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Le mot du social | 29/05/2018
A comme asile
par Nathalie Levray
NATHALIE_LEVRAY © Julien_Benhamou

L’asile est un lieu. À respecter et à préserver de la mise à sac pour le Grec (asylus, sans dévastation ni pillage). Pour accueillir avec le Latin (asylum) qui acclimate le mot pour désigner un temple, un lieu inviolable où une personne poursuivie ou persécutée dans son propre pays trouve sûreté et protection.

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Loi asile : l’impossible consensus

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Regardé comme un droit attaché à un lieu de culte, l’asile est peu à peu limité, pour pouvoir punir un crime, voire refusé, pour ménager la diplomatie ou exclure des catégories de personnes.

Quand la religion de l’asile disparaît, l’asile des États la remplace. L’individu est protégé par des autorités étrangères pour des raisons politiques ou religieuses. Le droit se distingue du lieu.

L’hébergement ou l’accueil des demandeurs d’asile s’organise aujourd’hui dans des centres spécialisés, encadrés par les pouvoirs publics. L’asile est un « trésor confisqué, perdu, oublié », écrit Marie-Claire Caloz-Tschopp, faute d’être « sans condition ».

Un certain sentiment d’enfermement point. Alors que « l’asile [devrait être] ancré dans l’hospitalité, évidence philosophique et politique », il s’inscrit dans une situation de contrôle de motifs restreints. Les grands principes qui furent à l’origine de la politique de l’asile cèdent devant les objectifs de la politique de l’immigration.

Gilles Frigoli alerte sur la constitution progressive d’« une offre de prise en charge sociale » qui assujettit les demandeurs d’asile à « un mode de gestion de la précarité ». « L’entrée de la demande d’asile dans la sphère de l’assistance, et avec elle, l’entrée du demandeur d’asile dans le monde des usagers des services sociaux » conduit à la « dépolitisation » de l’asile – selon Noiriel –, et trace les lignes de la disparition de ce droit, la « mort de l’asile » pour Frigoli.

Devenu un exclu comme un autre, le demandeur d’asile n’aura plus qu’à espérer, avec le poète, le dernier asile, l’asile des morts.

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