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ESS | 08/03/2018

Leadher veut favoriser l’entrepreneuriat social au féminin

par Eric Larpin
leader-devant-entrepreneur-femme ©sewcream-AdobeStock

Pour favoriser le leadership et l’entrepreneuriat au féminin, le Mouvement des entrepreneurs sociaux a mis en place des formules d’accompagnement par les femmes pour les femmes.

Sur la question de la parité, les entreprises sociales ne se distinguent malheureusement pas du reste des entreprises. Si deux tiers des salariés de l’économie sociale et solidaire (ESS) sont des femmes, elles ne sont plus qu’un tiers à être en responsabilité…

Pour tenter d’y remédier, le Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux) a lancé l’an dernier le programme Leadher (1), qui associe une marraine expérimentée à une jeune créatrice d’entreprise dans l’ESS pendant une dizaine de mois. Ce mentorat (2) n’est pas un accompagnement supplémentaire à la création d’entreprise, mais bien un programme destiné à faire émerger le leadership féminin.

Charte de mentorat

Leadher a trouvé son inspiration dans des initiatives régionales comme Egalitere en ­Occitanie ou Little Big Woman dans les Hauts-de-France. « Ces dispositifs s’adressent à toutes les créatrices d’entreprise sans distinction. Nous les avons adaptés aux entrepreneuses sociales. Nous avons démarré dans une demi-­douzaine de régions, pour un total de 50 binômes ­mentore-filleule », souligne Mathieu Adeline, responsable de Leadher au Mouves.

Les marraines ont été sélectionnées parmi les adhérentes du Mouves sur la base du volontariat ; elles ont d’abord reçu elles-mêmes une demi-journée de formation par des coaches choisies dans chaque région. Ces coaches professionnelles sont encore présentes lors de la journée de jumelage entre les mentores et leurs filleules. Toutes deux signent une charte de mentorat, pour formaliser les relations de travail. Il leur est également proposé un journal de mentorat, pour les aider à mettre en place leurs réunions (généralement une par mois) et leurs contenus.

Émilie Vignes s’est intéressée à la possibilité d’intégrer le programme Leadher. « J’ai lancé mon entreprise See You Career and Universe en octobre 2016. J’ai pu bénéficier du programme dès avril dernier. Cela m’a donné un nouveau souffle au moment où mon entreprise basculait dans le concret. J’étais à un moment-charnière et le fait d’avoir une mentore à mes côtés a été très important. C’était structurant de dialoguer avec quelqu’un d’expérience et de pouvoir prendre du recul. Cela donne à la fois une inspiration globale pour aller de l’avant et aussi des conseils pratiques de gestion », explique cette maman de deux jeunes enfants. Aujourd’hui, l’entreprise installée dans un tiers-lieu à ­Montreuil (Seine-Saint-Denis) a pris son envol, avec de nombreux clients professionnels.

Nouvelle promotion

Fort de ses premiers succès, le Mouves va engager cette année une nouvelle promotion d’une quarantaine de binômes. Le programme Leadher est également soutenu par des collectivités comme la ville de Paris, des délégations régionales aux droits des femmes et à l’égalité ainsi que des fondations. Dans la continuité de Leadher, le Mouves a aussi lancé l’an dernier, avec l’association Empow’her, le programme Caravelle, un accompagnement collectif pour les entrepreneuses sociales.

DREstelle Barthélémy, mentore du programme Leadher, directrice générale adjointe de Mozaïk RH

« Il y a un espace d’entraide possible où l’on peut favoriser l’entrepreneuriat social au féminin »

« En tant que vice-présidente du Mouves, mon engagement dans le programme Leadher était une évidence. Comme mentore, j’essaie d’apporter un œil extérieur, pour conforter une jeune créatrice dans ses choix et pour réfléchir avec elle sur des problématiques particulières de son entreprise. Le programme prouve qu’il y a un espace d’entraide où l’on peut favoriser l’entrepreneuriat social au féminin. On cherche à favoriser les transferts de compétences et de réseaux. On montre aussi qu’il y a de nouvelles façons d’impacter l’intérêt général. Il faut encore plus de créatrices d’entreprises dans l’ESS ; lors des grandes manifestations et des prix décernés dans le secteur, on constate qu’elles ne sont pas encore assez nombreuses. Le programme de mentorat est un engagement important en termes de temps, mais je pense rester disponible après la période des dix mois. »

Note (01)

Contact : programme Leadher, Mathieu Adeline, 01 40 38 67 55. - Retourner au texte

Note (02)

Public : mentores : femmes cadres et chefs d’entreprise ayant au moins deux ans d’expérience ; filleules : créatrices d’entreprise en amorçage - Retourner au texte

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