La Gazette Santé Social - Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Site d’information destiné aux acteurs sanitaires et médico sociaux

Sport-santé | 17/07/2018
Des cubes énergies en Occitanie pour promouvoir l’activité physique des 6-11 ans
par David Picot
sport santé © fovivafoto-AdobeStock

Chaque année depuis 2013, le "Grand défi vivez bougez" mobilise des milliers d’enfants, à partir de centaines d’écoles occitanes. Une émulation qui gagne ensuite les mairies, les associations sportives et les familles.

Email Email

Cet article fait partie du dossier:

Le sport-santé cherche son second souffle

voir le sommaire

La sixième édition du « Grand défi vivez bougez », le GDVB, comme tout le monde l’appelle, s’est achevée le 25 mai dernier, par la « Grande récompense », au Palais des sports René-Bougnol de Montpellier (Hérault), en présence d’un millier d’enfants.

Un millier sur les 17 000 qui ont participé cette année à cette manifestation dont l’objectif est d’augmenter la pratique quotidienne en activité physique des enfants scolarisés en primaire et de leur permettre d’atteindre les recommandations officielles : une heure par jour d’activité modérée ou soutenue. Seuls 30 % des petits y parviendraient…

Livret pédagogique

Tout est parti d’un contrat local de santé (CLS) entre l’agence régionale de santé (ARS) ­Occitanie et la communauté de communes du Clermontais (Hérault), à travers quelques opérations « santé » au sein des écoles. Ensuite ? Sous l’impulsion de l’ARS et d’Epidaure, le département prévention de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM) qui conduisait déjà des opérations de promotion de la santé en milieu scolaire, l’idée a été de s’inspirer du « Grand défi Pierre-Lavoie » et de ses 400 000 enfants rassemblés chaque année au Québec.

La direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) Occitanie, l’académie de Montpellier et plusieurs collectivités territoriales sont ainsi venues s’agréger au dispositif.

En pratique, sur une période d’un mois – entre le 5 mars et le 15 avril, pour cette année 2018 – les enfants sont incités à pratiquer une activité physique régulière à l’école, en famille, en périscolaire, etc. « La porte d’entrée du dispositif est vraiment l’école », confie Mathieu Gourlan, coordonnateur du GDVB pour l’ICM.

Un livret pédagogique est ainsi fourni aux enseignants avec le contenu de séances « clés en main ». « Ensuite, le plus souvent, la mairie, voyant ses écoles se mobiliser, organise à son tour des événements en lien avec la promotion de la santé et/ou prête du matériel aux associations qui le souhaitent également ». Une émulation se crée ainsi sur les territoires, jusqu’au sein des familles bien sûr.

Esprit Téléthon

Les enfants sont ainsi invités à mesurer leur activité physique en « cubes énergie », sachant que 15 minutes équivalant à un cube. « Mais ce n’est pas une compétition », défend Mathieu Gourlan. « Nous sommes davantage dans un esprit Téléthon.

En pratique, chacun matérialise son niveau quotidien dans un « Petit carnet vivez bougez ». Pour cette édition 2018, près de 2,5 millions de cubes énergies ont ainsi été collectés par 17 131 élèves répartis dans 134 écoles (696 classes) de 78 communes de l’Aude, du Gard, de l’Hérault, de la Lozère et des Pyrénées-Orientales. L’objectif des organisateurs serait désormais de l’étendre à toute la région ­Occitanie. Et pourquoi pas d’intégrer à l’avenir, d’autres acteurs santé comme les médecins de ville ?

« Une étude scientifique auprès de 2 500 enfants » – Mathieu Gourlan, chercheur associé, coordonnateur du GDVB pour l’Institut du cancer de Montpellier

« L’enjeu initial était de lier un aspect pédagogique – avec la fourniture d’un livret aux enseignants pour qu’ils organisent des activités adaptées à l’âge des enfants – à une démarche scientifique. Il s’agit en effet d’évaluer l’impact du ‘‘Grand défi’’ chez les jeunes. Chaque séance, chaque action réalisée auprès d’un élève est réfléchie pour avoir un impact sur un processus, une représentation de l’enfant : le niveau d’activité physique donc mais encore les attitudes, la confiance en soi ou encore les normes perçues. Nous avons donc réalisé en 2015 un premier essai-contrôle auprès de 800 élèves destinés notamment à évaluer le degré de pratique sur le court terme, autour du ‘‘Grand défi’’. Les résultats ont été très positifs. Là, en cette fin juin 2018, nous venons de terminer une étude randomisée – c’est-à-dire avec un groupe contrôle – auprès de 2 500 enfants pour mesurer l’impact à long terme, sur deux ans. L’essai est financé par l’Institut national du cancer. Les résultats seront disponibles bientôt. »


Chiffres Clés

  • Coût : 120 000 euros, le montant global de l’enveloppe annuelle octroyée par l’ARS Occitanie pour l’organisation du GDVB.
  • Inspiration québécoise : au Québec, le « Grand défi Pierre Lavoie » (GDPL) est né en 2009. La version française lui a repris l’idée des cubes énergies pour mesurer l’activité physique.
Thème abordé

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>