2017 où près de 500 acteurs de la politique de la ville se sont réunis autour de la question de l’emploi. Le 29 janvier 2018, c’est à Mulhouse que les acteurs se sont retrouvés autour du thème de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

« Le principe de ces rencontres repose sur des échanges d’expériences, de constats, de solutions, etc. entre élus, chefs d’entreprises, agents des collectivités, etc. C’est un spectre très large ». L’heure est donc aux remue-méninges. Le collectif jouera sa crédibilité sur l’effectivité de ses propositions. « Par exemple, sur le recours à l’apprentissage dans les quartiers prioritaires, nous partons de très bas. Nous proposerons de multiplier par trois leur nombre en fixant un horizon raisonnable et en impliquant des réseaux d’entreprises, des acteurs associatifs, des cabinets de recrutement, etc. ».

Redonner de la profondeur à l’action dans les quartiers

A Mulhouse, 60 maires avaient répondu présents. « Ils étaient là pour repartir avec une boite à outils, des solutions rapides pour redonner de la profondeur à leur action dans les quartiers. Parce qu’il y a de grands leaders associatifs ou entrepreneuriaux qui travaillent dans les quartiers, qui ont les mains dans la glaise et qui ont des solutions que l’on n’écoute pas assez : comment être plus présent sur le territoire, mais pas seulement à travers les services publics ? Pourquoi quelque chose qui marche à tel endroit ne pourrait pas marcher ailleurs ? ».

L’idée est de « décupler la capacité d’intervention » à travers l’existant, tels les Écoles de la 2e chance, les Cordées de la réussite, etc. Quitte à prendre de vitesse un droit commun bien peu efficace ?

Grigny, point de départ et… d’arrivée

Après Mulhouse, le collectif se retrouvera le 15 février à Sevran sur la thématique du sport. S’ensuivront des rassemblements sur la vie associative (en mars à Paris), sur la culture (en avril à Allonnes), sur l’image des quartiers (en mai à Évreux).
Les points de chute des étapes suivantes ne sont pas encore arrêtés mais il est acté que la démarche s’achèvera symboliquement en octobre à Grigny pour dresser le bilan d’un an de mobilisation et de travail. Il sera alors temps de savoir si « l’esprit de Grigny » a soufflé sur la politique de la ville au point de la rénover profondément.

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